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 Dis-moi, faim ou soif..?

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MessageSujet: Dis-moi, faim ou soif..?   Lun 6 Juin - 20:05




→ A. Gabriel Prescot & June L. Salander« Dis-moi, faim ou soif..? »



Cela faisait depuis plusieurs heures déjà, depuis le début de l'après-midi pour être plus précise, que je m'affairais derrière le bar du Honey Pub. On était vendredi, et ajouter à ce jour le week-end, cela faisait les journées les plus chargées de la semaine pour ce petit bar connu dans tout Wisteria Falls. Je vaquais donc à mes occupations sans aucune interruption jusqu'alors, prenant des verres, les remplissant de whisky pour les plus vieux, de coca pour les plus jeunes et de vodka pour les étudiants, et j'allais les servir dans la salle, sur la terrasse, ou directement au bar. Des sourires, des regards et des politesses échangées, parfois quelques paroles même avec les habitués ou bien avec ceux qui essayaient d'avoir mon numéro de téléphone -que je rembarrais sans hésitation pour la plupart-, tout cela faisait parti de mes faits et gestes quotidiens quand j'étais de service au Pub. Cet endroit était amical et chaleureux, et malgré les quelques réclamations de certains clients, la bonne ambiance régnait dans cet espace qui se voulait accueillant et détendu. J'attendais avec une impatience non dissimulée que ma collègue qui était de service ce soir arrive et me remplace. Je dus attendre encore quelques minutes, qui me parurent tellement interminables que je cessais de lever la tête du verre que j'essayais pour regarder l'horloge placé au-dessus des rangées de bouteilles d'alcool derrière le comptoir. Je saluais ma collègue avec un sourire et on discuta encore quelques minutes, prenant des nouvelles de chacune car cela faisait deux-trois jours qu'on ne s'était pas vus, puis je pris ma veste pendue au porte-manteau dans l'arrière boutique et m'éclipsa, adressant à quelques clients un signe de tête en guise de au-revoir avant de passer la porte d'entrée. L'air frais de cette fin de journée vint caresser mon visage en une brise légère, ce qui me fit du bien. Je respirais un bon coup, et j'allais rapidement au château me changer, remplaçant mon jean et ma chemise de travail par une simple robe noire accompagné de chaussures à talons, me faisant gagner ainsi quelques précieux centimètres, puis je partis en direction du restaurant de la ville, laissant mes cheveux libres comme l'air, où j'avais donné rendez-vous à une personne qui m'était devenue de plus en plus proche au fil des jours...

Je rencontrais pour la première fois le jeune homme prénommé Gabriel dans le Honey Pub, à l'un de mes services. Il s'était installé au bar et je le servis, rien d'exceptionnel en fait. Nous commençâmes à réellement parler et à faire connaissance lors de sa troisième venue, ou quatrième, je ne m'en souviens plus très bien. Il sut rapidement qui j'étais, et c'était de façon réciproque. Ce garçon savait l'existence des Sorciers et des Vampires, et pourtant ce n'était qu'un simple humain, sans don ni pouvoir, bref, rien qui pouvait le relier à ce qu'il puisse croire à notre existence. C'était ce que je me disais avant qu'on n'en apprenne plus l'un sur l'autre. Une certaine prophétie le condamnait, et était impliqués dedans les Sorciers et les Vampires. Je n'en savais pas plus, mais c'était ce qu'il m'avait donné comme explication quand je lui demandais, les sourcils froncés, comment il pouvait être si sûr de notre monde caché des Humains. Je ne me montrais pas plus curieuse à ce sujet, si Gabriel souhaitait m'en dire plus il le pouvait, mais ça avait été son choix de me donner des explications brèves, et cela me suffisait amplement. Je commençais à l'apprécier, c'était un homme simple et tout à fait plaisant, que ce soit moralement ou physiquement. Je découvris cependant quelque chose qui me déplaisais fortement. Il connaissait Angel, et était même très proche d'elle. Je ne sais pas jusqu'à où allait leur relation, mais cela me suffit pour rester en froid quelques temps envers Gabriel. Cette découverte fut l'élément déclencheur de notre relation actuelle. Je ne sais plus comment cela débuta réellement, quels mots on avait prononcé chacun de notre côté pour que ce soit à présent comme ça entre nous, mais peu importe ma mémoire courte, j'aimais notre relation telle qu'elle était, et apparemment cela ne lui déplaisait pas non plus...

J'entrais dans le restaurant, ne voyant pas Gabriel à l'entrée. Je m'étais dis que ce n'était pas une mauvaise idée de l'inviter au restaurant, ne serait-ce qu'un soir. Lui m'offrait bien son sang, alors je pouvais bien lui offrir une soirée en ma compagnie... Je demandais une table pour deux personnes, rajoutant à la suite que la seconde personne arriverait un peu plus tard. Je commandais un verre de vin, patientant tranquillement. Je tournais le dos à la porte d'entrée, mais je n'eus aucun mal à savoir qui entrait dans le restaurant. Son odeur effleura mes narines, et un sourire se dessina légèrement sur mes lèvres. J'entendis ses pas venir dans ma direction, et quand il apparut dans mon champ de vision, je lui dit en guise de bonsoir, avec mon petit sourire au coin habituel.

- Normalement, ce sont les femmes qui se font désirer, jeune homme.

J'observais Gabriel dans toute sa splendeur, posant mon verre que je tenais encore à la main sur la table de façon délicate.




Dernière édition par June L. Salander le Sam 25 Juin - 14:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Mer 8 Juin - 14:55

Gabriel Prescot &
June Salander


« Dis moi, faim ou soif...? »


Ce soir, grande surprise, attention inattendue, événement incongru. Gabriel avait rendez-vous avec June. Celle-ci l'invitait au restaurant. Depuis quand ce sont les femmes qui invitent les hommes à dîner ? Le monde tourne à l'envers, pensait-il. Mais il appréciait l'invitation, autant qu'il appréciait la jeune femme qui l'invitait. Mais sur le coup, le jeune homme n'avait pas su s'il devait accepter ou non... Après tout, June était un Vampire. Il ne le savait que trop bien... Les marques de leur dernière entretien venaient juste de disparaître du creux de son cou. Plus la moindre trace... En réfléchissant, en envisageant toutes les possibilités, comme il le faisait toujours, Gabriel n'écartait pas l'hypothèse qu'il se pouvait bien qu'il devienne le dîner de ce soir s'il venait. Pourtant, cette perspective ne le gêna pas autant qu'il l'aurait fallu. L'habitude ? L'envie ?...Un instant, il se demanda s'il n'était pas le moment d'arrêter cette folie. Il pourrait décliner l'invitation, et en profiter pour couper les ponts avec la jeune femme. Etait-il sage d'accepter de se faire mordre à nouveau ? Ou alors, il pourrait se rendre au restaurant pour expliquer à June qu'il ne pouvait plus continuer. Etait-il vraiment incapable de se faire mordre à nouveau ?...
Gabriel accepta finalement.
Douche, choix des habits, coiffure -histoire de ressembler à quelque chose-. Gabriel mit autant de soin dans sa préparation que d'habitude, c'est à dire bien moins qu'on ne peut le penser. Sachant qu'il passait bien plus de temps sous la douche qu'à se peigner. Et puis, chacun à sa place : Gabriel n'était pas le genre à prendre tellement soin de lui. Il tenait à être présentable, potable, mais sûrement pas à se mettre en avant plus qu'il ne le faut. Le plus sympathique restait quand même que ces habitudes participaient à son charme. Et il s'en fichait. Alors une fois encore il ne chercha pas plus loin que ce que son armoire avait à lui proposer. Une fois prêt, il quitta son appartement.

Gabriel, n'ayant pas de voiture, se rendit au restaurant à pied. Il ne vivait pas trop loin, alors le trajet ne risquait pas d'être trop long. En passant devant le Honey Pub, un courant d'air froid le traversa ; le souvenir des morsures s'apposèrent sur sa peau, il posa une main dans son cou. A la fois dégoûté par lui-même et songeant à cette étrange douleur, qui surpassait le mal jusqu'à devenir enivrante, il accéléra le pas, perdu dans ses pensées. Sur le reste du chemin, Gabriel commença à se demander ce qu'en penserait Angel. Il se lança dans une longue réflexion qui dura tout le long de la route. Etait-elle capable d'être jalouse ? En effet, si elle pouvait l'aimer -mon Dieu oui, elle l'aimait, c'était encore si nouveau pour lui!-, pourquoi ne pourrait-elle pas être jalouse ? Il avait désormais conscience du caractère exceptionnel de leur relation, et parfois son narcissisme le lançait à toute vitesse sur les chemins de la fierté lorsqu'il se remémorait ce qu'avait dit la jeune femme ; qu'il n'y avait qu'avec lui qu'elle retrouvait des émotions. Qu'il était bon de se savoir important, d'avoir un rôle clé. Son ego si souvent brisé reprenait du poil de la bête. Se dire qu'Angel pourrait très bien être jalouse s'ajoutait à cela. Gabriel affichait un large sourire, se moquant de son propre éclair de vanité.
Arrivé devant le restaurant où June lui avait donné rendez-vous, il en était arrivé à la conclusion qu'Angel ferait mieux de ne pas savoir. Tout du moins, si elle voulait savoir, elle n'aurai qu'à poser la question, puisque Gabriel ne savait pas mentir.

Ouvrant la porte de l'établissement, mettant un pied dans la salle, le jeune homme sentit la présence de June qui éclipsa Angel de ses pensées. Sans avoir besoin de balayer la salle du regard, ses yeux se posèrent directement sur la Vampire ; il savait où elle était, sans savoir comment. Il savait, voilà tout. Il lui adressa un léger sourire tandis qu'il se dirigeait vers elle. Elle avait cette élégante manière de tenir son verre, de sourire, d'être, qui la rendait charmante, quelque peu envoûtante. Alors que ses pensées auraient dû faire demi-tour vers Angel, il n'en fut rien. June avait une étrange emprise sur son esprit qui ne lui déplaisait pas.

« Je suis désolé. Me voir arriver à l'heure est un véritable mythe. » dit-il pour lui répondre tendis que son sourire s'était élargi.

