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 Marvin fiche GOTA

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• Âge de votre personnage: 10 000 ans
• Metier: Persécuteur des membres
• Votre Race : Maitre


MessageSujet: Marvin fiche GOTA   Sam 14 Sep - 18:37



Ethan Marvin Marshall



VOTRE PERSONNAGE


" I'm in the middle of nothing
and it's where I want to be. "
AGE DE MORT ♦ 38 ans
DATE DE NAISSANCE ♦ Vendredi 14 juin 1873
ORIGINE ♦ Anglais
SITUATION FAMILIALE ♦ Marié
GROUPES ♦ 1ere classe


DERRIÈRE LA SCÈNE
PSEUDO ♦ CherryMoofin
AGE ♦ 19 ans
OU AS-TU CONNU LE FORUM? ♦
J'étais Anrei par le passé XD
Et comme promis I'm back XD
TON AVATAR ♦ Jared Wonderful Leto
VOULEZ-VOUS ÊTRE PARRAINÉ? ♦
Seulement si c'est Sammixchou ahahah
(petit clin d'oeil dans le pseudo mdrr)
CRÉDITS ♦ Nelliel mon amour









The begining





Tout a un commencement. L'univers par le Big-bang, la vie par l'eau, le jour par le matin et Ethan par la douleur. Personne ne se souvient du jour de sa naissance, des cris, des hurlements, de la douleur... Ses instants qui sombrent dans l'oublie, mais qui forment finalement la réponse de tout.

Londres, Décembre 1873. La ville avait revêtu son glacial manteau blanc, les rues étaient désertes et silencieuses. Un hiver rude, le temps semblait figé. La belle Jenna assise au bord de la fenêtre attendait avec une patience calme le retour de son tendre fiancé. Il frappait à la porte, elle l'accueillait avec un café de triste qualité, il s'installait à table tandis qu'elle lui retirait tendrement sa chemise pour lui frotter le dos à l'eau chaude. Des actes habituels, symbole de la misère anglaise, ils étaient jeunes, mais aucun rêve ne brillait dans leurs yeux, il ne s'agissait pas de vivre, mais de survivre. Puis il se levait et conduisait sa moitié vers la chambre pour sentir la chaleur humaine de son corps amaigrit. La biologie, la reproduction... Une science encore peu connue et inévitable. Toute tentative d'avortement est punie par la loi, mais quand vous êtes pauvre, est-il envisageable de survivre avec une bouche supplémentaire à nourrir ? Cette nuit là, une fusion magique se produisait en Jenna. Elle ne se rendait compte de rien, la vie continuait, la routine, la survie et rien d'autre. Puis quatre mois plus tard, elle se rendait compte d'une augmentation de la taille de son ventre, très légère, mais il en avait suffit pour la rendre inquiète. Ce fut vers une vieille de son immeuble qu'elle se tourna et la nouvelle fut accablante. Un enfant. C'était faux ! Elle niait l'évidence, et son ventre grossissait très peu depuis, puis vers les sept mois la poche éclatait. Des hurlements dans cet appartement délabré, la peur, la douleur et le déni. Il était là, violet, hurlant de froid. Un petit enfant aux yeux clos s'époumonant dans les bras de la vieille. Prématuré à sept mois de grossesses, il avait énormément souffert de la malnutrition de sa mère, mais surtout du déni de grossesse. Mais l'enfant avait survécu et ce fut cet enfant sans nom qui fut déposé devant la porte de l'orphelinat cette nuit du lundi 13 juin 1873. Il avait sagement patienté plusieurs heures à même le sol enveloppé dans une vulgaire serviette tachée du sang de sa mère, les yeux clos et immobiles. La porte s'ouvrit enfin le lendemain, mardi 14 juin 1873. Un cri s'échappait des lèvres de la none, l'enfant semblait avoir périt durant la nuit. Mais en le portant dans ses bras, celui-ci se réveillait enfin. Ouvrant pour la première fois ses yeux azurs sur un monde qu'il ne comprendrait jamais.

Accueillie, il rejoignait d’abord la nurserie qui était débordée. Mais cet enfant aux yeux bleus si magnifiques attirait l’attention d’un couple richissime dont la femme était malheureusement stérile. Après plusieurs visites, ils avaient vraiment fini par s’attacher à cet enfant. Il était calme, ne criait pas. Il les observait silencieusement, il semblait juste parfait. Ce fut sans peine que l’enfant sans nom fut adopté et fut ainsi nommé Ethan Marvin Marshall. C'était le commencement de sa vie. Âgé de cinq mois seulement il fut emporté vers ce nouvel avenir. Le couple considérait l'enfant comme le leur, et firent étouffer l'idée qu'il soit un enfant adopté. Il était leur fils, point. Ils s'étaient isolés quelques mois en campagne, le plan était parfait. L'enfant était ce qui venait de ressouder le couple Marshall au bord de la crise, ils avaient portés tout leur amour vers cet enfant qui les inquiétait rapidement. Marvin était difficile à alimenter, l'enfant semblait se développer lentement, très lentement, trop lentement. Que ce soit physiquement et mentalement. Tout deux se mirent à culpabiliser, frôlant la dépression songeant qu'ils ne seront jamais de bons parents. Mais avec le temps, amour et persévérance, l'enfant avait fini par se développer. Toujours avec un retard certain, mais marchait enfin à l'âge de trois ans et commençait enfin à parler. Aucun médecin ne savait expliquer ce retard psychomoteur ; comment auraient-ils pu le savoir avec les moyens qu'ils avaient ? Comment auraient-ils pu savoir que l'enfant avait des lésions cérébrales irréversibles dû au déni de grossesse et au traumatisme d'un accouchement dont personne n'avait connaissance ? Il avait fini par acquérir une motricité normale et il se montrait particulièrement intrépide parfois, et parfois trop calme... Voir amorphe... Changeant dans sa façon d'être, on le qualifiait de lunatique. Mais avec le temps, cela n'avait jamais été en s'arrangeant. Il prenait peu à peu conscience de ses capacités, de son pouvoir sur ses parents. Parfois violent, parfois inoffensif et soumis. Puis se fut l'apparition des crises de colère. Une colère intense et brûlante, incontrôlable ; impossible à raisonner. Une violence sans nom et non maîtrisable. L'unique réponse était d'attendre... Attendre qu'il se calme enfin, que sa colère s'éteigne... Et souvent ses colères étaient suivies de crise d'anxiété débilante en général accompagnée d'épisodes auto-destructifs. Impuissants, les Marshall supportaient parce qu'ils aiment Marvin malgré tout, ils ne voulaient pas l'abandonner. L'enfant fut enfin diagnostiqué dément, ils savaient qu'il ne saurait jamais vivre seul, qu'il aurait toujours besoin d'eux et ils avaient juré d'être là pour lui. Marvin a grandi ainsi, il avait un professeur particulier qui lui apprenait à lire et à écrire. Mais ce fut un professeur spécifique à ses besoins  qui lui servait également de gouvernante, elle savait calmer ses crises, elle avait cette magie là avec lui. Elle calmait ses envies suicidaires, ses colères. Elle tentait d'inculquer à l'enfant des valeurs, mais tout semblait confus dans sa tête, c'était désordonné, c'était instable et incohérent. Elle essayait de casser ce sentiment de vide chez lui, il se sentait incompris et différent. Ses parents lui donnaient tout l'amour qu'ils avaient dans le coeur, mais il n'avait jamais sû être véritablement heureux. Ses crises d'anxiété devenaient de plus en plus violentes et indomptables, mais plus rares. Marvin souffrait de violentes migraines chroniques, perdait la notion du temps et parfois même de la mémoire. Jusque l'adolescence sa démence ne fit qu'augmenter de la sorte, se traduisant également par de la déréalisation, de la naissance de phobies inexplicables et passagères. Puis à l'âge de 17 ans, son état se stabilisait, il avait fini d'empirer du moins. Comme s'il s'était enfermé pour de bon dans sa bulle, vivant ses craintes et ses délires dans le meilleur des mondes. On avait fini par s'habituer à lui, à ses problèmes. L'entourage extérieur à la famille aussi semblait l'accepter tel qu'il était. Même si lui ne cessait de se dévaloriser, de ne pas comprendre pourquoi il était à part. Beau garçon dénudé de personnalité, il était une merveille aux yeux de tous. Malgré sa démence, il était un garçon intelligent, charmant et si calme et agréable à vivre en dehors de ses crises.
 









