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 What's this? • Angel & Gaby

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MessageSujet: What's this? • Angel & Gaby   Dim 5 Juin - 17:31

Gabriel Prescot &
Angel Skypes-Ayrton


« What's This ? »



« […] J'aurai aimé que tout se passe autrement, que rien de tout cela ne soit réel. J'aurai tant aimé... Mais nous savions tous deux que nous n'avions pas le choix. Je refusais de vivre sans elle, j'en étais incapable. Elle se débattait dans mes bras. Je n'avais aucun mal à la maîtriser. Pourtant elle me blessait ; mon cœur saignait de la savoir prête à mourir plutôt que de me rejoindre. Nous pouvions vivre heureux éternellement, elle et moi, pour toujours liés par le sang. Il n'existerai plus rien d'aussi fort que nous. Ni les siècles, ni les morts, ni les guerres ne pourraient avoir raison d'un amour filant dans nos veines, dernière chose nous permettant encore de vivre. Mais elle n'écoutait pas, ni mes paroles, ni mes murmures, ni mes supplications. Elle plantait ses dents dans mon bras, et la douleur parcourais mon corps jusqu'au plus profond de mon être. Mon seul souhait était de la sauver, mais elle me regardait comme un monstre ; elle avait ce regard écœuré, ces gestes de répulsion à mon égard. Elle ne voulait plus de moi, elle ne me lançait que des « Lâche moi ! ».
Après les blessures, la colère m'envahit. Ne voyait-elle pas que c'était pour elle, et uniquement pour elle, que j'étais devenu ainsi ? Comment pouvait-elle me rejeter ? Comment pouvait-elle préférer la mort ? Et alors, j'aperçus sa nuque libérée de sa chevelure de jais, nue et pâle. Je ne sentis même pas la soif m'envahir, seule ma rage guida mes crocs vers cette parcelle de son corps que jadis j'embrassais avec ardeur. Ils s'y plantèrent si facilement... J'entendais mon adorée hurler, si lointaine, et ses cris ne m'atteignaient pas.
Si elle préférait la mort, j'allais lui offrir la mort. [...] »


Il était tôt lorsque Gabriel acheva ces lignes. Son regard glissa sur l'heure en bas de l'écran de son ordinateur, et un bâillement lui échappa. Il écrivait depuis 23h30 de la veille. Il était 9h du matin. Il écrivait en pilote-automatique, sans réellement penser ce qu'il tapait, sans taper ce qu'il pensait. En fait, il radotait, il pataugeait dans la semoule, c'était n'importe quoi. C'était mauvais. Il sélectionna le texte qu'il venait tout juste d'achever, et appuya sur la touche « Supprimer ». La page redevint blanche, vierge, comme il y a cinq heures de cela. Puis, Gabriel éteignit l'ordinateur. Le ventilateur s'arrêta, et alors seulement le silence fut complet.
L'appartement était lugubre, plongé dans le noir. Les volets à demi-clos laissaient passer des rais de lumières où brillaient des paillettes de poussière accumulée depuis les jours où ce lieu avait été nettoyé pour la dernière fois. Des habits, des livres, des flyers, cartes de visite, photographies, journaux et factures jonchaient le sol, parfois tâchés de café ou de chocolat, voir même d'une grande empreinte de pied. Le parquet était visible à quelques rares endroits qui traçaient une tranchée allant de l'ordinateur à la cuisine, et de la cuisine au salon, selon l'itinéraire qu'empruntait toujours Gabriel pour aller de l'un à l'autre. Tournant sur sa chaise de bureau, il observait ce dépotoir de quatre-vingt-dix mètres carrés qui lui servait d'appartement, se disant qu'il ferait mieux de ranger un de ces jours s'il voulait pouvoir décemment accueillir Angel le jour où elle voudra venir.
Angel... La veille, ils s'étaient quittés tard après la fermeture officielle de la librairie. Les avantages d'être accompagné par la gérante. Ils avaient fait des recherches sur la prophétie une bonne partie de la journée ; la jeune femme avait même peiné à faire décrocher Gabriel de ses bouquins pour aller déjeuner. Il s'en souvenait avec le sourire aux lèvres... Il était censé y retourner le lendemain, soit ce jour même, et déjà il avait hâte de revoir Angel.
Gabriel se voyait mal aller se coucher ; il n'était pas du genre à trouver le sommeil facilement, alors pour quelques petites heures, ce n'était franchement pas la peine. Il préféra aller prendre une longue douche chaude sous laquelle il laissa son esprit vaquer ça et là, à ce qu'il voulait. Il pensait évidemment à Angel, il ne pensait qu'à elle ; il visualisait l'océan dans son regard et se souvenait des larmes qu'il avait vu en couler, il sentait la douceur de sa peau et se remémorait les baisers échangés. La vapeur autour de lui ressemblait aux nuages sur lesquels il planait. Il s'imaginait Angel tout contre lui, dans ses bras, son parfum se mêlant à l'air humide et chaud qui avait envahit la salle de bains. Il lui sembla rester des heures sous l'eau avant qu'il n'arrive à se décider d'en sortir.
Le jeune homme fut présentable, à sa manière, quand son réveil sonnait les onze heures. Il trouva l'idée bonne que d'aller déjeuner au Honey Pub. Oui, le déjeuner ne serait composé que de cacahuètes installées spécialement sur le bar pour donner soif et faire consommer, mais il était habitué à ne pas manger beaucoup plus parfois. Il n'avait seulement pas envie d'un autre repas que cela.
Une fois la porte refermée derrière lui, Gabriel fourra ses clés dans sa poche. L’ascenseur était en panne, il n'avait qu'à tout descendre à pied. Courage !