Gabriel s'installa face à June. S'asseyant, il ajouta :

« J’apprécie l'invitation, mais je t'assure que ce n'est pas parce qu'il m'arrive de te servir de dîner qu'il fallait que tu m'en propose un. A vrai dire, le retour serait vraiment équitable si tu étais mon dîner, et que ce soit toi que je trouve dans mon assiette. »

Avec le monde qu'il y avait, Gabriel n'avait pas peur d'être entendu. Et de toute manière, il était déjà considéré comme dérangé ; ses paroles ne seraient aux yeux des clients que les déblatérations d'un illuminé bien connu.
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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Ven 10 Juin - 19:23




→ A. Gabriel Prescot & June L. Salander« Dis-moi, faim ou soif..? »



Mon regard ne quitta pas Gabriel. Je regardais et être avec une attention toute particulière, alors que je l'avais déjà fait maintes fois auparavant, me surprenant parfois moi-même. Gabriel était le genre de personne qui possédait un charme mystérieux, autant physiquement, avec des traits doux que formaient son visage, des yeux bruns dorés, des cheveux presque pareils avec une certaine nuance cependant; que moralement, avec son côté sincère mais naïf, sociable mais lunatique, sentimental mais maladroit. Bref, il avait ce côté attachant qui vous faisait pardonner tous ces petits défauts et qui vous faisaient passer à autre chose plutôt que de s'attarder sur cela. Il s'excusa pour son retard, et je ne pus m'empêcher de lâcher un petit rire, rien de bien méchant, mais juste à cause du fait de l'excuse qu'il sortit. Je ne pouvais que lui pardonner, je n'avais attendu qu'à peine quelques minutes, ce qui n'était rien, que d'infimes poussières du temps, pour des êtres qui possédaient l'éternité devant eux et dont je faisais partie. Je ne m'en vantais pas comme je ne m'en plaignais pas, car c'est moi qui est choisi ce mode de vie, il y a plus d'un siècle de cela. Certains disaient que c'était à la contrainte de l'amour que j'avais pour Devon, et ils avaient certainement raison, c'était pour cela que je ne démentais pas leurs dires. Je chassais rapidement celui dont j'étais amoureuse et qui était la cause de mes souffrances de mon esprit, le réorientant vers l'humain à la prophétie maudite. Je lui adressa un sourire au coin, tandis qu'il s'asseyait. Ce qu'il disait était toujours très réfléchi, pourtant il le sortait spontanément, ce qui faisait qu'une partie en moi l'admirait secrètement, car jamais j'admettrais une telle chose.

- Ca a dû surtout t'étonner que je t'invite. Mais tu m'as l'air épuisé et je sais très bien que j'en suis la cause, ce qui fait que d'une certaine façon, ce dîner est indirectement une remise en forme et des excuses.

Je ne lui devais pas vraiment des excuses, car à vrai dire c'était à présent Gabriel qui sautait à chaque fois dans la gueule du loup, me demandant de lui-même si j'avais besoin de lui. Oui, notre relation était basée sur une chose tout à fait unique, même si cela devenait de plus en plus courant. Gabriel m'offrait son sang, et il devenait accro aux morsures de Vampires. Pas spécialement les miennes, mais étant donné que j'étais la seule à exercer ça sur cet humain, cela revenait au même. Comment avais-je réussi à le convaincre au début ? Je lui avais menti, chose que je n'aimais pas forcement faire en réalité, mais ma soif de vengeance m'avait influencé. Gabriel était la proie parfaite, car il était directement liée à Angel, et avec un peu de chance Devon n'apprécierait peut-être pas de me voir traîner avec un autre homme. Ma vengeance voulait les voir jaloux, tristes, peut-être même en colère. Le problème, si on pouvait appeler ça comme ça, c'est que je commençais à apprécier Gabriel, alors que je le considérais comme un simple objet, une simple proie, au début de notre relation. Je ne savais absolument pas d'où venait la cause de ce changement brusque de ma part, mais je préférais sans doute ne pas le savoir, c'était mieux ainsi. Je m'étais mise à m'inquiéter pour Gabriel, le considérant à présent comme un ami, de son état relativement faible dans lequel il était plongé et dont il ressortait souvent avec peine. Je lui servais un verre de vin, faisant en sorte que je ne sois plus seule avec un verre rempli.

- Au lieu de me dire des bétises, dis-moi que tu as faim. Mais buvons un peu d'abord.

Je posais mon coude sur la table, la faisant tanguer légèrement, et posais mon menton dans la paume de ma main tout en le regardant avec un sourire franc.


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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Jeu 16 Juin - 19:56

Désormais, Gabriel se savait lié, d'une certaine manière, à June. Cette idée aurait dû lui passer par la tête dès la première fois où il s'était fait mordre, mais en réalité son esprit était alors trop occupé à se délecter de cette étrange sensation qui allait devenir sa drogue. June... Il sentait sa présence à des centaines de mètres, il pouvait presque sentir son parfum le guider jusqu'à elle. Envoûté, charmé, non pas parce qu'elle était déjà fort belle, mais parce qu'ils partageaient des flux du même sang. Le cœur du jeune homme restait fidèle à Angel, mais son esprit s'égarait parfois dans le regard ou à la commissure des lèvres de June... Quelle erreur avait été la sienne, quelle sottise. Et maintenant qu'il savait la vérité, qu'il était au courant de son mensonge, alors qu'il devait être en colère contre elle et lui en vouloir de s'être servie de lui pour le plaisir de ne le tuer qu'à moitié, il était presque heureux de la voir, tout cela s'était évaporé. Il se savait envoûté, et qu'il devrait se battre contre cela, et il n'en faisait rien. Ou alors n'était-il pas assez fort pour. Il se savait pas, il ne cherchait pas à savoir, un étrange flou artistique gommait ses pensées. Son regard s'était posé sur le verre de vin que la jeune femme tenait dans sa main, du bout de ses doigts délicats, pour ne plus le quitter ; ce vin aussi rouge que du sang... Au bout de quelques instants d'absence, Gabriel secoua la tête. Non, il avait fait trop d'efforts pour se sevrer, il ne devait plus y penser. Se faire mordre était bien trop dangereux, il en était conscient désormais. Ce n'est qu'alors que la vision de cette file d'Humains aussi drogués que lui aux morsures de Vampires suppliant d'être reçus pour à nouveau ressentir le frisson de la mort les emportant peu à peu revint à la mémoire de Gabriel. Il réalisa que June était sûrement parfaitement consciente qu'en le mordant sans le tuer, à cette fréquence, elle allait faire de lui l'un de ces junkies. Elle le savait, et elle se prétendait son amie... A quel point avait-il été naïf ? Jusqu'où sa confiance aveugle l'aurait mené si Angel n'avait pas remarqué ces traces dans son cou ? Son cou, enfin comme neuf ; il ne restait que de légères marques blanchâtres à peine visibles. Il les observait longuement chaque matin afin de se rappeler les conséquences d'une envie de se faire mordre. Chaque matin, il se voyait encore bien pâle. Les jours qu'il avait désiré passer enfermé afin de se sevrer n'avaient pas aidé. Il manquait de soleil et d'air frais. De lui ou de June, c'était bien lui qui aurait été désigné comme Vampire si quelqu'un devait choisir.

« C'est vrai, j'ai faim » dit-il avec un léger sourire. « Je pense que je vais prendre... »

La carte entre les mains, son choix se porta sur un plat indiqué Végétarien. Il ne pouvait plus voir la viande en peinture dernièrement, la salade était sa meilleure amie. Il demanda un verre de cidre par la même occasion, évitant avec soin la carte des vins.

« C'est vrai, je suis encore épuisé. Mais je vais mieux, de mieux en mieux je pense. D'ici peu, je serais comme neuf. »

Son verre arriva, il en but quelques gorgées. Il était quelque peu tendu, tout en sachant qu'il ferait bien mieux de se détendre. Il savait bien que c'était en s'efforçant de ne pas penser à une certaine chose que l'esprit commence à se focaliser dessus. Or, plus il pensait qu'il ne devait surtout pas finir en pâture ce soir, plus son regard paranoïaque glissait sur tout ce qui devenait un indice potentiel lui faisant penser au sang, aux Vampires, et fatalement, à la morsure. Non, non, il devait balayer tout ça de son esprit. Ces derniers jours avaient été assez pénibles comme ça, il ne pouvait pas se permettre de replonger. Angel ne le lui pardonnerai jamais. Jamais ! Elle avait déjà été si gentille avec lui, si compréhensive et patiente ! Il serait cruel et égoïste de sa part de lui affliger à nouveau cela. Il ne le pouvait pas, il ne le devait pas. Alors il s'efforça à se concentrer sur elle, sur Angel. Même absente, elle était d'un soutient inébranlable.

Le plat arriva sur la table. Gabriel porta quelques fourchettes à sa bouche.
Des excuses, oui. Sûrement pouvait-elle en faire. Mais Gabriel ne fait aucune réflexion. Il se contenta d'être direct, comme toujours.

« June, pourquoi avoir menti ? » demanda-t-il. « Pourquoi ? Est-ce que ça t'as semblé assez amusant de m'utiliser comme jouet ? J'ai eu confiance en toi, aveuglement... Je ne te pensais pas capable de mentir comme ça. Je ne te pensais pas de ce type de Vampires. Mais au final, tu comptais me jeter, non ? »

Le regard assurément décidé, il ne quittait pas celui de June. Son accusation ne portait même pas sur les morsures. Il n'accusait que le prétexte qu'elle avait utilisé...
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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Mar 21 Juin - 18:42




→ A. Gabriel Prescot & June L. Salander« Dis-moi, faim ou soif..? »



Je répondis à son sourire, qu'il ne m'adressait pas directement, tandis qu'il passait sa commande. Contrairement à mon compagnon, je pris un steak, saignant, accompagnés de frites, dorés et pas trop salés, avais-je précisé au serveur qui prenait notre commande, avec un de mes sourires envoûtants qui était bien connu. Je ne pus croire en les dires de Gabriel, malgré les efforts que je faisais pour y croire. Il me disait qu'il allait mieux, mais il prenait une simple salade. Il me rassurait même en ajoutant qu'il allait de mieux en mieux, mais les séquelles qu'il avait et dont j'étais la cause resteraient en lui pour toujours. Je ne me faisais aucune illusion sur ce fait qui était plus qu'évident, c'était bel et bien de ma faute si l'état du jeune homme avait empiré. Je savais depuis toujours qu'elles étaient les conséquences si je le mordais, mais j'étais pour autant troublée, car la seule chose que j'ignorais jusqu'à présent et que je tentais d'ignorer maintenant malgré la difficulté que cela représentait, c'était l'attachement que je pouvais porté à cet humain. C'était un beau tour que m'avais fait là le destin. J'étais censée le détester, car il était tellement proche d'Angel, mais le détester pour cette simple raison était basée sur des gamineries, je m'en rendais compte seulement en ce moment. Je m'imaginais petite, entourés des autres bambins, à nous lancer des "non, toi t'es son ami, et comme je l'aime pas, bah je t'aime pas non plus !" et autres bétises de ce genre. A présent que je connaissais de mieux en mieux Gabriel, je n'avais pas pu m'empêcher de m'attacher à lui, de façon tout à fait inconsciente. J'éprouvais même du regret à vrai dire, à le torturer lui, mais il touchait indirectement Angel, et par cela, je ne doutais pas qu'elle serait torturée elle aussi, d'une autre manière cependant. J'étais quasiment certaine qu'elle n'était pas au courant, du moins pas encore, sinon Gabriel aurait refusé mon invitation, sûrement sous ses ordres, et j'aurais recroisée l'autre hybride dans sa colère bouillonnante. C'était ainsi que je me représentais la découverte de mes morsures, telle une mise en scène préparée bien à l'avance. Certes, il y avait des chances que je puisse me tromper, mais il y avait de fortes chances que cela se passe comme dans mon imagination.