Journal Intime de Meredith






Cher journal.

Je me sens perdue et triste... Je rentre ce soir chez mes parents après de longues et merveilleuses vacances en France, comme ce pays est magnifique. Je n'ai pas eu le temps de te conter tous ses merveilleux paysages. Les Français sont particuliers, leur gastronomie et leurs parfumeries sont magiques. Ô comme la France va me manquer. Je dois rejoindre le gris pays qu'est l'Angleterre ; comme j'aimerais prolonger ses instants merveilleux passé ici. Ce soir ne sera pas que la fin d'un grand voyage, il sera également la fin de ma liberté. Il est vrai, que je suis maintenant âgée et qu'il est temps pour moi de trouver un mari, bien que mes parents ont voulu croire en l'amour, je n'ai sû trouver celui qui me conviendrait et me comblerait d'amour. Et à l'aube de mes vingt ans, il est tant pour moi d'être épouse et mère. Je me demande comment il sera... Mes parents m'ont dit m'en faire la surprise, je dois m'avouer aussi inquiète que curieuse. J'ai à la fois hâte et peur de découvrir le visage de l'homme duquel je devrais porter les enfants. Je l'imagine peut-être un peu trop idéal, j'ai tellement rêvé du prince charmant. Mais je sais qu'un homme qui n'a pas trouvé l'amour doit avoir des défauts... Tout comme moi. Cela nous fera au moins au point commun.


Meredith.




Cher journal.

Je me sens encore étrange, il me semble que ses yeux me hantent. Ses yeux... Un bleu angélique. J'ai l'impression qu'il m'observe encore, est-ce normal ? Tu sais, je crois qu'il est parfait. Exactement comme je l'avais imaginé... Non... Mieux. Il a une aura merveilleuse, je crois qu'il peut être tout ce que je souhaite, je crois qu'il veut l'être. Marvin... C'est ainsi qu'il s'appelle. Je donnerais tout pour qu'il me désire autant que moi... Hier je parlais de défaut, il est juste souffrant. Il est juste malade. Je sais qu'il a besoin de moi, je le sens. Cette façon de crier à l'aide dans son regard, d'être silencieux et à mon écoute. J'ai du mal à croire qu'il puisse être violent, et serait-ce sa faute ? J'ai toujours rêvé du prince charmant, mais je me rends compte qu'aujourd'hui, c'est de lui que je rêve. Le son de sa voix, ses yeux, ce sourire absent. Il est différent, c'est ce que j'aime. Je crois, que c'est le plus beau jour de ma vie. Je suis amoureuse.


Meredith.




Cher Journal

La journée à ses cotés fut fabuleuse. Je suis allée boire le thé chez lui, les Marshall sont vraiment de bonne famille. Ils sont fiers de leur fils, j'ai découvert chez lui une passion pour la lecture, je sais qu'il peut changer, que peut-être demain il détesterait lire. Mais je suis conquise par cet homme de surprises. Il m'a confié me trouver magnifique, j'ai senti mon coeur s'emballer à ses mots et alors que je vacillais je me suis retrouvée au creux de ses bras, le regard doux il me fixait avec crainte. J'aurais tellement voulu qu'il scelle cet instant par un baiser, j'ai honte de mes pensées, mais Marvin m'obsède... Je crois à nouveau en l'amour. Moi, prête à me résigner, je retrouve le bonheur de rêver. J'ai appris beaucoup de lui, de sa façon d'agir. Il est tellement secret et silencieux, j'ai l'impression qu'il ne comprend pas pourquoi je m'intéresse à lui. C'est un homme brillant, mais il semble que les concepts abstraits lui échappent. Il me voit comme une épouse, une future mère de ses enfants, une amante... Mais je crois qu'il n'a pas idée de comment vivre l'amour, l'amitié... Saurais-je lui enseigner ses bonheurs ? J'ai peur de ne pas être à la hauteur, d'échouer... Je voudrais qu'il me parle plus. J'aimerais le connaitre, même si demain il sera autre.


Meredith.




Cher Journal

Cela ne fait que trois semaines que je connais Marvin. Mais voila, aujourd'hui s'est passé quelque chose de merveilleux... Alors que nous étions dans le grand jardin de leur demeure, il faisait si beau. Mais je crois que la plus belle chose qui ornait ce paysage c'était lui, il s'est levé et je ne l'ai pas quitté des yeux, il m'a souri et j'ai compris qu'il voulait me dire quelque chose, mais il n'a rien dit. Ce fut un long instant de silence, je crois que le temps s'était arrêté. Il avait prit ma main et la regardait tout en la caressant de ses doigts délicats. Tout mon corps lui criait de faire sa demande, mais il est resté sourd à cet appel. Puis il m'a emmené un peu plus loin, nous nous sommes assit au bord du lac et il n'a jamais lâché ma main, et moi je ne l'ai pas lâché du regard. Il s'est mit à observer le ciel avant de me regarder à nouveau, c'était silencieux mais l'instant n'était qu'à nous. Il a prit ma deuxième main et je me suis sentie fébrile à ce contact, j'ai pu lire dans son regard le désir. J'ai rougi de honte par mes pensées impurs et sans dire un mot il s'est approché de moi pour m'embrasser. Une explosion d'émotion et de saveur s'est produite en moi, seigneur est témoin de notre amour, je le sais, je le sens. Il m'aime aussi. Il s'est jeté sur moi avec une telle passion, je m'en sens encore tremblante.


Meredith.





Cher Journal

A partir d’aujourd’hui rien ne sera plus jamais pareil. A partir d’aujourd’hui, ma vie sera à jamais liée à celle de Marvin. Je jure de lui être fidèle, de l’aimer, de lui donner un héritier. J’accomplirais mes devoirs d’épouse car par cette promesse de mariage, je jure d’être à la hauteur, de ne plus jamais douter. Je jure à dieu, de faire ce qu’il attendra de moi. La vie, lui... Tout ne pourra être que merveilleux.


Meredith.



---



Cher Journal

Après deux mois de mariage, c'est vers toi que je me tourne à nouveau. Toi, mon confident... Je t'ai délaissé ses derniers mois au profit d'un mariage que je souhaitais parfait... Au profit d'un homme que je voulais combler... Mais aucun des deux faits ne fut accompli. Qu'ai-je échoué ?