[…]

Il n'y avait pas énormément de monde, personne d'installé au bar. Pas un client ne consommait d'alcool fort : à midi, ce n'était pas vraiment le moment de boire une boisson plus forte que du vin. Balayant la salle du regard, Gabriel aperçut June qui était de service. Alors il s'installa au bar rien que pour elle. Ils discutèrent quelques minutes entre deux commandes, de tout, de rien, de la pluie et du beau temps, comme deux êtres parfaitement normaux, avant que le jeune homme ne fasse l'erreur de lui demander si elle allait bien, avec ce ton qui disait qu'il ne parlait pas que de son état normal. Quand il demandait si elle allait bien, cela sous-entendait toujours qu'il désirait savoir si elle avait besoin de son aide. De son sang. Il s'avéra qu'un passage dans l'arrière boutique fut nécessaire, et, en quelques minutes, Gabriel devenait le déjeuner qu'il était venu prendre. Aussi faible que cela le laissait d'habitude, il préféra s'acheter un sandwich plutôt que de rentrer chez lui en rampant. Encore une fois, il se répéta qu'il ferait mieux d'arrêter de jouer les donneurs de sang pour Vampire en manque, que cette fois sera la dernière. Mais il se connaissait ; au fond, cela lui plaisait. Oui, il éprouvait un plaisir malsain à être vidé de son sang...
De retour chez lui, Gabriel se laissa tomber dans le sofa, et s'endormit.

[…]

La clochette au dessus de la porte de la librairie tinta deux fois à une intervalle bien plus courte qu'à son habitude. La pluie battait le pavé et les passants comme des coups de fouet, le paysage était gris, opaque, vide. Comme machinalement, Gabriel était allé au Mystic Book faire ses recherches. Il n'avait pas prévenu Angel : cela faisait trois jours qu'il n'avait pas donné le moindre signe de vie, et lui-même ne s'en rendait pas compte.
Il essuya ses chaussures trempées et ôta immédiatement son manteau. Ses mèches sombres se plaquaient à son visage, des gouttes de pluie coulaient le long de ses tempes jusqu'au creux de sa nuque marquée de deux orifices. Il avait une tête à faire peur, le teint pâle, le regard profond. Ses gestes étaient lents, ralentis.
Comme d'habitude, le jeune homme se dirigea vers le fond de la librairie, faisant signe à ceux qui le saluaient au passage. Il y déposa son manteau sur une chaise, son sac sur une autre et ouvrit son ordinateur sur la table. D'une main dans ses cheveux, il se dégagea le visage. Il savait déjà quel ouvrage allait être sa victime aujourd'hui, et sans plus tarder il s'enfonça parmi les rayons que tous avaient maintenant l'habitude de le voir hanter. Lorsqu'il trouva le livre, qu'il tendit la main pour s'en saisir, sa couverture lui échappa. A travers le vide qu'avait laissé l'ouvrage, Gabriel aperçut une paire d'yeux bleus qu'il ne connaissait que trop bien. Un large sourire étira ses lèvres.