Les plats arrivèrent, je surpris le regard fuyant de Gabriel lorsque le serveur déposa mon assiette. Cela m'aurait sûrement fait sourire, voir même rire en ajoutant une petite remarque sur son attitude, en temps normal, mais là, le coeur n'y était pas. Il ne voulait plus avoir affaire à une quelconque chose étant ou rappelant le sang, je le voyais bien. Un silence accablant s'était installé entre nous, et je le regardais attentivement en dérivé, portant mon verre à la bouche, puis ma fourchette, ne le lâchant que quelques fois du regard. Je ne pouvais pas me permettre d'éprouver du regret, pas maintenant, c'était trop tard maintenant, beaucoup trop tard. Je n'avais pas l'intention de le tuer, et mon lien avec lui s'étant intensifié de façon inattendue, je me devais de le garder en vie, ne serait-ce déjà que pour moi et ma propre conscience. Mes yeux s'écarquillèrent tout en fixant le visage qui était face à moi quand les paroles du jeune Prescot atteignirent mes oreilles avant qu'un autre bruit ne remplace ses mots. Mon regard se dirigea vers ma main, où des morceaux de verre étaient plantés dans ma paume et où mon sang se mêlait au vin. Le serveur de notre table arriva à ma rescousse, mais je le renvoyais sur le champ, lui demandant juste un autre verre. Certains clients du restaurant s'étaient retournés dans notre direction, mais ils étaient un peu trop nombreux pour que je les hypnotise tous. J'enlevais les quelques morceaux de verres entaillant ma peau puis les rejetaient avec ceux qui étaient par terre, qui furent vite balayés par le serveur, qui m'avait apporté un nouveau verre au passage. Une fois qu'il fut parti, je nettoyais ma main à l'aide d'une serviette, mes blessures commençant à se cicatriser, avant de me servir à nouveau du vin. Je fis tout cela sans laisser un regard à Gabriel, feignant que j'étais seule à cette table. Malheureuse, je ne pus jouer cette comédie bien longtemps, et mon regard se leva vers le sien. Il avait tellement raison, mais à la fois tellement tort. Je ne savais que lui répondre. Une fois qu'on m'avait démasqué, j'étais du genre à tout dévoiler et à assumer entièrement mes faits et gestes, mais là, les mots restaient bloqués dans ma gorge. Je savais qu'il ne me croirait pas si je lui disais qu'au fond de moi, il n'était pas un jouet, qu'il ne l'était plus en fait, que je n'avais pas l'intention de le jeter, que je ne pensais pas que ça se passerait comme cela. Il fallait que j'utilise les bons mots, mais je ne les trouvais pas. Il fallait qu'il sache, de façon détaillé ou non, mais il fallait à tout prix que je le lui dise. Qu'il me croive ou pas par la suite, c'était quitte ou double, tout ce que j’espérais, c'était que notre relation ne prenne pas brutalement fin, pas de cette façon. Comment avait-il découvert que je lui avais menti ? Par Angel ? J'avais du mal à y croire...

- Gabriel...

Les mots se perdirent pendant un instant, mon regard se mit à fuir le sien. Je me sentais mal à l'aise, je ne voulais pas le montrer, mais je faisais le contraire même. Voulant me redonner du courage, je bus une grande gorgée du vin rouge tout en reportant mes yeux bruns sur son visage.

- Je t'ai menti, oui. Je t'utilisais, oui.

Je suis désolée...

- Tu as été embarqué dans cela, alors que...

...Alors que je voulais juste me venger de celle que t'aime.

- Mais ce n'est plus mon désir aujourd'hui car je...

...me suis attachée à toi et te considère comme un bon ami...

- ... je peux te jurer que je n'ai aucunement l'intention de te jeter.

Mon regard était paniquée. Ce que je lui avais annoncé était nul, nul, nul. Il n'y avait pas d'autre mot. Je ne lui avais pas tout dit, pourtant, cela aurait été tellement plus simple. J'étais énervée contre moi-même, je détestais perdre le contrôle de moi-même, c'était la prmière fois que ça me faisait ça dans une telle situation. Je gardais toujours mon calme, même quand j'avais été pris la main dans le sac, mais là, je ne pouvais plus rester dans cet endroit, enfin, je ne pouvais plus rester face à Gabriel. Je me levais brusquement, posant d'une façon tout aussi brusque mon verre, dont le liquide rouge bordeaux fit des vagues à l'intérieur. Je le regardais, car je n'osais plus regarder l'humain, et je restais plantée là, sans savoir quoi dire, ni quoi faire. Après quelques secondes qui me parurent interminables, je lui adressais enfin mes dernières paroles, que je jugeais d'un ton trop agressif tout de suite après.

- Je suis désolée. Voilà. Bonne soirée.

Je ressentais du remords, mais je ne voulais pas me l'avouer. Je tournais les talons et sortit du restaurant, ne montrant pas mon énervement soudain et tentant de rester le plus calme possible, ce que j'étais extérieurement seulement. Je marchais d'une rapidité humaine, l'obscurité ayant remplacé la clarté. Mes pensées s'embrouillaient, je voulais partir dans une autre ville pour m'apaiser, mais en même temps retourner voir Gabriel, car je passais à présent pour une fuyarde après le coup de la menteuse. J'entendis mon nom derrière moi mais je feignais de l'ignorer, regardant toujours droit devant moi, évitant d'une subtilité étonnante les passants, je savais que c'était lui, qu'il me suivait, mais je voulais le semer, et je m'enfonçais de plus en plus dans les ruelles étroites et sombres.


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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Jeu 23 Juin - 13:58

Dire que Gabriel était déçu par June était un euphémisme. Il se sentait tellement idiot de l’avoir cru, de s’être fait utiliser ainsi. Il avait été trahi, ni plus ni moins, par celle qu’il considérait comme une amie. Sa confiance en les autres était ébranlée. Il avait voulu croire qu’il y avait des Vampires encore capables d’être honnêtes… Et maintenant, il ne savait plus. Il avait beau penser qu’il n’y avait qu’Angel pour être sincère avec lui, elle aussi restait un Vampire… A vrai dire, les derniers jours passés à se sevrer et à réfléchir l’avaient fait douter de tout. Même de lui… Il en était venu à la conclusion que dans un monde où règnent magie et illusion depuis des siècles, un humain nouvellement initié ne pouvait avancer qu’à petits pas indécis s’il ne voulait pas se faire abuser. Et encore, si seulement il n’y avait pas des personnes comme June, qui se veulent bienveillants ou dans la même détresse que vous, pour mieux vous tromper ensuite. Peut-être qu’Angel aussi faisait partie de ceux-là, qu’en savait-il ? Mais il préférait ne pas penser une telle chose. Non, quand même pas…

Gabriel tenait à ce que June lui fournisse des explications. Il les attendait de pied ferme. Il s’attendait à ce qu’elle mente, ou bien à ce qu’elle fasse semblant de ne pas comprendre, histoire d’essayer de le prendre pour un idiot et reprendre comme si de rien n’était. Mais non ; il fut surpris de l’entendre dire la vérité, l’air sincère –quoi qu’il ne pouvait pas se fier à son expression… ou bien ? Il ne pouvait pas s’empêcher de la croire, alors que plus que jamais il devrait se méfier d’elle. Pourtant, encore une fois, il prenait tout ce qu’elle disait pour la vérité, sans chercher à démasquer ses propos. Et puis, pourquoi mentirait-elle ? A quoi cela l’avancerait de dire qu’elle s’était servie de lui si cela était faux ? Oui, elle avouait, vraiment ! Et alors que Gabriel pensait que cela le soulagerait d’entendre de telles paroles –bien qu’incomplètes- ce ne fut que le contraire. Oui, c’était officiel, il avait été le dindon de la farce, utilisé comme un jouet –pour une raison qui restait inconnue.

Le jeune homme resta choqué lorsque June se leva et lui annonça qu’elle était désolée. Vraiment ? L’était-elle ? Après ce qu’elle avait fait, pouvait-il croire qu’elle regrettait ? C’était étrange, mais dès qu’elle prononça ces mots, Gabriel n’arrivait plus à lui en vouloir. Ah, mais quel naïf ! C’était incroyable ! Il ne pouvait pas s’empêcher d’essayer de croire en les autres, impossible. June lui semblait si pleine de bonté, si gentille, presque inoffensive. Comment aurait-elle pu lui faire du mal sans avoir d’amers regrets ? Elle n’était pas inhumaine à ce point, il le savait au fond. Après tout, comme lui avait dit Angel, lui et June étaient quelque peu reliés désormais… Et il se fiait à ce lien spécial qu’il y avait entre eux ; il sentait que, quelque part, elle avait mal. Peut-être était-ce le mal de s’être faite démasquée ? Mais lui ne voyait qu’une option, celle qui l’innocentait de son crime. Eternel optimiste, cela finira par le conduire droit dans le mur un de ces jours. Peut-être bien aujourd’hui même…

« Qu’est-ce que… »

Lorsqu’il retrouva la terre ferme, June quittait le restaurant. Ni une, ni deux, il se leva pour la rattraper. Il n’arrivait pas à la laisser partir ainsi. Serveurs et clients se mettaient sur son chemin, le ralentissant alors que la jeune femme passait la porte de l’établissement. Et lorsque qu’il fut enfin dehors, elle tournait au coin de la rue.

« June, attends ! » fit-il en espérant qu’elle s’arrête.

Ce ne fut pas le cas. Il reprit sa poursuite, esquivant les passants du mieux qu’il pouvait. Non, hors de question qu’elle puisse s’enfuir ainsi ! Alors il piqua un sprint jusqu’à ce qu’il réussisse à l’attraper par le bras, assez fortement pour qu’elle ne lui échappe pas –bien qu’elle soit un Vampire, et que d’une pichenette elle avait le pouvoir de l’envoyer trouer le mur de l’immeuble au bout de la rue.

« Je t’ai dit d’attendre ! » lui dit-il avec une fermeté qui lui était jusqu’alors inconnue.