Je l'ai épousé sous les yeux de dieux, avec plusieurs heures de retard. Quand il est arrivé, son visage était marqué de traces rouges de larmes, ses mains couvertes de griffures d'automutilation comme si l'on eut traîné jusque ici contre son grès. Un silence glacial dans l'église. J'étais prête à fondre en larmes, mais il m'a souri et a réchauffé mon coeur et la salle. Il m'a regardé de ses magnifiques yeux bleus pétillants de larmes et m'a demandé de rester avec lui. Comment lui refuser ? Est-ce que je regrette mon choix ? Non, jamais. Je l'aime... La cérémonie fut émouvante, il glissait cet anneau à mon doigt et j'en fis de même au sien. Puis la fête battait son plein, on m'informait qu'il avait fait une crise avant de venir, je fus attendrie devant cet homme si fragile. La nuit de noce, j'accomplissais mon devoir avec passion et quand il s'est endormit j'ai vu un homme comblé. Les jours sont passés, il ne se souvenait plus de l'avant cérémonie, et je n'ai pas voulu le questionner davantage. Ensemble nous partions en voyage en France, un tel plaisir de fouler à nouveau le sol de ce pays et de faire découvrir à mon tendre mari un pays dont il ignorait tout. Il apprenait le français avec un accent adorable, je l'aimais encore plus. C'était parfait...

Hier, Marvin était assis à la fenêtre. Il observait le jardin, le ciel. Il était si calme et pensif. J'aurais tellement voulu connaitre la moindre de ses pensées, j'espère toujours dans ses instants qu'il pense à moi. Je me suis donc levé doucement du lit pour me diriger vers la cruche d'eau qui me glissa des mains pour se briser au sol, je poussais un cri de surprise et mon regard se posait sur lui. Debout face à moi, il plaquait l'une de ses mains sur sa tempe, je bredouillais des excuses alors qu'il se mit à trembler de tout son corps, inquiète je me suis approché en lui demandant ce qu'il avait, il s'est mit à hurler. Une douleur si intense, une douleur inexplicable... Il tenait sa tête entre ses deux mains, se courbant sous le poids de celle-ci. Je me suis sentie impuissante et inutile face à sa douleur. La bonne arrivait, m'éloignant de lui, alors qu'il se mit à saccager la chambre, elle verrouillait la fenêtre en emportant la clé avant de venir verrouiller la porte en me confiant qu'il était bien trop dangereux. Comment contenir ses larmes ? Que dieu m'en dise le secret... Après plus d'une demi heure de torture le silence gagnait la chambre, alors je fus autorisé à entrer, je le découvrais recroquevillé dans un coin de la pièce, nouant les draps pour s'en faire une corde tout en fixant le lustre au plafond. Un choc douloureux, j'ai eu tellement de difficultés à le sortir de sa transe, dieu que j'ai peur de le perdre... J'ai peur...


Meredith.



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Cher Journal

J’ai versé tant de larmes en te découvrant au fond de ce tiroir. J’en avais oublié le plaisir d’écrire, de t’écrire. J’ai passé ses trois dernières années à essayer d’être l’épouse parfaite, j’ai essayé de comprendre Marvin, de l’aider du mieux que je le pouvais. Il semble qu’avec le temps ses crises se multiplient et j’ai toujours cette peur d’arriver trop tard. Je suis terrifiée de le perdre dans ses moments d’absences... Quand il est là, je vois quel homme il est, aimant, doux, silencieux... J’aime cet homme là, je ne veux pas le perdre... J’aime son calme, j’aime qu’il se laisse faire, qu’il m’écoute et me réponde. J’espère qu’un jour il sera prêt et viendra me réclamer l’héritier que je peux lui donner.  


Meredith.




Cher Journal

Aujourd'hui Marvin à 25 ans, chaque année il devient encore plus beau. On peut le trouver un peu trop mince, mais moi, je le trouve parfait. Il a toujours eu énormément de mal à manger, je ne puis le forcer. Pour ce jour, j'ai décidé de le conduire au théâtre, il s'est montré comme toujours silencieux. Puis le soir venu je lui ai demandé s'il voulait un enfant, son enfant. Il m'a répondu que oui, les larmes me sont montées aux yeux alors qu'il s'égarait dans ses pensées. Mais j'ai su rapporter son attention à moi, il me désire toujours autant qu'avant. J'avais eu crainte de ne plus lui plaire, mais j'ai eu tord de ne pas lui faire confiance. Il m'aime.


Meredith.




Cher Journal

Après plusieurs mois d’essaie... Rien. Toujours rien. Et si... Et si j’étais stérile ? Oh mon dieu pourquoi ? Si je ne puis-être l’épouse parfaite, puis-je devenir la mère idéale ? Pourquoi  suis-je donc incapable de lui donner cet enfant ? Est-ce dû au décès de sa mère ? Il n’avait pas l’air affecté par sa mort, il semble tellement insensible vis à vis d'elle. Je pense qu’il n’a pas compris... Ses crises se sont stabilisées, j’arrive parfois à les anticiper, je ne le comprends pas, mais je sais l’accompagner. Je sais qu’il se sent en sécurité, il est bien avec moi... Il ne manque à notre vie qu’un enfant.


Meredith.




Cher Journal

Les mots ne suffiront jamais à décrire ma détresse... Je ne l'aurais jamais crut capable d'une chose pareille. Ses colères, ses violences... Jamais ne me touchaient physiquement. Mais hier, il l'a fait. Je craignais un jour devenir l'une de ses femmes martyrs, et me voila aujourd'hui battue par mon cher époux. Je l'aime, mais je n'aime pas cet homme là. Je sais qu'il n'est pas heureux à être cet individu, cet étranger. Je me suis débattue, mais ce fut sans retenue qu'il m'eut allongé sur notre lit et qu'il abusait de moi sans la moindre honte. Dieu, que je me sens salie. Mais là est mon devoir d'épouse... J'ai si mal Seigneur.


Meredith.




Cher Journal

Marvin ne se souvient pas de cet incident, où ne veut pas en parler... Je ne sais plus quoi penser... Je ne veux pas que mon conte de fée devienne une tragédie...


Meredith.




Cher Journal

Nouvelle tant attendue, si espérée. Je suis enceinte. Je sais que cela a eu lieu lorsqu'il eut abusé de ma personne, je lui pardonne cet acte odieux. Après tout, je suis sa femme. Je lui ai annoncé la nouvelle, il m'a souri. Je ne l'avais plus vu sourire depuis tellement longtemps... Je l'avais rejeté, il l'avait sentit, je lui en avais voulu et il s'est sentit pardonné. Je le sens, je le connais. Il m'aime, il s'en voulait. Je suis tellement heureuse aujourd'hui. Je crois que mon conte de fée ne fait que commencer.


Meredith.




---



Cher Journal

Je savais que je trouverais refuge auprès de toi quand j'en aurais besoin. Toi, mon tendre ami depuis mon enfance. A ce jour les choses ont bien changé. Une petite fille est venue enjoliver ma vie, elle s'appelle Mary. Elle est âgée de quatre ans, elle est brune et possède les magnifiques yeux azurés de son père. Marvin lui, a trente ans déjà ; il semble encore plus beau qu'il y a dix ans... Et moi... J'ai l'air si vieille. J'ai vite compris que je ne saurais gérer les crises de mon époux et m'occuper de ma fille, je n'ai eu nul autre choix que de prendre le devant. Je suis désormais la seule héritière de la fortune des Marshall, enfin... Mon mari... Mais je gère tout, cela comprit. Et j'ai décidé de sacrifier une partie des biens pour acheter de la drogue. Que dieu me pardonne, mais je n'ai trouvé nulle autre parade à ses crises... C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour inhiber ses colères, de le rendre docile. Je dois tout gérer... Je m'en veux tellement. Mais je sais qu'il n'est pas malheureux, il est en sécurité avec moi, il lui est devenu impossible de se faire du mal. J'aurais tant voulu lui donner un fils, mais j'ai échoué... Je n'ai pas été capable de lui donner un second enfant, à croire que sans cette pulsion de folie rien ne puisse se faire... J'ai renoncé, j'aime ma fille, j'aime Marvin. Je serai toujours là pour eux.