« Angel ! »
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MessageSujet: Re: What's this? • Angel & Gaby   Dim 5 Juin - 20:11

    La vie d’Angel avait pris un tournant décisif depuis la soirée qu’elle avait passé avec Gabriel. Au départ, elle avait pensé s’y rendre pour de nouveau aider le jeune homme dans ses recherches, puis la conversation avait amené Angel à tout avouer concernant sa nature et finalement, après des heures de discussion, un premier baiser avait été échangé, laissant place à d’autres. Repenser au doux contact des lèvres de Gabriel sur les siennes suffisait à la faire frissonner, et à chacune de ses pensées pour lui, un sourire se dessinait sur son visage. La soirée avait été très riche en émotions, et Angel avait réalisé à quel point elle tenait à Gabriel. Elle l’aimait et à présent c’était dit. Tous deux savaient ce qu’ils ressentaient l’un vis-à-vis de l’autre, même si la situation n’était pas simple pour autant. Depuis ce fameux soir, un étrange sentiment n’avait pas cessé de quitter la jeune femme. Etait-elle heureuse ? Elle l’ignorait et s’en moquait car elle se sentait tout simplement bien. Dès le moment ou Gabriel était parti, Angel avait ressenti un étrange sentiment, ne pouvant s’empêcher au moment ou elle le reverrait…
    Finalement la torture ne dura pas longtemps, car plusieurs heures après s’être quittés, ils se retrouvèrent dans la librairie appartenant à Angel. Ils passèrent la journée entière ensemble à chercher des traces de la prophétie dans les bouquins que possédait la jeune femme. De temps en temps ils s’accordaient une petite pause, échangeant un baiser ou deux dans les rayons et à l’abri des regards. Tard le soir, ils se quittèrent à nouveau en prévoyant de se voir dès le lendemain pour poursuivre leurs recherches. Finalement Angel était contente de pouvoir passer tant de temps en la compagnie du jeune homme, même si le but principal était de trouver un moyen pour savoir si oui ou non Gabriel était concerné par la prophétie. Bien entendu, Angel espérait que ce ne soit pas le cas, car l’idée de le savoir en danger la terrifié. Il ne se passait pas une seule journée sans qu’elle souhaite que tout ceci ne le concerne pas lui mais un autre. L’idée même que Gabriel puisse avoir un destin aussi tragique lui était insupportable. Elle ne voulait pas qu’il paye les erreurs de deux races…

    Réveillée à l’aube, Angel se fit réchauffer une tasse de sang chaud qu’elle dégusta tranquillement dans la cuisine. Perdue dans ses songes elle ne cessait de se demander ou était passé Gabriel. A présent ça faisait plusieurs jours qu’elle ne l’avait pas vu. Elle s’était rendue chaque matin à sa librairie, l’attendant de longues heures et poursuivant leurs recherches, mais jamais il n’était venu. La jeune femme avait passé son temps à regarder son portable, en quête d’un quelconque message de la part du jeune homme, mais rien, il n’avait donnait aucun signe de vie durant ces deux derniers jours. Sans Andy et Quinn veillant discrètement sur le jeune homme, Angel aurait été morte d’inquiétude, mais elle le savait soit chez lui soit dans un bar. Il était en sécurité et Angel ne cessait de se demander ce qu’il pouvait se passer. Deux journées sans un signe de vie, voilà qui n’était pas dans les habitudes du jeune homme, surtout depuis la soirée qu’ils avaient passé ensembles.
    Sortant de ses songes, Angel déposa sa tasse dans l’évier avant de regagner sa chambre ou elle se prépara avant de retourner à son boulot. Une fois de plus, elle s’installa à la place qu’elle avait l’habitude d’occuper avec Gabriel et continua ses recherches. Les heures défilèrent sans que Gabriel n’arrive ou ne lui fasse signe. Néanmoins elle continue de chercher, espérant intérieurement bientôt comprendre ce qu’il se passait. La journée passa à une lenteur incroyable, et lorsque la ville fut plongée dans l’obscurité totale, Angel se résigna à partir. Gabriel ne viendrait pas, encore une fois…

    Allongée dans son lit, sa chambre était plongée dans l’obscurité totale. Seuls les éclairs venaient illuminer de temps à autre la pièce où régnait un silence profond. Angel ne dormait pas et ne cessait de se demander ce qui avait bien pu se passer pour que Gabriel ne lui donne pas le moindre signe de vie. Au petit matin, la jeune femme n’avait pas réussi à fermer l’œil de la nuit et décida finalement de se lever. Sur la table du salon elle trouva un mot de Quinn. Elle s’était chargée de veiller sur Gabriel et à priori une chose l’inquiétait suffisamment pour qu’elle ait pris la peine de laisser un mot. Intriguée, Angel le prit dans sa main et regarda les deux seules mots écrits.