Il est vrai que ce n’était pas son genre d’être réellement en colère, et encore moins de s’imposer de la sorte. Il ne se sentait plus faible tout à coup, sûrement grâce à un fond de peur faisant filer l’adrénaline dans ses veines. Mais cet état ne dura pas. A peine put-il croiser le regard de June que sa poigne se desserra. Un frisson glacé le parcourut, l’appel résonnait dans ses oreilles et frappait ses tympans. Ce qu’il fuyait depuis des jours ; il était à nouveau envoûté par un simple regard. Il sentait qu’au fond, même s’il essayait de lutter contre cette envie, un mur de briques l’en empêchait, un filtre ne laissant passer que l’envie irrésistible de s’approcher pour lui demander…
Non, il ne le devait pas. Et dans son combat intérieur, son attention se relâcha, sa main libéra celle de June qu’il était incapable de lâcher du regard. Il avait honte de se trouver sous cette emprise qui lui faisait peur, c’était une main inquiétante au creux de laquelle il se trouvait, et qui se resserrait sur lui à chaque fois que cette pensée lui traversait l’esprit…
Oui, il était tentant de tomber dans le piège de la « dernière fois », rien qu’une. Se dire que ce serait la morsure qui lui fera réaliser tout le mal que cet acte procurait, bien plus que le bien qu’il pensait ressentir. Mais si le contraire arrivait ? Il replongerait de plus belle, il le savait. Mais avait-il seulement remonté la tête hors de l’eau ? Si cette envie se faisait encore ressentir, alors il pensait que la réponse était non. Néanmoins, il ne pourra en être convaincu qu’après expérimentation, n’est-ce pas ?...

« Mords-moi. » murmura-t-il, hésitant.

Mais elle ne semblait pas le vouloir. Alors Gabriel surprit une flamme au fond de lui, de celles qu’on tous les drogués en eux, et qui les pousse à faire absolument n’importe quoi pour obtenir ce qu’ils veulent. Ce feu qui débute, et augmente plus l’attente dure, jusqu’à brûler tout son être de l’intérieur. Le manque, l’appellent les autres. Un véritable appel pour lui.

« June, s’il te plait… »

Face à elle, il avait posé sa main sur sa joue, la frôlant du bout du pouce, comme il le faisait toujours à Angel. Son regard sombre, plongé dans ses iris, ne reflétaient que l’envie. Avec de la chance, pensait-il, se lien entre la Vampire et sa douce Victime pourrait jouer en sa faveur. Qui ne tente rien n’a rien.
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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Sam 25 Juin - 14:01




→ A. Gabriel Prescot & June L. Salander« Dis-moi, faim ou soif..? »



Je continuais ma route, je ne savais pas où j'allais et ce n'était pas ma préoccupation première pour le moment, mes pas qui me guidaient me suffisaient amplement à tracer mon chemin, peu importe où cela me menait. J'étais concentrée sur mes pensées, que je n'arrivais pas à éclaircir malgré mes éventuels efforts. J'entendais les appels de Gabriel au loin, derrière moi, mais je ne les écoutais pas, les ignorant comme si je ne le connaissais pas, ou plus. Cependant, feindre que je ne savais pas qui il était se révélait difficile. J'avais envie de me retourner, de lui crier que le simple fait que je lui ai menti ne lui suffisait pas à couper les ponts avec moi ? et qu'il n'avait tout simplement aucun intérêt de me suivre ainsi, car je ne voulais, mais surtout pouvais pas, lui fournir d'autres explications, mieux détaillées, plus solides, que celles que je lui avais donné. A peine à l'instant où je quittais la foule pour m'enfoncer dans une ruelle sombre, vide du moindre être vivant, je sentis une main se posant sur mon bras de façon ferme, ses doigts s'enroulant sur mon bras avant de le serrer. Je m'arrêtais net, je n'avais pas besoin de lever les yeux pour voir à qui j'avais affaire. J'aurais très bien pu me défaire de son étreinte, le repousser, l'envoyer contre le mur sans contrôler ma force, mais lui faire plus de mal que je ne lui en avais déjà fait ne me tentait pas et ne me rapporterait rien, à part plus de remords et de regrets. Gabriel s'adressa à moi comme il ne l'avait jamais fait, avec un ton ferme, sec, et presque coléreux, qui lui était jusqu'alors inconnu. J'osais alors le regarder, essayant avec tous mes efforts réunis d'avoir un regard neutre qui ne montrait ni ma colère, ni ma tristesse, ni mes remords. Je pouvais sentir Gabriel déserrer sa prise autour de mon bras peu à peu, et je le dégageais rapidement de sa poigne d'un geste vif. Je me rendis compte que ce geste avait trahi mes émotions, mais ce n'était pas une raison pour lâcher prise entièrement.

- Pourquoi m'as-tu suivi ? Je t'ai dit ce que tu voulais entendre, non ? June la menteuse ne te dégoûte pas à présent ?

J'avais parlé sur le même ton que Gabriel, et mon regard se fit plus sévère, accompagné d'un froncement de sourcils. Qu'attendait-il de moi maintenant ? Il aurait mieux fait de me laisser partir, il n'aurait plus entendu parler de moi, dû moins avant un certain temps, car au fond de moi, je savais que je n'aurais pas pu m'empêcher d'aller le retrouver. Un lien spécial s'était imposé entre nous avec le temps, et ce lien, c'était bel et bien moi qui l'avait causé, c'était entièrement ma faute, car si je n'avais pas mordu Gabriel dès la première fois, on serait restés de simples connaissances. Mais je ne regrettais aucunement ce geste pour ma part, car ce lien avait quelque chose d'intense et d'unique. La seule chose que je regrettais, c'est le mal qui pouvait ressentir le jeune homme. Il n'avait pas mérité tout ça,

- Je n'ai plus rien à te dire, Gabriel, alors qu'est-ce que tu veux à la f... Hein ?

Avais-je bien entendu ? Je n'étais pas sûre, et j'en restais interloquée, ne sachant pas quelle attitude avoir, quelles paroles dire, quels gestes faire. Ca devenait incompréhensible. « Mords-moi. » Oui, mords-le... S'il te le demande... Non, il n'avait pas dit ça, impossible. Puis, si j'avais bien perçu ses quelques mots, je ne pouvais pas lui céder, il était hors de question. Avec la foule qui se trouvait derrière nous et le fait que je parlais en même temps, j'avais du mal comprendre, j'avais juste qu'à lui demander de répéter.. C'est alors qu'il se mit à me supplier. Le doute qui se trouvait en moi disparut, mais j'avais toujours su mal à y croire. Etait-il sûr de ce qu'il me demandait ? J'en restais perplexe, tellement il avait changé d'une minute à l'autre. Je ne devais pas céder, je ne le devais pas... Mords-le ! Sa main sur ma joue m'électrisa, je ne savais pas quoi lui répondre, tandis que je me mis à le regarder avec une intensité absolue, je le pris alors par la main pour l'emmener loin des regards indiscrets et soupçonneux, puis je le plaquais contre le mur doucement, laissant ma main sur son torse quelques secondes avant de la laisser retomber le long de mon corps. Je ne l'avais pas quitté des yeux, comme si par une peur soudaine qui m'atteignit, il disparaisse soudainement quand je détournerais le regard.

- Je ne devrais pas faire ça...

Ce fut les seuls mots que j'avais trouvé pour briser ce silence, et comme pour me faire pardonner à l'avance. Mon visage s'approcha du sien, mon corps frôlait le sien, je pouvais sentir son odeur enivrante, il ne fallait plus que je le morde, mais pourtant j'en avais envie, je n'avais que ça en tête... Peut-être qu'une dernière fois suffirait, juste une dernière fois avant de le laisser tranquille... Je penchais sa tête pour poser mes lèvres sur son cou, là où je l'avais tant de fois mordu, mon corps se colla à présent à celui de Gabriel. Ce ne fut qu'un baiser pour le moment, mais mon visage se transformait, et je plongeai mes crocs dans son cou, buvant le subtil nectar qu'était le sang du jeune homme...


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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Sam 25 Juin - 16:06

    La nuit venait de tomber sur la ville de Wistéria Falls, et alors que bon nombre de personnes s’apprêtaient à sortir pour profiter de leur soirée, Angel était chez elle le nez plongé dans les bouquins. Elle avait fait de ses recherches, un moyen d’échapper aux nombreuses pensées qui ne cessaient de venir la hanter. Depuis qu’elle avait découvert les morsures dans le cou de Gabriel, la peur de le perdre ne la quittait plus. Elle s’inquiétait pour lui autant qu’elle était en colère à l’idée de l’imaginer avec cette femme qui avait abusé de sa confiance. Cette vision lui faisait incroyablement mal lorsqu’elle était aux côtés du jeune homme. En sa présence, ses sentiments refaisaient constamment surface, la faisant toujours souffrir de plus bel. Loin de lui, elle retrouvait une certaine paix intérieur, elle ne ressentait plus rien, plus la moindre jalousie ou colère. Seulement cette pause n’était que temporaire et à chaque fois qu’elle revoyait Gabriel, la douleur revenait en même temps. Elle voulait être avec lui, mais le voir était douloureux. Elle se sentait trahie à l’idée qu’il ait pu tisser un lien spécial avec une autre femme qu’elle et elle se sentait tout autant coupable.

    Assise à son bureau, Angel ferma le livre qu’elle tenait dans les mains depuis déjà plusieurs heures. La prophétie visant Gabriel faisait peu parler d’elle à travers l’histoire de la magie mais il en subsistait quelques traces que la jeune femme s’efforçait de trouver. Lassée, Angel se leva et commença à faire les cents pas. Elle ignorait ou était Gabriel, qui était peut être en train de bosser sur son livre, mais l’envie de le voir ne la quitter pas. Elle désirait autant être à ses côtés qu’elle désirait le fuir pour ne plus jamais ressentir cette affreuse boule qui se formait au creux de son ventre. Elle l’aimait, ressentait le besoin d’être à ses côtés mais gérer ses sentiments ne lui était toujours pas évident. Elle avait passé plus de six ans dans le noir total, à errer plus qu’à ne vivre, a attendre que le temps passe, renonçant au bonheur, et tout à coup elle se mettait à ressentir à nouveau des émotions lorsqu’elle était avec Gabriel. Les choses étaient trop compliquées pour qu’Angel n’arrive à tout gérer, c’était trop soudain, trop inattendu et elle ne cessait de perdre pied lorsque des tas de sentiments s’emparaient d’elle. Avec le jeune homme elle connaissait à nouveau le bonheur, mais ce bonheur était à présent en danger et elle avait peur. Perdue dans ses pensées, Angel s’arrêta soudainement de marcher et jeta un coup d’œil sur l’horloge. Sans plus attendre une minute de plus, elle prit ses clés et quitta sa maison. Il fallait qu’elle sorte de chez elle mais surtout qu’elle le voit.