Meredith.



---



Cher Journal

C'est aujourd'hui que notre histoire s'achève. Je dois aller de l'avant. Toutes ses années à t'écrire, à te parler de mes souffrances. Cela doit être terminé. Le mois prochain notre vie prendra un nouveau tournant. Je nous prépare à un immense voyage. Mary, Marvin et moi, partirons le mois prochain à bord du Titanic en direction des états unis pour un nouveau départ. J'ai inscrit Marvin à un essai clinique d'un professeur américain talentueux se penchant sur les démences. Je sais, il a 38 ans et me diriez-vous que cela ne vaut plus la peine de se battre. Mais par cette alliance je lui ai promis le bonheur, et je sais qu'il ne le connaitra pas tant qu'il n'aura pas chassé ses démons. Je serai là. Nous partons, un nouveau chemin se dessine. J'y crois, je crois en lui. C'est un homme bon. J'ai peur de le perdre, j'ai peur de le tuer avec toutes ses drogues... Je suis terrifiée à l'idée qu'il parte un jour, il m'a tout donné... L'amour, un enfant... Et moi, je ne lui ai rien apporté... Ni bonheur, ni héritier... Il est tant que j'accomplisse enfin mon rôle d'épouse, il est temps que je le libère enfin. Je l'aime. Il m'aime. Je le sais.

C'est la fin cher journal, mais saches que durant toutes ses années tu as été mon seul ami, mon seul allié. Que je puise ma force de tes pages. Mais il est tant que notre histoire s'achève pour écrire autre chose, une histoire où Marvin se trouvera enfin et que nous soyons heureux tous les trois.


Meredith.




The End.

 








A New Begining






Un pas devant l'autre, le corps humain avançant sur ses deux jambes dans un équilibre parfait qu'aucun autre animal ne possède. Le bras gauche en avant équilibrait le pas du pied droit et vice versa... L'homme est un être fait pour marcher, pour découvrir... L'homme est un être social et de liberté. Mais les hommes se piétinent les uns des autres, et lorsque l'un d'eux est trop différent il se soumet aux autres. C'était ce que l'on appelait la loi du plus fort, les hommes se croient civilisés, mais ils ne sont jamais que des animaux. Et si Marvin n’était pas un exemple d’humanité, il avait depuis longtemps compris qu’il était un cousin germain des animaux. Il marchait sur les pavés de la ville, il ne savait pas vraiment où il était, en France peut-être. Il ne savait plus, il laissait sa femme l’emmener, le guider, le contrôler. Sa vie était devenue un ennui sans nom, elle le pensait heureux car il ne subissait plusses crises, mais il ne vivait pas. Sous l’emprise de la drogue, il ne pouvait plus être lui-même, mais il ne savait pas ce qu’il était. Mais probablement serait-il plus heureux à vivre sa folie pleinement. Mais il ne le pouvait pas, privé de tout moyen de s’exprimer, il se comportait comme elle le voulait, il la laissait gérer sa vie comme s’il était sur pause depuis plusieurs années. « Viens Marvin, c'est par ici. », son regard azur se décrochait du néant pour venir se poser sur la belle Meredith ; elle lui faisait signe de monter sur la passerelle, il s'approchait à pas lent puis baisait les yeux lentement vers le vide. Il déglutissait et reculait d'un pas sans quitter ce qui semblait être à ses yeux magnifiques un gouffre sans fin. Un petit garçon bousculait Marvin pour rejoindre sa mère de l'autre coté de la passerelle, l'homme reprit brutalement sa respiration posant ses iris bleus sur son épouse en reculant doucement. « Marvin, viens. Tout va bien. Tu n'as pas peur du vide Marvin, tu n'as jamais eu peur du vide. » mais Marshall était absent, il sentait son rythme cardiaque s'accélérer, une légère douleur à la tête naître. Il l'avait entendue, mais il n'arrivait pas à la croire, cette peur qui l’oppressait, il semblait qu'elle avait toujours été en lui. Marvin ne voulait pas monter à bords de ce bâtiment, il ne voulait pas y aller. Le vide sous ses pieds l'obsédait. Il sentait le poids de son regard, il sentait le poids du regard des autres qui ne comprenaient pas le comportement de cet homme, on le regardait, il semblait enchaîné à leur regard, oui. Il le sentait, il était différent, trop différent... Une main glacée et minuscule venait prendre la sienne, Marvin baisait alors ses yeux sur cette petite fille de douze ans, l'air totalement absent, comme s'il fixait une étrangère. Mary souffrait du regard de son père, mais elle ne disait rien, sa mère lui avait expliqué, elle devait être forte parce qu'il souffrait beaucoup plus qu'elle. C'était là les mots de Meredith, car jamais Marvin n'aurait exprimé sa souffrance, il était plutôt réservé entre ses crises, d'ailleurs avait-il seulement conscience de son mal ? « Papa ? » il fixait cet enfant l'air totalement décontenancé, il semblait chercher au fond de lui le nom de cette petite fille, il semblait se demander qui était, il ne comprenait pas. C'était un peu comme si l'information d'être son père fut une subite nouveauté. Les lèvres entre ouverte, il aurait voulu dire quelque chose, mais aucun son de sortait de sa gorge, ses yeux criaient à l'aide et personne ne semblait le voir. Ses iris bleus plongé dans ceux de sa fille, il ne comprenait pas, mais il ne disait rien. Pantin de la vie, des autres, d'elles. Puis il regardait autour de lui, les membres de l'équipage qui portaient leurs valises le dévisageaient sans comprendre pourquoi Monsieur Marshall se comportait de la sorte. Qui aurait pu comprendre ? Personne ne le comprendrait jamais. Il semblait perdu, comme sur une planète différente, Mary caressait doucement le bras de son père pour qu'il porte à nouveau attention à elle tandis que Meredith venait les rejoindre. « Papa ? Tu te souviens c'est moi ? » Il fixait cet enfant, il fallait un prénom sur ce merveilleux visage. Sa fille... Sa fille à lui, il se sentait émerveillé et terrifié, alors il restait juste paralysé. « C'est Mary. » Enchérissait son épouse pour stimuler les fonctions cognitives de son mari. Il levait les yeux vers cette femme, elle posait sa main glacée sur sa joue pour tenter de le raisonner sans trop se faire remarquer. « Allé, venez. Ton père est épuisé par le voyage. » concluait-elle. Elle saisissait le bras de Marvin qui resserrait ses doigts autour de la petite main de sa fille. Il se laissait guider par Meredith jusqu'à la passerelle, tous ses muscles se crispaient devant le vide, elle glissait son second bras derrière son dos forçant cet homme bien frêle à avancer, un pas devant l'autre, il avait l'air d'un pantin désarticulé, puis il arrivait enfin à bon port, elle souriait et embrassait tendrement son cher époux. Il ne réagissait pas, et se laissait conduire dans leur cabine, il s'allongeait sur le lit et fermait les yeux exténué par le voyage et la traversée du pont. C'était le commencement d'un grand voyage, il n'en avait pas conscience, comme toujours il ne comprenait pas.