    Sans prêter attention au paysage environnent, aux couples qu’elle croisait, aux gens ivres et partis pour faire la fête, Angel se mit à marcher en direction du centre ville de Wistéria Falls. Elle luttait contre cette envie d’attraper son téléphone pour appeler Gabriel, lui dire qu’elle voulait le voir, car elle savait que dès qu’elle serait avec lui, elle aurait à nouveau mal. Elle l’imaginerait dans les bras d’une autre, lui offrant son sang comme il lui offrirait son âme. Cette vision lui était tout simplement insupportable, et bien qu’elle cache sa peine derrière un sourire emplie de compassion et de compréhension, il n’en restait pas moins qu’elle avait mal.
    Le portable à la main, Angel le rangea dans la poche de son jean et continua à marcher au milieu de la foule, ignorant les personnes qu’elle pouvait bien croiser. Elle passait pour une jeune femme tout à fait normale et personne n’aurait pu deviner qu’en réalité elle avait plus de six cents ans. C’était son secret à elle, un secret qu’elle partageait avec tous ceux de son espèce et qui faisait d’elle une personne différente, à part et qui n’aurait jamais une vie banale. Quand il lui arrivait de croiser des familles, rigolant avec leurs enfants, alors elle réalisait que jamais elle ne connaitrait un pareil bonheur. Puis elle continuait sa route, se disant que ce n’était pas grave, que la vie de famille n’était pas faite pour elle, et que seule l’éternité se dessinait face à elle. C’était son destin, vivre à tout jamais et voir le monde dépérir à petit feu. Elle était spectatrice d’un monde se dirigeant vers un avenir sombre, un avenir ne la concernant pas.

    Après un long moment passé à marcher sans but réel, Angel céda à la tentation et reprit son portable avant de composer le numéro de Gabriel. L’envie de le voir était trop présente mais malheureusement le jeune homme ne décrocha pas, ce qui étonna la jeune femme. Jamais il n’avait manqué l’un de ses appels, mais pourtant, cette fois-ci, il semblait être trop occupé pour prendre son appel. Angel n’insista pas et remis son cellulaire dans sa poche et continua de marcher. Elle ne se sentait pas le cœur de s’arrêter quelque part ou bien de rentrer chez elle. Croiser du monde en marchant était sa façon à elle de se soustraire à la solitude et de renier les pensées qui venaient parasiter soin esprit. A cet instant elle voulait juste ne penser à rien, se laisser aller au gré de la foule et aller là ou son chemin la conduirait. Lorsqu’elle arriva dans le quartier de la ville comportant le plus grand nombre de restaurant, elle ne put s’empêcher de repenser au dernier dîné avec Gabriel, un agréable souvenir qui s’était terminé chez elle. A cet instant elle aurait aimé retourner dans le tas, pour se retrouver dans les bras du jeune homme…. Angel s’arrêta en plein milieu de la rue lorsqu’elle vit alors Gabriel quitter un des nombreux restaurants en courant.

    - Gabriel ? Cria Angel à l’attention du jeune homme

    Le jeune homme ne sembla pas l’entendre et se mit à courir dans la direction opposée. Surprise de le voir ici, elle le suivit du regard un instant, jusqu’à ce qu’il disparaisse au coin d’une ruelle sombre…
    Sans plus attendre un instant, Angel avança de nouveau, empruntant le même chemin que celui que venait de prendre Gabriel. Arrivée au coin de la rue, elle s’arrêta à nouveau lorsqu’elle entendit la voix du jeune homme s’adresser à une autre personne.

    « Mords-moi. »

    Entendre Gabriel prononcer ces deux mots fut comme un coup de poignard pour Angel qui s’appuya contre le mur pour ne pas perdre totalement pied. A proximité de lui, ses sentiments refaisaient surface, plus insupportables que jamais. Il était juste là, à côté d’elle, avec cette femme qui l’avait mordu, et il lui demandait de recommencer. Désemparée, Angel aurait souhaité ne jamais assister à cette scène Elle avait mal comme jamais elle avait eu mal, et cette douleur lui rappelait sans cesse à quel point ne rien ressentir était finalement pratique. Appuyée contre le mur, elle garda le silence, laissant échapper une ou deux larmes.

    « June, s’il te plait… »

    Le nom qu’il prononça fut la goutte qui fit déborder le vase car Angel comprit aussitôt qui était l’interlocutrice de Gabriel, celle à qui il demandait, voir supplier de se faire mordre. A ce moment là, une vague de colère submergea la jeune femme qui eut du mal à réaliser ce qu’il était en train de se passer. L’homme qu’elle aimait était en train de s’offrir à June, le nouveau toutou de son mari qui abusait de l’amitié de Gabriel sans le moindre état d’âme. Lorsqu’Angel réalisa cette triste vérité la mettant dans une colère noir, elle n’attendit pas son reste et pénétra à toute vitesse dans la ruelle sombre ou seuls Gabriel et June se trouvaient. La vision de ces derniers, l’un contre l’autre ne fit qu’accroitre sa colère et son chagrin. Se laissant dominer par sa fureur, Angel se précipita sur June, l’attrapant par le cou pour l’éloigner de Gabriel. Folle de rage mais gardant un calme serein, elle plaqua la jeune femme contre le mur, la soulevant du sol.

    - Donnes moi une seule bonne raison de ne pas te tuer June.

    La voix d’Angel était emplie d’une colère qui ne lui ressemblait pas, elle si calme et si neutre habituellement. Six cents ans qu’elle n’avait pas ressenti une telle fureur et à cet instant elle se savait capable du tout. Elle ignora volontairement Gabriel du regard, ne se sentant pas capable d’affronter celui qui la faisait tant souffrir.

    - C’est ta façon de me faire payer ? C’est ça ?! Demanda Angel en resserrant son emprise sur le cou de June.

    Elle tenait la vie de la jeune femme entre les mains et se moquait totalement de tuer le jouet de Devon.
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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Dim 26 Juin - 13:53

Cela faisait deux jours que Gabriel n'avait pas mit le nez dehors, et qu'il refusait de voir qui que ce soit. Enfermé dans la chambre d'amis de la villa d'Angel, il se transformait en courant d'air pour se chercher à manger, puis refermait la porte derrière lui.
Le soir de la veille, le jeune homme s'était posté sur le rebords de la fenêtre de la chambre, il observa la Lune toute la soirée jusqu'à s'endormir, là, la tête tombante sur son épaule, à moitié à l'extérieur. A son réveil, il sentit les rayons du Soleil caresser son visage, une légère brise le rafraîchissait. Il respira un grand coup, ses yeux s'aventurèrent à tenter d'observer l'astre solaire, sa main sur servant de visière. A cet instant, il se sentit vraiment vivant, il se sentait renaître. Alors, il fut pris d'un soudain vertige. Il s'éloigna de la fenêtre grande ouverte, comme par peur de tomber, et tomba assis contre le lit. Un violent tremblement le parcourut le long de son échine, créant un violent pincement au niveau de son cœur lorsqu'il y passa. Son visage trouva refuge dans la paume de sa main tendis que quelques larmes lui échappaient. « C'est ça, être vivant », lui répétait une voix au fond de son crâne. Sous le choc de sa découverte, Gabriel se laissa aller à une courte crise de larmes, pluie salée qu'il retenait depuis trop longtemps alors que son cœur explosait. Il s'en fichait ; seul, assis par terre au milieu de la chambre, personne ne pouvait le juger. Et quand bien même il y aurait eu une tierce personne avec lui, il n'aurait pas su refouler à nouveau cette envie de tout lâcher.
On frappa à la porte. A la voix qui lui demandait s'il allait bien, Gabriel reconnut Angel. Sans prendre le temps de lui répondre, il se leva rapidement et essuya ses larmes. Ses yeux étaient rougis, mais il ne s'en inquiétait pas. La porte s'ouvrit sur cette femme qu'il aimait tant. Et à peine eut-elle posé un pied dans la chambre qu'il s'approcha et la prit dans ses bras avant de l'embrasser. Il semblait tout à coup particulièrement heureux, sûrement ne pourra-t-elle jamais comprendre pourquoi.


***

… Comment pouvait-il lui faire ça ? A cet instant, Gabriel se vit comme il avait espéré ne jamais finir, là, prêt à faire du charme, à tout user, pour avoir ce qu'il désirait. Pour se faire mordre. Il suppliait presque June du regard. Il savait qu'il n'accepterait pas le moindre refus ; il insisterait jusqu'à ce qu'elle accepte, ou qu'elle n'use de la force pour lui faire lâcher prise. Mais il voulait être mordu, et il allait l'être, point final.
Finalement, ils s'enfoncèrent dans la ruelle sombre. Pourtant, aucun sourire satisfait ne s'affichait sur le visage du jeune homme. Son fond intérieur était rongé par la culpabilité et les remords vis à vis d'un acte qui n'était pas encore commis. Il existait encore cette petit voix qui lui murmurait qu'il était encore temps de faire marche-arrière, de reprendre ses esprits et partir avant qu'il ne soit trop tard. June, lorsqu'elle lui avoua qu'elle ne devrait pas jouer le jeu, ouvrait même une porte vers cette échappatoire. Une occasion qu'il aurait pu saisir, et qui lui échappa. Elle s'envola, partie aussi vite qu'elle était arrivée, balayée de l'esprit de Gabriel quand il sentit June s'approcher de lui. Son corps si près du sien, son visage ne se trouvait qu'à quelques centimètres ; il sentait le souffle de sa respiration frôler sa peau, sa chaleur traverser ses vêtements et étouffer ses remords. Il se mordit la lèvre, en proie à un mélange de nervosité, d’excitation et d'impatience, tandis que la jeune femme se penchait vers son cou. Un frisson au contact de la caresse de ses lèvres fut soudainement échangé contre une intense douleur. Sa bouche s'ouvrit par automatisme, mais aucun son n'en sortit. Son visage était crispé par le mal, mais au fond il aimait tellement ça. Sa main posée sur la tête de June glissait entre ses cheveux bruns, l'autre serrait sa hanche dont il s'était emparé il ne savait quand.