Il ouvrait lentement les yeux, le silence... Il aimait tellement ça. Allongé dans ce grand lit des plus confortables, nu à même les couvertures, il lui semblait que jamais rien ne pût être si doux. Il caressait du bout des doigts la texture onctueuse de la soie sur l'oreiller voisin, il était si calme. Tel un enfant qui explore le monde à son échelle, il aimait cette sensation sous ses doigts. C'était comme si chaque matin, il naissait à nouveau, par ce doux silence et ce calme. Puis la couverture bougeait à ses cotés, les doigts de l'homme se figeaient alors qu'elle se tournait vers lui. Elle le fixait alors qu'il semblait la découvrir pour la première fois, mais on pouvait lire dans ses yeux qu'elle ne lui était pas si étrangère. Il avait cette sensation d'habitude. Doucement, sans faire le moindre geste brusque elle tendait la main vers lui, il ne bougeait pas et continuait de la fixer, elle venait caresser la peau de son visage avant de laisser glisser sa main dans le cou de Marvin puis sur son épaule, glissant encore plus bas pour attraper sa main. Il laissait Meredith conduire sa main vers son visage, il fermait doucement les yeux en effleurant sa peau avant de l'observer à nouveau, il touchait ses longues mèches de cheveux blond, dessinant enfin un léger sourire sur ses lèvres, elle répondait à son sourire. Il était tellement adorable, on aurait pu penser voir là un jeune enfant. Mais Meredith le trouvait plus qu'adorable, mais aussi désirable. Elle l'aimait, et elle était persuadée qu'il en était de même pour lui. Mais c'était faux. Il se fichait d'elle comme du reste, elle était une inconnue qui s'occupait de lui et qui le manipulait. Oui, il en avait conscience, il savait ce qu'elle mettait dans son thé chaque soir, il savait que s'il se réveillait sans plus se souvenir de sa soirée, elle n'y était pas innocente. Elle le faisait par amour, il ne comprenait pas ; mais il la laissait faire depuis toutes ses années, il se sentait juste impuissant. Marvin étouffait son mal être, sa folie, il l'empêchait de s'exprimer et lorsqu'il cédait elle était toujours là pour la faire taire. Mais si sa folie ne s'exprimait plus, cela n'avait pas empêché son développement, cela avait même accéléré le processus... C'était comme en veille, en arrêt sur image, comme sa vie. Mais un jour, tout finirait par exploser, et nul ne pouvait vraiment savoir de quoi il était capable. « Je t'aime Marvin. » soufflait-elle en conduisant la main de son homme sur sa poitrine rebondie, mais quelque peu fatiguée par l'âge, mais malgré cela, il la trouvait à son gout. C'était la seule femme qu'il avait touché de toute sa vie, un homme fidèle disait-elle. C'était surtout qu'elle était toujours sur son dos, qu'il n'était libre de rien, qu'il était sa chose. Et il l'avait laissé faire parce qu'il ne savait pas se défendre. Il ne l'écoutait pas vraiment, bien trop occupé avec la poitrine de cette femme, elle souriait et l'attirait contre lui s'offrant entière à son époux qui ne se fit pas davantage prier. Puis chacun se levait, lui à la douche et elle vers la chambre de sa fille avec le sourire aux lèvres et la conviction d'avoir remplit son devoir d'épouse une fois de plus avec succès. Puis tous les trois prirent le petit déjeuner en famille, puis la gouvernante de Mary venait lui faire sa leçon de mathématiques. Meredith s'était rendue sur la promenade avec ses nouvelles amies et Marvin était retourné dans sa chambre, assit dans le fauteuil devant la fenêtre et il attendait. A quoi pensait-il ? Il ne pensait pas, un cigare, puis deux, puis trois... Un whisky, puis deux, puis trois... Midi sonnait et Meredith conduisait sa petite famille dans la grande salle des premières classes, Mary allait jouer avec les autres enfants, et l'on venait saluer le mystérieux Marvin qui restait bien silencieux comme toujours. Accordant parfois un sourire qui faisait succomber les femmes et rendait Meredith ivre de jalousie, c'était dans ses moments où Marvin semblait doucement s'habituer à la présence des autres qu'elle décrétait bon de rentrer. Elle ne voulait pas le partager, jamais. Il était à elle, juste à elle et pour toujours. Pourtant, elle ne fut pas un exemple de fidélité pendant ce mariage. Une fois à nouveau dans leur suite, elle restait auprès de lui pendant deux longues heures en lui contant sa mâtiné qui ne l'intéressait pas du tout, mais elle était persuadée qu'il l'écoutait avec attention. Puis elle lui servait le thé et il tombait amorphe sur le lit, elle profitait de ce créneau pour rejoindre un ami, ce n'était pas vraiment le sexe qui intéressait Meredith car Marvin savait la combler dans ce domaine. Non, si elle fréquentait d'autres hommes, c'était pour ce sentir conduite, pour que parfois elle n'ait pas la sensation d'être une épouse et mère, mais d'être une femme. Elle s'en voulait, lorsqu'elle revenait, il était souvent là, allongé au sol en train de gémir comme un possédé, elle se rachetait aux yeux de dieux en prenant soin de lui et en l'aimant de tout son coeur. A 16 heure ils goûtaient ensemble sur la terrasse au soleil, l'on s'inquiétait de l'état de santé de l'homme qui semblait particulièrement ralentit, Meredith expliquait que monsieur était toujours fatigué d'après midi. Vers 18 heure ils se promenaient tous deux sur la ballade des premières classes, elle prenait sa main et lui rappelait de merveilleux souvenirs qu'ils avaient vécus ensemble, de magnifiques moments selon elle, mais ses contes n'atteignaient pas Marvin. Au bout d'une demi-heure de marche, Marvin se sentait épuisé, cloîtré dans sa chambre il semblait que le contact avec l'air pur l'exténuait. Meredith s'en était aperçue avec le temps et fit l'effort de l'emmener régulièrement faire des promenades pour l'habituer. De quoi aurait l'air une dame dont le mari reste toujours dans leur chambre ? Puis ils dînaient avec tout le monde, c'était le même scénario que pour le déjeuner, ils retournaient dans leur suite, Meredith demandait à Marvin de coucher sa fille, il le fit sans vraiment comprendre. C'était un moment privilégié entre eux, mais il ne savait en profiter. Mary disait encore à son père son amour avant de s'endormir sagement. Il restait là, il la regardait dormir quelques minutes. Meredith venait le chercher et le conduisait dans leur chambre. C'était ainsi, une journée parfaite selon Meredith, et pour Marvin... Ce n'était que le temps qui passait.
 







The End of the Begining






Un jour spécial.

La traversée de l'océan semblait parfaite, le Titanic était comme une immense maison, où tout le monde apprenait à se connaitre. Des liens se créaient entre les passagers, des amitiés naissances, des rivalités pour diverses raisons, des amours, de la haine... Mais tous ses liens qui se créaient, sont-ils vraiment sincères ? Ou juste éphémères ? Les gens, ne s'étaient-ils pas laissés emporter par la beauté du voyage ? N'étaient-ils pas en train de voir le monde d'un aspect tellement différent, le Titanic, au milieu de l'océan, c'était comme être coupé du monde, de pouvoir être tout ce que l'on veut, tout ce que l'on souhaite, tout ce dont l'on a rêvé d'être. N'était-ce pas la possibilité de tout recommencer ? De construire autre chose ? De devenir la personne qu'ils avaient rêvé d'être un jour. Est-ce que finalement ce doux rêve se terminait lorsque ce paquebot arrivera aux Etats-Unis d'Amérique ? Est-ce que la vie reprendra son cours et que ce voyage restera un immense souvenir, mais juste un souvenir ? Ou est-ce que ce voyage changera à jamais leur vie ? Peut importe ce qu'ils en pensaient, car pour certains, le voyage ne serait jamais arrêté, et pour ceux qui connaîtront la fin de celui ci, leur vie ne serait jamais plus la même.