A peine commençait-il à entrevoir le plaisir que procurait cette morsure que June fut arrachée à Gabriel. Ses crocs solidement plantés s'extirpèrent brutalement. Son seul réflexe fut d'essayer d'attraper June, un « Non ! » de désespoir traversant ses lèvres. Qu'on la lui rende, au moins le temps qu'elle finisse, semblait-il demander ainsi. Mais la douleur au creux de son cou s'empara de lui, un cri de douleur lui échappa tendis que sa main se posait sur ses plaies. Un filet de sang s'échappait des deux orifices perçant sa chair ; le col de sa chemise, auparavant blanc, se teinta de rouge. Le monde se mit à tourner autour de lui ; la douleur et ce choc brutal créèrent un vertige dont il mit quelques secondes à se défaire.
Appuyé contre un mur, comme pour s'éviter de tomber, Gabriel releva les yeux. Il vit June soulevée du sol et tenue par le cou par une silhouette qui lui était si familière ; Angel. Gabriel réalisa dans qu'elle situation il était, et qu'il allait y perdre des plumes, mais en revanche il ne comprenait pas la scène qui se déroulait sous ses yeux, sauf peut-être qu'elles semblaient se connaître et que June était dans une posture critique. Un instinct sorti de nulle part lui dicta d'aller aider la jeune femme, mais il hésita un instant ; il comprenait qu'il était la victime d'un véritable syndrome de Stockholm en version junky, et que la seule raison le poussant si vivement à secourir June était le fait qu'elle était son « fournisseur »...

Gabriel réalisa qu'il ne faisait pas le poids face à l'Angel furieuse qu'il avait face à lui. Mais il ne supportait pas de rester là sans réagir, sans rien faire, et encore moins que June soit blessée.

« Angel, lâche là ! »

Le voilà lancé, ne restait plus qu'à trouver quoi dire ensuite. Mais il réunit tout son déterminisme pour l'aider à trouver les mots.

« Tu te trompes de cible. »

Et son cou qui lui faisait souffrir le martyr, sur lequel il appuyait toujours plus, comme si cela changerait quoi que ce soit. C'était plus particulièrement cette douleur qui lui inspirait ses paroles.

« Angie, c'est moi qui lui ai demandé... C'est moi seul qui ai replongé ! »

Il tenta d'ôter sa main des plaies quelques secondes ; un gémissement de douleur lui échappa, il se ravisa.
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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Mar 28 Juin - 16:33




→ A. Gabriel Prescot & June L. Salander ft Angel Skypes-Ayrton« Dis-moi, faim ou soif..? »



Ce breuvage si doux et si bon s'écoulait entre mes lèvres, dans ma gorge, jusqu'au plus profond de moi-même. Ce n'était pas la première fois que je mordais Gabriel, mais je ne me lasserais sans doute jamais de son sang. C'était comme si j'étais éprise de lui, mais d'une façon bien spécifique et différente que ce que l'on pouvait imaginer. La véritable question était si je pouvais réellement m'en passer. Cette dernière fois, comme je me l'étais promis quelques minutes plus tôt, allait-elle me suffire ? Je n'en savais rien, et je préférais ne pas y penser pour le moment. Je prenais à chaque fois du plaisir en le mordant, oubliant tout ce qui pouvait se trouver autour de moi, ou plutôt nous, en comptant Gabriel. J'étais collé à lui, je sentais son odeur, tout comme je sentais ses mains qui m'avaient prises pour me serrer encore plus. Mon esprit était uniquement concentré sur ce que je faisais, et rien ne pouvait m'y détourner, chose qui n'était absolument pas un avantage pour aujourd'hui. Je ne l'avais pas entendu arriver, tous mes sens sans exception étant rassemblés dans cette fusion que j'avais avec Gabriel, et je ne compris pas ce qui se déroulait quand je me sentis enlever et quasiment arracher des bras de l'humain, sa chaleur fut brusquement remplacé par une froideur soudaine. J'avais à présent le vide sous mes pieds, mon dos était plaqué contre la paroi de l'immeuble qui accédait à cette ruelle, des doigts se trouvait crispés sur mon cou, et mes mains, instinctivement, se portèrent sur ce bras. Angel. Je ne pus m'empêcher d'avoir un rictus rien qu'en voyant son visage rempli de colère, qu'elle contrôlait avec peine. Mon visage reprenait doucement sa forme initiale, du sang s'échappant du coin de mes lèvres et coulant le long de mon menton. Elle semblait de marbre et sûre d'elle, mais je saisissais ses moindres tremblements. Je ne la quittais pas des yeux, et je devais réfléchir à deux fois et tourner sept fois la langue dans ma bouche avant de dire quelque chose, car je connaissais sa force. On était de nature semblable, mais son âge, bien plus élevée que le mien, lui donnait considérablement plus de force que moi. Son état actuel n'était pas au beau fixe, sa tension et sa colère étaient tellement palpables que cela devenait une raison de plus pour ne pas dire quelque chose qui pouvait lui déplaire si je ne voulais pas être gravement blessée, ou même tuée. La voix d'Angel s'éleva, perçante et désagréable à mes oreilles, déchirant le silence qui s'était installé, me demandant de lui donner une raison de ne pas me tuer. Ma réponse fut aussi cinglante que sa question.

- Tout simplement parce que je ne l'ai pas tué.

Et mon intention n'était pas de le tuer. J'entendis au loin la voix de Gabriel. C'est alors qu'une pensée me traversa l'esprit, telle la foudre qui tombe. Il m'avait trahie. Il m'avait demandé de le mordre , il m'avait même supplier en apercevant ma réticence, alors qu'Angel était dans le coin, ils avaient sûrement arranger cela pour me prendre sur le fait. Pourquoi m'avait-il piéger ainsi ? Il commençait à m'énerver, à vouloir jouer le héros et à demander à celle qui tenait ma vie entre ses mains de me relâcher. Je n'aurais pas cru capable Gabriel de ce genre de chose, mais apparemment, même en le plus sage des anges, il fallait se montrer méfiant. Je me reconcentrais de nouveau sur Angel, qui avait repris la parole. Je ne me débattais pas alors qu'elle resserrait son emprise autour de mon cou, cela n'aurait servi à part peut-être le fait qu'elle brise mon cou.

- Pourquoi me pose-tu la question alors que tu connais la réponse ? Ce que tu as fait pendant toutes ces années était puéril.

Je n'avais aucune raison de la juger sur ces faits et gestes, car je me doutais bien que le choix qu'elle avait fait avait été difficile à prendre, mais elle avait fait le mauvais choix en se faisant passer pour morte. La vérité finissait toujours par éclaté, même 600 ans après, et elle était d'autant plus dur à accepter au fur et à mesure que le temps passait. Ce pourquoi je pensais qu'elle aurait mieux fait de tout dévoiler au début, cela aurait changé beaucoup de choses. Je n'aurais peut-être jamais rencontré Devon, et si je l'avais rencontré, il ne m'aurait peut-être pas transformé en être hybride comme je l'étais aujourd'hui. On ne sait pas ce qui ce serait passé si Angel n'aurait pas fait le choix qu'elle avait jugé indiscutable et évident, mais une chose était sûre, dû moins pour moi : cela aurait été nettement mieux. Mon avis comptait peu, je le savais, et c'était pour cela que je ne disais rien. Le flot de toutes ces années me submergea, mais je ne plongeai pas dans la tristesse ni dans le passé, il ne fallait pas. Mon regard quitta celui d'Angel pour rencontrer celui de Gabriel. Je ne comprenais plus. Pourquoi disait-il que c'était lui qui m'avait demandé de le mordre ? Si ça avait été un piège, il ne prendrait pas la peine de le lui dire car cela aurait fait parti de leur plan. Cela voudrait dire qu'Angel nous aurait pris par surprise ? Mais il avait une chance sur l'infini que cela se reproduise, et pourtant, elle se trouvait là, face à moi, pleine de colère. Ma propre colère contre Gabriel s'envola, tout comme mon corps commençait à se raidir, à force de ne plus toucher le sol.

- Lâche-moi, murmurais-je furieusement à l'attention d'Angel, sachant que si elle s’exécutait, ce n'était pas parce que je le lui avais demandé, mais simplement parce que Gabriel l'avait fait.


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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Jeu 30 Juin - 19:59

    Après avoir passée plus de 600 ans à avoir eu pour objectif de retrouver un jour son âme, Angel commençait à se demander si finalement en être dépourvue n’était pas un avantage. Cette situation l’avait en réalité préservée de tas d’émotions parfaitement indésirable tel que le chagrin ou la colère. Deux sentiments qu’elle ressentait, à présent, plus intensément que jamais, provoquant en elle un véritable ouragan. Ce n’était plus de la colère mais de la rage. En cet instant elle détestait Gabriel autant qu’elle l’aimait et elle se sentait totalement incapable de faire preuve de discernement. Sa colère, elle l’exprimait envers June, le jouet de Devon, une Hybride stupide et se croyant suffisamment maligne pour jouer les effrontées. Certes elle n’avait pas tué Gabriel, mais elle l’avait plus ou moins condamné à devoir combattre cette drogue qu’était devenue la morsure d’un Vampire. Elle avait fait de lui un drogué attendant sa dose de sensation, et ça, Angel n’était pas prête d’oublier ou de pardonner. A présent un seul désire guidait son esprit, celui de tuer June. Oui, elle en avait envie… Serrer sa main sur le cou de la jeune femme et lui arracher le cœur… Elle en rêvait, ça la démangeait, mais Angel garda son self contrôle, même si à présent, cacher sa colère était devenu parfaitement impossible.

    - Parce que tu ne l’a pas tué ? Demanda Angel d’une voix froide. Tu crois peut être que ce que tu as fait est mieux ?

    Furieuse, Angel ignora la voix de Gabriel, se concentrant uniquement sur June. Elle ne voulait pas le regarder, ça faisait trop mal… L’ignorer était tout simplement plus facile, ça évitait de réveiller cette profonde douleur en elle, celle causée par l’image du jeune homme dans les bras de June, en train de se faire mordre… A cette pensée, Angel ne fit que resserrer son étreinte, façon à elle de se concentrer sur June et non sur Gabriel.
    Quoi qu’il en soit, Angel ne tarda pas à avoir la réponse à sa question. Tout était une question de vengeance… June s’était vengée du mal causée par le « retour d’Angel ». Cette dernière n’était pas vraiment étonnée, seulement elle n’avait pas prévu que June serait assez suicidaire pour s’en prendre à Gabriel. Elle avait osé s’en prendre à celui qu’elle aimait, une erreur qui était impardonnable….

    - Pauvre idiote… Par souci de vengeance tu t’en prends à Gabriel… Tu cherches quoi ? La mort ? Tu sais à quel point il me serait facile de t’arracher le cœur… Et tu dis que c’est moi qui aie fait des choix puérils par le passé ? Moi au moins j’assume mes actes sans avoir besoin de faire souffrir une tierce personne qui n’a rien à voir la dedans. Si j’ai un problème je la règle directement avec la bonne personne. Tu as fait une grosse erreur…

    Angel se moquait totalement de l’avis de June. Le choix qu’elle avait fait, elle l’avait en connaissance de cause et ce dans le seul but de protéger son mari. Depuis de l’eau avait coulé sous les ponts, il avait rencontré June, et voilà que cette dernière se mêler d’une chose ne la regardant pas du tout.