Il était dix-huit heure quarante deux, Marvin était entendu sur le lit après cette longue balade sur la promenade des premières classes, il s'était senti faible et avait demandé de ce ton brisé qui le caractérisait tant de rentrer. Comment Meredith aurait-elle pu refuser cette demande à cet homme si fragile ? Elle lui avait souri et proposé son bras comme appuie ; le soleil était encore haut et la promenade animée. Il marchait à ses cotés, comme il l'avait toujours fait, il n'avait pas cherché à comprendre pourquoi il devait faire tout ça, marcher, l'écouter et lui obéir. Non, il ne comprenait pas pourquoi il n'avait pas le droit lui aussi, de sortir un peu. Rencontrer des gens, ne l'intéressait guère. Il aurait juste voulu, explorer le monde, explorer l'environnement qui lui été proposé, et son environnement depuis toujours avait été moindre, s'arrêtant à sa chambre et le jardin de sa demeure, jamais il ne pouvait sentir le sol sous ses pas sans savoir avec exactitude combien de pas il lui restait à faire avant de retourner au point de départ. Cette sensation de tourner en rond, de vivre sans relâche les mêmes instants sans jamais vraiment toujours s'en souvenir dans leur intégralité. Alors, sur le chemin du retour il restait calme et obéissant. Comme toujours. Que disait-on de lui ? On le plaignait d'être souffrant, bien que personne à bords ne doutait qu'il soit dément, les bruits courraient, les hypothèses, on se demandait s'il avait fait la guerre, ou si un tragique accident était arrivé au cours de sa vie, on supposait parfois qu'il avait subi un traumatisme, mais finalement, ils étaient très loin du compte. D'autres, se moquaient de lui ; de ses faiblesses qu'il ne cachait pas forcément, les amants de sa femme riaient de sa stupidité, de son ignorance ; ils étaient eux aussi tellement loin du compte car Marvin s'en fichait. Puis ses moments d'absence, où il ne semblait reconnaître personne, des moments que personne ne pouvait comprendre, ils y répondaient par des rires, un réflexe de l'être humain qui se défend de ce qui lui fait peur. Marvin était habitué, il savait qu'il était différent, qu'il le serait toujours, il l'acceptait et finalement c'était lui qui était le moins dérangé par sa démence. En chemin, ils tombaient sur un groupe d'amies de Meredith qui leur assurait les rejoindre d'ici quelques dizaines de minutes, Marvin les observaient une à une puis décidait d'arrêter ici ses pas. Sa femme ne comprit pas, mais en croisant le regard de son époux elle comprenait qu'il était épuisé. Alors elle le stimulait pour qu'il aille jusqu'aux chaises en terrasse, il se laissait tomber dessus en fermant les yeux. Un doux baiser sur le front puis elle s'éclipsait pour chercher de quoi le désaltérer, elle le trouvait trop mince, il mangeait peu. Mais elle était en partie responsable de sa faiblesse physique, la drogue n'arrangeait rien, un coupe faim monstre qui vous affaibli le corps de jour en jour et vous rend surtout dépendant. Oui, il était devenu accroc sans le vouloir, sans n'en avoir rien demandé, il était soumis à Meredith et à son poison. Il ouvrait les yeux, une femme était là, sur la chaise face à lui à une table de lui cependant. Elle était vraiment jolie et souriante. Marvin tirait doucement sur sa veste pour bien se protéger de l'air frais alors qu'elle lui souriait, elle avait une lueur dans le regard qui interpellait Marshall. Il la fixait, le temps semblait figé. Un peu comme si pour la première fois il se retrouvait seul avec un être humain qui ne fasse pas parti de sa sphère familiale, à vrai dire ; c'était le cas. La jeune femme se levait avec grâce et s'approchait de lui pour prendre la chaise à sa droite, Marvin ne pût comprimer un sourire à l'adresse de cette créature de rêve. « Bonjour. Vous êtes seul ? » La question interpella l'homme qui se tournait afin de vérifier s'il était vraiment seul, puis il posait à nouveau ses yeux sur elle sans vraiment savoir que répondre. Il semblait que deux réponses logiques lui venaient à l'esprit. Oui, il était sans sa femme. Non, il n'était pas seul puisqu'elle était là. Alors comme toujours, il ne répondait rien. Elle souriait, et il l'imitait, alors qu'elle prenait délicatement sa main droite et disait d'un ton amusé« En voila une jolie alliance... Est-elle à la hauteur de votre charme ? » Marvin laissait un petit rire s'échapper de sa gorge, elle caressait son bras avec douceur, Marvin fut alors fasciné par ce toucher délicat, il posait sa main sur la sienne pour sentir la douceur de cette peau tiède, puis sans plus attendre elle invitait ce bel inconnu à la suivre et bien sur, il acceptait. Voyant la faiblesse de cet homme bien silencieux elle lui proposait son bras qu'il acceptait. Puis enfin ils arrivaient dans la suite de cette femme, elle déposait sur sa joue un léger baiser avant de lui proposer un chocolat chaud, il ne répondait pas alors elle s'empressait de lui en préparer un, il observait la suite puis s'approchait de la table de nuit où était posé un livre assez conséquent, il souriait doucement, c'était un livre qu'il connaissait bien, il l'avait lu une fois... Peut-être il y avait quelques années, mais il s'en souvenait. Marvin était quelqu'un d'intelligent, il n'était pas idiot. Il ne savait juste pas raisonner, il se comportait bien souvent comme un enfant ou juste un pantin. Elle déposait la tasse sur la table basse et l'invitait à la rejoindre, ce fut ce qu'il fit. « Vous n'êtes pas très bavard mon ami, seriez vous intimidé ? » questionnait-elle. Il niait d'un mouvement de tête avant de prendre cette tasse dans ses mains, une faïence trop brûlante qui le fit lâcher celle ci brusquement en braquant ses yeux sur la zone brûlée, elle prenait doucement ses mains pour les regarder, il sentait déjà la douleur disparaître alors il se penchait vers elle pour capturer ses lèvres avec délice. La belle inconnue répondait à son baiser avec ardeur puis leurs lèvres se séparaient enfin, il ouvrait doucement les yeux, elle souriait puis le giflait sans réelle violence, il fronçait les sourcils car il ne comprenait pas, elle se levait brusquement pour se mettre devant la fenêtre en croisant les bras sous sa poitrine, à la lumière il pouvait distinguer chez elle quelques rides que lui avait laissé le temps. « Voyez vous, je ne suis pas ce genre de femme. » Il restait silencieux face à ses propos, il se levait pour la rejoindre, elle se tournait vers lui avec un doux sourire avant de caresser la joue qu'elle avait giflé, il fermait de nouveau les yeux, cette situation lui échappait. Puis quand il ouvrait les paupières pour rencontrer son regard, elle avait attrapé ses hanches des deux mains et le forçait à reculer de quelques pas, il se fit particulièrement docile puis arrivait sur le lit, il la laissait prendre possession de ses lèvres en se posant la question suivante : devait-il la gifler à son tour ? La logique voudrait que oui n'est-ce pas ? Mais il oubliait rapidement ce détail pour vivre pour la première fois un péché.