    - Pour ce qui est de mon passé et de mes choix, tu n’a rien à dire. Penses ce que tu veux, je m’en moque, tu n’étais pas à ma place, jamais tu comprendras.

    Désormais, Angel était face à un choix. Elle pouvait assouvir son désir de tuer June, tout comme elle pouvait la lâcher et lui laisser la vie sauve. Pour la première fois depuis qu’elle s’était attaquée à June, elle posa son regard sur Gabriel. Il n’avait pas fière allure avec sa main recouvrant son cou dont du sang s’échappait à cause de la morsure.

    - Pourquoi… Lui demanda-t-elle dans un faible murmure.

    Elle voulait comprendre, savoir pourquoi il avait choisis June plutôt qu’elle. Pourquoi il avait préféré se faire mordre, perpétrer ce lien avec une autre au détriment de leur histoire. Pourquoi il lui avait menti au lieu de lui dire que la tentation était encore la. Pourquoi il avait décidé de la revoir… Tant de questions qui déchiraient Angel au plus profond de son être. Elle n’avait plus d’âme mais elle souffrait comme jamais. Elle avait mal et rien que l’image de Gabriel dans les bras de June lui déchirait le cœur.
    Elle était en colère contre lui, contre June, mais au final elle était fautive de toute cette histoire. Cette situation découlée de ce qu’elle avait fait par le passé… Une fois de plus, elle ne put s’empêcher de penser que sans elle rien ne serait arrivé. Devon se serait marié à une autre, June serait restée Humaine, et Gabriel n’aurait pas de prophétie sur le dos. Elle était le monstre en cause, celle qui était la cause de se désastre et pour la première fois depuis longtemps, elle se demanda si finalement son existence ne devait pas prendre fin... Elle avait vécu plus de 600 ans… Peut être n’avait elle plus rien à attendre de la vie… récupérer son âme ? A quoi bon ? Elle ne ferait que souffrir davantage en se sachant responsable de tant de maux sur cette terre…

    A cet instant, Angel comprit et lâcha June dont les pieds retrouvèrent la consistance du sol. Sans un mot, le regard dans le vide, elle fit quelques pas en arrière. Être ici, en présence de June et Gabriel était pour elle un juste retour à la réalité. Finalement la coupable ici c’était elle, et non pas l’homme qu’elle aimait, ou même celle qui l’avait remplacé dans la vie de Devon.

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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Ven 1 Juil - 9:16

Face à la scène qui se déroulait sous ses yeux, Gabriel ne savait pas quoi faire. Il y assistait, impuissant, frustré. Ses paroles ne semblaient pas faire le moindre effet, et il comprenait que de simples mots difficilement articulés ne pouvaient décidément pas faire le poids face à la colère d’Angel. De toute manière, elle ne devait sûrement pas accepter de l’écouter. Pourquoi ferait-elle attention au misérable humain qui lui brisait le cœur ? Si seulement il avait résisté… S’il n’était pas tombé dans le piège la première fois, rien ne se serait passé ! Et bien qu’il sache pertinemment que ressasser le passé et se morfondre dans les regrets ne servait à rien, il ne pouvait pas s’en empêcher. Il s’en voulait tellement. Alors, il n’insista pas et laissait les deux jeunes femmes dans leur confrontation, s’inquiétant avant tout pour June et la main d’Angel qui semblait se resserrer sur son cou. Son corps se raidissait, et bien qu’elle soit bien moins fragile et frêle qu’elle n’en avait l’air, Gabriel savait qu’elle pourrait quand même mourir, à cet instant, si Angel le décidait. Lui, il ne pouvait rien faire, et ça le rendait malade. Il était incapable d’aider June tout autant qu’il serait inutile qu’il tente de calmer Angel. Sur le côté, il avait d’autant plus d’occasions de penser à son erreur et s’accabler de tous les maux. Il était la cause de tout ceci, car il était trop faible… Intérieurement, il était fou de rage contre lui-même. Son esprit se frappait contre les parois de son crâne, il lui semblait presque tout à fait juste que son cou lui brûle autant. Oui, il se flagellait véritablement de l’intérieur, tandis que son visage était emprunt à une expression de tristesse profonde. Il avait absolument tout gâché, tout perdu ; l’amour d’Angel et l’amitié de June, après cet instant, ne seront plus que du passé.

Sans s’en rendre compte, Gabriel avait ôté sa main de son cou. Sa paume était pleine de sang, mais il semblait que la plaie avait cessé de saigner, bien que sa chair le brûlait encore atrocement. Mais à vrai dire, cette douleur ne l’atteignait plus. Un vide s’était créé au fond de lui lorsque qu’Angel tourna enfin la tête vers lui. Dans son regard, il avait deviné une telle tristesse que le fait d’en être la cause devint un poignard que l’on tournait dans son torse. Et cette douleur surpassait toutes les autres…
Finalement, Angel lâcha June. Gabriel eut envie d’accourir vers elle, vérifier qu’elle allait bien. Mais après un pas, il se ravisa soudainement ; il ne pouvait pas, sans quoi il donnerait l’impression de prendre parti. Il ne pouvait pas briser le cœur d’Angel plus qu’il ne l’avait déjà fait en ayant de la compassion pour sa rivale. Il adressa un regard désolé à June, ce n’était pas contre elle, mais la situation était déjà critique. Puis son attention glissa sur Angel. Il les observa, l’une et l’autre, plusieurs fois, comme emprunt à un doute, victime d’un choix qu’il devait faire. A vrai dire, il réfléchissait. Angel lui avait demandé pourquoi, et il se devait de lui répondre, mais pour cela il devait retrouver ses esprits. Ce qui était impossible en la présence de June. Lorsqu’elle se trouvait à proximité, son attention de focalisait sur elle automatiquement, c’était plus fort que lui. Alors il fit quelques pas vers Angel, sachant qu’elle allait sûrement se reculer ; elle avait toutes les raisons du monde de ne pas vouloir être face à lui. Lui aussi, s’il le pouvait, il préfèrerait s’échapper. Mais il ne le pouvait pas ; ses actes, il devait les assumer. Sa juste punition était de répondre à sa question.

Il chercha quoi dire durant une poignée de secondes, il hésita à trouver un bobard. Une option qu’il abandonna vite. Il ne pouvait pas lui mentir. N’avait-il pas l’air assez dégueulasse comme ça ? De toute manière, elle le connaissait trop bien, elle savait qu’il était un piètre menteur.

« La vérité, c’est que j’ai passé ma vie à chercher votre monde, et maintenant, ça me bouffe. Je ne suis pas assez fort. Je comprends pourquoi on m’en avait tenu éloigné désormais. »

Son regard glissa sur June, et s’en détourna bien vite.

« Maintenant, j’y suis lié à jamais, malgré moi. »

Il fit un pas vers Angel, espérant qu’elle n’allait pas se détourner de lui. Mais avant qu’elle ne puisse lui échapper, il lui attrapa le bras. La voir le fuir lui était si douloureux…

« En réalité, je ne suis pas à la hauteur, Angel. Je te fais du mal, contrairement à ce que je t’avais promis. Alors, je crois que pour ton bien, je dois quitter ta vie pour le moment. Faute de pouvoir quitter ton monde désormais. Peut-être qu’un jour j’aurai appris à en faire partie. »

Etrangement, ces mots lui faisaient mal, tant et si bien qu’il lui semblait que son cœur s’était arrêté de battre pour pouvoir les prononcer sans craquer au milieu d’une phrase. Mais il lui semblait que c’était la meilleure chose à faire. Si c’était avec lui qu’Angel recouvrait des sentiments, il devait être plus fort que ça afin de ne pas la faire autant souffrir.
Il déposa un baiser sur son front, tendrement. Il aurait aimé lui murmurer un « je t’aime », mais il se ravisa ; comment pourrait-elle gober ça après ce qu’il lui avait fait ? Puis il la lâcha. Il fit quelques pas vers June, lui fit un signe de la tête, quelque chose entre le « au revoir » et l’adieu. Il s’éloigna enfin, mains dans les poches, tête basse. Alors un violent pincement lui tordit le cœur, un pincement qu’il s’efforça d’ignorer. Il devait avancer.


Dernière édition par A. Gabriel Prescot le Dim 3 Juil - 17:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Ven 1 Juil - 18:39




→ A. Gabriel Prescot & June L. Salander ft Angel Skypes-Ayrton« Dis-moi, faim ou soif..? »



Je n'avais qu'une envie, qu'Angel me lâche. Sa main était telle un étau autour de mon cou, se resserrant petit à petit, mais je savais que la fatalité n'arriverait pas. Elle n'allait pas me tuer, pas maintenant. Comment pouvais-je être si sûre de moi ? Par le simple fait qu'elle l'aurait déjà fait. On savait toutes les deux qu'elle était bien plus forte que moi, puis elle me dominait, ayant un contrôle complet sur moi en ce moment. Elle n'avait qu'à faire un seul geste pour que je meure entre ses mains, car j'étais sans défense. Pourtant, j'avais une folle envie de me débattre, de me libérer, de bouger mes membres engourdis et d'exprimer ma haine envers Angel. Celle-ci semblait rester calme, malgré la colère qui transperçait ses yeux d'une façon surprenante. N'importe qui aurait baissé les yeux ou aurait eu peur au point de la supplier de le lâcher et de lui laisser la vie sauve, mais je ne voulais pas faire preuve de faiblesse, surtout devant l'ancienne femme de Devon. J'éprouvais cependant une peur, car elle m'impressionnait malgré tout. Sa force, son contrôle d'elle-même, sa rage qu'elle refoulait à chaque fois, tout cela m'impressionnait. Il ne fallait pas que je la provoque, car ce serait la goutte d'eau qui ferait déborder le vase, je n'en doutais pas un instant, mais malheureusement j'en avais la folle envie, comme pour voir jusqu'où étaient placés les limites d'Angel.

- Estime-toi heureuse, car au moins tu ne l'as pas perdu à jamais, lui.

Je lui avais lancé une réponse cinglante, ne mâchant aucunement mes mots. Je savais ce que j'avais fait à Gabriel, et je n'en étais pas fière, surtout depuis le jour où j'avais appris à mieux le connaître et à l'apprécier pour ce qu'il était vraiment, c'est-à-dire pas pas en tant que la personne proche d'Angel mais en tant que Gabriel Prescot, tout simplement. Je l'avais malmené, j'en avais conscience, et à chaque fois que je le mordais, je le plongeai encore plus dans une dépendance vis-à-vis de la sensation de morsure, mais même quand je prenais du recul, il était toujours là, de plus en plus demandeur, et je ne savais pas mettre de barrière, cédant ainsi à Gabriel, mais aussi à ma propre envie, mettant de côté mes remords qui étaient de plus en plus grands après chaque fait accompli. Le discours d'Angel me donna envie de rire, mais ça s'étrangla dans ma gorge. Je ne pus m'empêcher de la contredire, crachant presque mes mots tellement la colère grandissant en moi.

- C'est toi qui dit ça ? Tu t'es caché de celui que t'aimais pendant tout ce temps, tu savais qu'il souffrait, mais tu ne faisais rien. Sa souffrance a dévié sur moi. Tout le monde a souffert de cette situation, directement ou non. Tu assumes tes actes et tu ne fuis pas seulement que quand ça t'arrange !

J'essayais de reprendre mon calme, mais j'étais tellement énervée contre Angel que j'avais du mal, mais je réussis cependant. Ma respiration, qui était devenue saccadée, repris sa régularité, mais mon regard n'avait pas changé, lançant toujours des éclairs à mon interlocutrice. J'avais décidé de ne pas lui en dire plus, mais j'en avais dit assez pour qu'elle puisse se rende compte que sa décision datant de plus de 600 ans n'était pas adéquate. Le fait qu'elle soit toujours en vie fut un choc pour les Vampires, mais si on l'avait su, c'était par surprise et par pur hasard, et non parce qu'elle avait décidé de nous le dire et de se montrer. Elle aurait pu rester caché dans le secret de tous pendant encore un certain nombre d'années. Je ravalais ma colère qui me retraversa à cette idée.

Enfin, elle me lâcha. Mes pieds retouchèrent le sol brutalement, ce qui fit céder mes jambes de quelques centimètres mais je me rattrapais au mur. Automatiquement, je portais une main sur mon cou, le massant un peu pour enlever la douleur et cette sensation de pression qui restait encore. Un mouvement attira mon oeil et je levais les yeux vers Gabriel, qui se tenait un peu plus loin. Je l'observais, un moment de panique m’assaillit, j'avais oublié qu'il était là pendant ma discussion déplaisante avec Angel. Il avait entendu ce qui avait été dit, sur la réelle et première raison du pourquoi je m'étais autant rapprochée de lui. C'était terrifiant de voir à quel point le regret me rongeait de l'intérieur. Je voulais lui parler, ma bouche s'ouvrit mais aucun son, aucun mot, ne sortit, alors je la refermais doucement, mon visage se montrant désolé. Il se mit à parler à Angel, qui avait reculé de quelques pas, s'éloignant ainsi de moi, m'aidant à mieux reprendre mon souffle. Il s'était rapprochée d'elle, ce qui fit qu'elle réapparut dans mon champ de vision, et tous les deux semblaient au plus mal. Il se retourna un court instant vers moi et je croisais son regard, ne sachant pas à quoi m'attendre. Ce lien, c'était moi qui l'avait créé, et je pensais le briser par la suite, ne pensant pas qu'un jour je pouvais le considérer comme un ami. Maintenant, je n'en avais aucune volonté. Gabriel prenait tout à son compte, alors qu'au final il était seulement la victime. Tout ça n'était pas sa faute, mais il en prenait la responsabilité. Mon regard s'abaissa sur ma morsure, dans son cou, où son sang s'échappait encore un peu. Mon regard s'abaissa rapidement, car si je me concentrais sur cette morsure et ce sang, je voudrais le boire et je ne savais pas si j'arriverais à me contrôler pour ne pas me jeter sur lui. Quand je relevais ma tête, Angel était seule. Regardant dans la direction opposée, je vis Gabriel partir. Immédiatement, je fus à ses côtés.

- Arrête de prendre les responsabilités des autres à ton compte. Et ne fais pas de choses que tu pourrais regretter.

Cette dernière phrase désignait en partie Angel. Je savais que j'étais la défaillance de leur relation, ce que je ne regrettais absolument pas car j'avais réussi à faire souffrir cette femme mais cela m'avait suffit. J'aurais pu lui dire simplement de ne pas laisser Angel, mais étant donné qu'elle se trouvait à peine à quelques mètres derrière nous, je préférais ne pas être trop direct. Il y avait une chose sur deux pour que Gabriel comprenne le sens de mes dires, mais peu importe. Sur ces paroles, je replongeais dans la foule nocturne, me mêlant au monde sorti cette nuit. J'étais fatiguée par cette rencontre, je ne savais pas quand je les reverrais, l'un comme l'autre, mais j'avais besoin de ne plus y penser. Je disparus au coin d'une rue.


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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Sam 2 Juil - 6:41

    Angel était totalement perdue dans le fil de ses pensées. Les paroles de June concernant le choix qu’elle avait fait vis-à-vis de June n’eurent pas l’effet désiré. Angel ne fut pas blessée, car par le passé elle s’était retrouvée seule face au choix le plus difficile qu’elle avait eu à faire. Seule, elle avait fait le choix de se tenir éloigné de Devon. Pourquoi ? Pour le protéger des dangers de la vie qu’il menait. Angel avait compris que pour commencer, son époux ne se pardonnerait jamais d’avoir fait d’elle un monstre dépourvu d’âme, mais qu’en plus il n’accepterait jamais de vivre loin d’elle malgré les risques que cela signifiait. Incapable d’offrir l’amour que Devon attendait, et le mettant en danger, Angel s’était donc tapis dans l’ombre, veillant secrètement sur son époux. Son choix n’avait peut être pas été le meilleur, mais elle l’avait en connaissance de cause et dans le but premier de protéger Devon. A présent, elle se moquait qu’une petite Hybride critique son choix, car comment pouvait-elle comprendre une situation qu’elle ne vivrait jamais. June n’aurait jamais à faire ce choix, jamais elle ne serait confrontée à une telle situation, alors comment aurait-elle pu comprendre une chose qui lui échappait ? L’ignorance plonge les gens dans des hypothèses qui souvent s’avèrent fausses. June était probablement de ces personnes qui auraient répondu « Oui mais si j’avais été à ta place j’aurais…. » Seulement avec le mot « si » on pourrait refaire le monde… Il exprime seulement un regret, et même après 600 ans, Angel ne regrettait pas son choix. Mais comment faire comprendre ça à une Hybride n’ayant pas le recul nécessaire pour comprendre ? C’était tout simplement impossible, mais Angel se fichait de faire comprendre ou non son choix à June. Cette Hybride n’était rien à ses yeux, même si elle avait cru en elle pour parvenir à alléger le cœur de Devon. Finalement, et à en croire ses paroles, elle avait laissé tombé au premier obstacle. Peut être qu’Angel avait surestimé l’amour de June envers son mari…

    A présent qu’Angel avait relâché June, cette dernière commençait à ressentir le besoin de s’éloigner de cette scène qui ne cessait de la torturer. Gabriel éprouvait de la compassion pour June, cela se voyait à son regard, à cette hésitation à se diriger vers l’une ou vers l’autre. Il hésitait entre celle qui lui faisait du bien en lui faisant du mal, et celle qui l’aimait… Cette hésitation fasse à ce choix ne fit que redoubler le chagrin d’Angel qui se sentait trahi. Les mots du jeune homme résonnèrent dans son esprit… Qui lui avait permis d’entrer dans ce monde ? Angel… A cause de qui s’était-il brûler les ailes ? Angel… A cause de qui Gabriel se retrouvait victime de la vengeance de June ? Angel… Elle était l’origine de tous les problèmes du jeune homme et ça, elle n’était pas certaine de pouvoir se le pardonner un jour… Cette histoire allait bien au-delà du désire ridicule de June de se venger. Finalement, la jeune femme n’avait été que l’élément déclencheur pour montrer à Angel que l’amour n’était pas compatible avec son existence.

    Quoi qu’il en soit, Gabriel était à présent lié à ce monde, que ce soit par la magie dissimulée en lui, ou bien par le lien qui le lié à présent à June. Angel maudissait ce lien d’autant plus qu’indirectement elle en était la cause. Seulement, à présent il était trop tard pour revenir en arrière, le mal était fait et les conséquences risquaient d’être lourdes…

    A quelques mètres de June et Gabriel, Angel tentait au mieux de gérer la foule d’émotions qui ne cessait de la torturer. Finalement, ce fut Gabriel qui la sortit de sa torpeur lorsqu’il avança vers elle. Cette dernière n’eut pas le temps d’amorcer un geste de recul que le jeune homme lui attrapa le bras, la forçant ainsi à lui faire face. Les paroles de Gabriel furent comme un couteau s’enfonçant dans le cœur d’Angel, détruisant la petite étincelle qui s’était vue renaitre de ses cendres depuis qu’elle connaissait le jeune homme. Jamais encore, garder son self contrôle n’avait été aussi difficile pour la jeune femme. Souffrir en silence et ne rien montrer…. Gabriel avait raison, tout autant qu’il se trompé. Oui il devait quitter la vie de Gabriel, mais non pas parce qu’il n’était pas à la hauteur, mais pour la simple et bonne raison qu’être avec elle était bien trop dangereux. Peut être croyait-il qu’un il reviendrait à ses côtés, mais à ce moment là, Angel veillerait pour que cela ne se produise pas. Gabriel devait quitter sa vie de façon définitive, c’était la seule solution pour qu’il puisse mener une vie calme et moins dangereuse….

    Angel ferma les yeux lorsque Gabriel lui déposa un baiser sur le front, et lorsqu’elle les ouvrit, il n’était plus là, tout comme June qui l’avait suivi. Perdue dans ses pensées, elle ne fit pas attention aux paroles de l’hybride et alla s’appuyer dos au mur de la ruelle. Fatiguée, elle se glissa jusqu’à s’assoir sur le sol froid. Son histoire avec Gabriel venait de prendre fin… Elle avait du mal à réaliser que son bonheur venait de s’envoler avec l’homme qu’elle aimait. Elle l’avait perdu de la même façon qu’elle avait perdu Devon 600 ans plus tôt… Peut être était-ce l’autre partie de son châtiment pour avoir sacrifié son âme à la magie noir… Un prix qu’elle payait toujours, mais qui finalement s’avérer pas plus mal… Plus d’âme voulait dire plus de sentiments… Très bien…

    Assise dans la pénombre de la ruelle, Angel remonta ses jambes contre sa poitrine et les encercla de ses bras. Quiconque serait passé par là aurait vu en elle une personne fragile et en détresse, ignorant quel prédatrice elle était en réalité. Ses pensées étaient toutes obnubilées par une chose, Gabriel. Elle lui avait fait une promesse, celle de le protéger de cette prophétie semblant le concerner. Finalement, sortir de sa vie était le moyen le plus efficace de l’en protéger…. Et plus il resterait loin d’elle, moins elle ressentirait l’absence de son âme…
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MessageSujet: Re: Dis-moi, faim ou soif..?   Mer 10 Aoû - 11:39

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