Le couloir semblait tellement calme, il déambulait sans reconnaître les lieux. Il ne savait même plus ce qu'il cherchait, il marchait, il lui semblait qu'il n'y avait plus aucune limite, qu'il pouvait aller où il voulait. C'était une sensation qu'il n'avait alors jamais encore connue. Il s'était égaré, il ne savait plus où il était, il ne reconnaissait plus rien, jusqu'à ce qu'il entende des pas se diriger vers lui, des pas rapides et traînant, puis un cri de soulagement « MARVIN ! Tu es là ! » Elle prenait sa jupe entre ses doigts et se mit à courir en sa direction, il sentait son rythme respiratoire augmenté à la vue de cette femme qui courrait subitement vers lui, il se tournait vers le fond du couloir, l'air de chercher une issue, mais il ne bougeait pas. Elle arrivait enfin à lui et l'enlaçait dans ses bras en versant des larmes brulantes sur ses joues pales, elle semblait dans tous ses états. Elle le serait avec force, caressant sa chevelure brune avec amour, elle se comportait comme une mère qui avait perdu son enfant dans un marché et qui venait juste de le retrouver, il restait figé et silencieux. Elle attrapait son visage entre ses doigts pour le forcer à la regarder « J'ai eu tellement peur Marvin... » Elle l’embrassait avec passion, il avait passé son bras derrière le dos de son épouse alors qu’elle le tenait par les hanches tout près d’elle, elle dévorait ses lèvres et son cou de baisers avant de reprendre son calme, une dame se devait de se tenir correctement. Elle toussotait légèrement puis le conduisait en le tenant de son bras gauche par la hanche de peur qu’il disparaisse à nouveau, elle se mit alors à l’interroger après avoir reprit ses esprits « Où étais-tu passé ? Pourquoi tu n’es pas resté assit dehors ? » Il plongeait ses iris bleus dans le regard pétillant de larmes de sa femme, il se souvenait alors. De la promenade, de cette femme, du péché qu’il avait commit une heure plus tôt. Il ne ressentait aucune honte, mais il comprenait qu’il ne devait rien en dire à Meredith. « Je ne sais pas... » soufflait-il, elle fut attendrie et l’accompagnait dans leur suite. Il était dix-huit heure quarante deux, il reposait cette tasse de thé sur la table de chevet puis s’allongeait sur le lit en se glissant dans les bras protecteur et étouffants de sa femme, il fermait les yeux instantanément et partait pour un monde sombre qu’était ses rêves. Cette fois ci, elle restait auprès de lui.

Il ouvrait doucement les paupières, le nez collé contre l’oreiller il se sentait bien. Il caressait du bout des doigts la texture onctueuse de la soie sur l'oreiller voisin, il était si calme. Tel un enfant qui explore le monde à son échelle, il aimait cette sensation sous ses doigts. C'était comme si à chaque réveil, il naissait à nouveau, par ce doux silence et ce calme. Puis la couverture bougeait à ses cotés, les doigts de l'homme se figeaient alors qu'elle se tournait vers lui. Elle le fixait alors qu'il semblait la découvrir pour la première fois, mais on pouvait lire dans ses yeux qu'elle ne lui était pas si étrangère. Il avait cette sensation d'habitude. Doucement, sans faire le moindre geste brusque elle tendait la main vers lui, il ne bougeait pas et continuait de la fixer, elle venait caresser la peau de son visage avant de laisser glisser sa main dans le cou de Marvin puis sur son épaule, glissant encore plus bas pour attraper sa main. Il laissait Meredith conduire sa main vers son visage, il fermait doucement les yeux en effleurant sa peau avant de l'observer à nouveau, il touchait ses longues mèches de cheveux blond, dessinant enfin un léger sourire sur ses lèvres, elle répondait à son sourire. « Je t’aime Marvin. » Il souriait doucement à ses mots, elle l'embrassait doucement puis annonçait qu'il était temps d'aller diner. Elle tirait la couverture et sélectionné de nouveaux vêtements pour son homme, quelque chose de sombre pour faire ressortir sa beauté naturelle, mais d'assez sobre pour éviter que certaines femmes aient l'idée entête de le courtiser. Il se changeait puis sortait en compagnie de Meredith, Mary les rejoignait devant la salle à manger, il observait cette petite fille qui venait s'empresser de saisir sa main glacée « Ton père est très fatigué Mary. » disait Meredith, alors la jeune fille voulue lâcher son père mais celui-ci resserrait ses doigts l'empêchant de s'en aller, elle souriait à son père. Tous trois entraient dans la salle bruyante, certain s'étaient attendris devant ce beau tableau, d'autres les jalousaient... Marvin s'installait à la table habituelle où il y avait un certain nombre d'autre personne que Meredith appréciait. Il lui tirait doucement la chaise puis elle s’asseyait, il en fit de même pour Mary qui aimait que son père pousse la chaise une fois qu’elle fut installée sur celle-ci. Puis il s’asseyait à coté de sa femme, ils furent servit et comme bien souvent ; il ne mangeait rien. Meredith insistait pour qu’il avale quelques bouchées, c’est ce qu’il fit avec écœurement face aux aliments qu’il devait ingurgiter. Puis chacun s’en allait dans sa suite, Marvin tombait écroulé de fatigue sur le divan « Papa ! Maman ? Qu’est-ce qu’il lui arrive ? » Les yeux de Meredith se posaient sur la tasse de thé qu’il venait de boire puis répondait « Il est juste très fatigué mon ange. Va donc choisir un livre... »

Le soir était tombé, il ouvrait doucement les yeux, la tête posée sur les genoux de sa femme qui écoutait paisiblement Mary lire. Il ne bougeait pas, il sentait les doigts de son épouse jouer avec ses cheveux bruns, il restait silencieux, Mary souriait en croisant le regard azuré de son cher père. Puis elle achevait enfin l'histoire. Il était donc temps pour chacun d'eux de rejoindre leur lit. Marvin emmenait Mary dans sa chambre, puis la laissait se changer sans la regarder à la demande de sa fille. Puis elle se glissait sous ses draps et l'appelait tout sourire, il s'asseyait à coté d'elle et caressait doucement sa chevelure blonde « Je t'aime papa. Tu m'aimes ? » Il lui adressait un léger sourire et répondait ce qu'elle voulait entendre « Oui. » Un sourire de joie orné son visage d'ange, elle se redressait et serrait son papa dans ses bras avec amour avant de se coucher à nouveau, il caressait ses cheveux d'or puis elle s'endormait. Il restait là à observait cet ange dormir avec une pointe d'admiration dans le regard, probablement l'aimait-il mais il ne s'en rendait pas compte. Puis Meredith entrait dans la chambre et invitait son mari de la rejoindre et ce fut ce qu'il fit. Il se mit en sous vêtement et se glissait auprès de sa femme qui le regardait avec tendresse « Tu sais j'ai eu peur aujourd'hui... Marvin, je t'aime. Je t'aime tellement, j'ai tellement peur de te perdre... Dis moi que tu m'aimes, dis moi que tu ne me laisseras jamais, dis-le mon amour. » Il la fixait quelques secondes sans vraiment comprendre pourquoi elle voulait qu'il disse cela, mais face à son regard insistant il finissait par lui dire ce qu'elle voulait entendre « Je t'aime. Et je... » une violente secousse le coupait, Meredith se jetait dans les bras de son homme en hurlant de peur, il restait figé sans comprendre ce qu'il se passait. Puis Meredith se relevait et déclarait aller prendre connaissance de ce qui se passait et demandait à Marvin d'aller rassurer Mary. Il se levait et enfilait un pantalon avec lenteur alors que Meredith avait déjà disparue de la chambre, il se dirigeait vers la chambre de sa fille et la trouvait terrorisée sous ses couvertures « Papa ? C'est toi ? » demandait-elle d'une voix tremblante « Oui. » soufflait-il. Elle se redressait et prenait son père dans ses bras en fondant en larmes, il caressait doucement son dos et s'allongeait sur le lit à coté d'elle en la gardant dans ses bras pour la consoler. Plus d'une dizaine de minutes plus tard la porte s'ouvrait avec fracas « Vite ! Levez vous ! Mary habille toi ! Marvin met ta veste ! Vite dépêchez-vous ! » ordonnait-elle, ils se relevaient et obéissait. Meredith allait vers le coffre fort, prit de l'argent et la drogue pour contrôler son mari, une crise sur l'une de ses barques pourrait être particulièrement dangereuse, elle préférait l'avoir amorphe mais vivant... Marvin boutonnait sa longue veste noire alors qu'on entendait hurler sur le pont et dans les couloirs, Mary demandait ce qu'il se passait et sa mère répondait qu'il fallait partir. Elle se plaçait devant Marvin et l'embrassait rapidement mais amoureusement et lui disait d'un ton rassurant « Marvin, ne lâche pas ma main quoi qu'il arrive. Ils vont essayer de nous séparer, mais reste avec moi mon amour. Ne t'éloignes pas. » Marshall la fixait sans comprendre, elle tapotait sur sa joue quand Mary se mit à hurler car elle avait perdue sa peluche. Ils perdirent énormément de temps et Marvin semblait distrait, Meredith avait beaucoup de mal à capter de nouveau son intérêt. Quand ils sortaient enfin de leur suite, on pouvait entendre des hurlements, des appels à l'aide des étages inférieurs, Marvin s'arrêtait et tournait la tête vers le fond du couloir qui semblait aller vers le fond de l'eau, il déglutissait « Marvin ! Viens ! » Elle le tirait assez violemment et il la suivait dans le couloir écoutant ses cris, ses appels, il voulait y répondre. Il semblait que des gens étaient en détresse, tout comme lui depuis toutes ses années... Il voulait comprendre mais il ne le pourrait jamais. Ils arrivaient enfin sur le pont, tout le monde se bousculait et hurlait. Les gens courraient dans tous les sens, jamais Marvin n'avait vu une panique semblable à ce qu'il pouvait ressentir en permanence au fond de lui. Mary se mit à pleurer, ils firent la queue durant un long moment pour accéder à un canot de sauvetage, on criait les femmes et les enfants d'abord. Marvin se demandait alors ce qu'il faisait là, mais d'autres hommes étaient ici aussi... Au bord des canots, des hommes disaient adieu à leur femme en larmes, Marvin ne comprenait rien... Puis enfin ce fut leur tour, Mary et Meredith montaient à bord de la barque. « Vite Marvin ! Monte ! » Il s'approchait alors, ses yeux sombrant dans le vide, il voyait l'eau... Le souffle coupé, il poussait une respiration douloureuse et bruyante, Meredith restait tétanisée devant ce qu'elle reconnaissait parfaitement : une phobie inexplicable et éphémère. Elle se mit à bafouiller de panique, la peur de le perdre, elle tenait sa main avec fermeté « Marvin ! Monte ! Monte dans ce canot ! Marvin... Je... Je t'en prie... Viens... Je t'aime Marvin. » Le bruit autour de lui n'atteignait plus l'homme, il fixait cette étendue sous le canot à plusieurs dizaines de mètres au dessus, il tournait la tête de droite puis de gauche, il tirait sa main pour se défaire de l'emprise de sa femme pour faire volte face « NON ! MARVIN ! NON ! » hurlait-elle en le voyant faire route arrière prit d'une panique violente, elle ne voulait pas le perdre ! Une enfant fut installé dans le canot à la place de Marvin, et cette femme éclatait en sanglot en le suppliant de revenir, mais il ne l'entendait pas. Une douleur sans nom, elle ne reverrait jamais plus cet homme qu'elle avait tant aimé pendant quinze ans, elle avait sacrifié sa vie pour lui, elle lui en voulait tellement de l'abandonner, elle s'en voulait de ne pas avoir su le retenir, elle voulait sauter hors de la barque pour mourir avec lui, mais on la retenait, elle ne pouvait que voir mourir cette silhouette tant aimée s'éloigner à contre sens des coureurs qui cherchaient à survivre... Elle hurlait de douleur, mais il ne revenait pas. Il bousculait tout le monde pour s'enfuir à contre courant, où voulait-il aller ? Il ne savait pas, il voulait juste fuir. Puis la vague des troisièmes classes fut libérée, ils arrivaient en hurlant à l'injustice, ils étaient en colère et avait peur. Marvin continuait à se précipiter dans le sens inverse, on ne le remarquait pas, et lorsqu'il heurtait un homme des plus baraquer, son corps frêle faiblissait et se retrouvait propulsé contre le mur il fermait les yeux le souffle coupé avant de tomber au sol en reprenant une respiration violente. Il ouvrait les yeux pour se relever mais on le bousculer à nouveau, il se retrouvait allongé sur le sol glacé, il ne bougeait plus, il était tétanisé. Personne ne le voyait et on lui marchait dessus sans se rendre compte de ce qu'ils faisaient, son cubitus finissait par se briser, la cheville luxée, il poussait des cris de douleurs qui augmentaient lorsqu'on lui marchait sur les mains lui brisant les phalanges il souffrait le martyr, puis ses cris se stoppaient subitement quand on venait lui marcher sur l'abdomen, une fois, puis deux, puis un pas plus lourd venait lui briser une cote, un pas sur cette cote brisée lui perçait le poumon. Puis plus rien, une voix criait, on avait cassé de lui marcher dessus, on était venu le protéger. Il ouvrait alors à nouveau la bouche pour laisser l'air entrer dans ses poumons et ce fut une douleur sans nom. Il ouvrait ensuite ses iris bleus et apercevait un visage magnifique, sa respiration était haletante, du sang remontait doucement puis venait couler sur ses lèvres, il la fixait. Elle était belle, elle lui accordait quelques caresses sur le visage, il aurait juste voulu savoir comment se nommait ce bel ange. Il ne comprenait pas pourquoi elle restait là, auprès de lui mais il en était heureux. Il avait tellement mal, sa peur avait disparue, il semblait avoir l'esprit tellement paisible dans sa torture. Il fixait cette magnifique femme, jamais il n'oublierait son visage, mais il allait mourir, étouffé dans son propre sang, il se sentait déjà partir, à l'agonie... Une mort bien pathétique après une existence plus que laborieuse, finalement c'était comme si ça n'avait aucune importance tout ça... Puis il sentait son corps glisser sur le sol, c'était étrange comme si le sol se verticalisait... Mais c'était bel et bien le cas. La belle inconnue le tenait contre elle, et ce fut ensemble qu'ils chutaient vers le fond du Titanic qui se redressait, leurs corps glissaient puis se retrouvaient dans le vide. Marvin s'éteignait à cet instant, étouffé ; de ses lèvres coulait le sang qui stagnait dans sa gorge. Avait-il souffert ? Oui. Atrocement, une agonie ignoble, il avait vécu comme un chien pour mourir comme tel, cela ne fut à ses yeux que la continuité d'une existence sans but. Puis leurs corps venaient frapper un obstacle qui les brisait en deux avant de les laisser heurter un second obstacle et finalement enfin atterrir dans l'eau glacée qu'ils venaient tacher de la couleur de leur sang.


 





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