    « Addict… Désolée… »


    Angel ne put s’empêcher de lire et relire ce mot qui pour n’importe qui ne signifiait rien mais qui aux yeux de la jeune femme voulait dire beaucoup. Tous les Humains mordus ne l’étaient pas contre leur volonté. Certains d’entre eux étaient volontaires et aimaient ça. Au départ ce n’était qu’une simple expérience totalement étrange que testait les plus curieux, mais rapidement ça devenait une sorte de drogue et la douleur ressentit durant la morsure devenait enivrante. C’était une réaction normale pour que la proie cesse de se débattre. En principe elle était censée mourir dès la première fois, mais les humains surnommés les Addicts par les Vampires, ne mourraient pas et revenaient encore et toujours pour le plaisir de se faire mordre, de ressentir encore une fois se sentiment d’’ennivrance… Se faire mordre devenait une sorte de drogue malsaine et dangereuse.
    Angel froissa le mot dans sa main et le balança dans sa poubelle avant de regagner sa chambre pour se préparer. Quinn se trompait, Gabriel n’était pas comme ça, il ne ressemblait en rien à ses personnes adulant les vampires au point de leur offrir leur sang. Il n’était pas assez stupide pour faire une bêtise pareille et Angel raya de son esprit l’idée même qu’il puisse faire parti des Addicts.
    Une fois prête, Angel quitta la demeure ou elle vivait avec Quinn et Andy pour se rendre à sa librairie. Le temps était toujours à l’orage et la pluie n’avait pas cessé de tomber depuis la nuit. Légèrement trempée, Angel se réfugia rapidement à l’intérieur pour aller s’enfermer dans son bureau. Trois jours à attendre l’arrivée de Gabriel, à présent elle se doutait qu’il ne viendrait pas. Pourquoi ? Elle l’ignorait mais elle savait que tôt ou tard elle irait elle-même voir ce qu’il se passait. Finalement, Angel se plongea dans la paperasse administrative durant plus d’une heure et s’arrêta lorsqu’elle eu terminé. S’occuper l’esprit avait l’avantage de lui faire oublier Gabriel, et pour continuer sur cette bonne voie, elle décida d’aller récupérer un livre ou deux en rayons. La librairie était plongée dans un calme agréable et seuls quelques chuchotements se faisaient entendre. Angel n’y prêta pas attention et se dirigea d’un pas décidé vers le fond de la salle. Au passage, elle jeta un bref coup d’œil à la table qu’elle avait occupé avec Gabriel et s’arrêta brusquement en reconnaissant l’ordinateur portable. Il était ici… Angel rebroussa chemin à la recherche du jeune homme et se dirigea vers les deux rayons qui pouvaient l’intéresser. Des pas lui indiquèrent qu’il était juste derrière et elle eut juste, car elle finit par apercevoir le visage du jeune homme lorsqu’il retira un livre du rayonnage. Il semblait heureux de la voir et un sourire se dessina sur le visage de la jeune femme. Sans plus attendre, elle vint le rejoindre de l’autre côté du rayon et s’empara de ses lèvres pour lui dire bonjour. Elle réalisa alors à quel point il lui avait manqué…

    - Je commençais à me demander si…

    Angel s’arrêta soudainement, remarquant que quelque chose clochait. Il avait l’air épuisé, son teint était étrangement pale et son regard avait perdu cette vivacité qui lui était propre. Inquiètes, Angel posa sa main sur la joue du jeune homme.

    - Tu vas bien ? Tu as l’air épuisé…


    Le regard d’Angel glissa doucement vers le cou du jeune homme et se figea sur deux petites marques. Le mot laissé par Quinn lui revint à l’esprit et un mélange d’inquiétude et de colère s’empara d’elle. Il s’était fait mordre et à priori de façon volontaire… Offrir son sang à un Vampire n’était pas un acte anodin, il liait les deux personnes l’une à l’autre et cette pensée ne fit que redoubler la colère d’Angel qui s’écarta aussitôt du jeune homme sans quitter la trace de morsure des yeux.

    - Co… Qui… Commença Angel sans parvenir à formuler sa question.
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MessageSujet: Re: What's this? • Angel & Gaby   Lun 6 Juin - 18:30

Gabriel entendait avec ravissement le son des pas d'Angel venant vers lui. Elle fit le tour du rayon pour le rejoindre, mais il fut incapable de reste sur place et fit aussi quelques pas. Il ressentait toujours cette joie presque euphorique lorsqu'il la voyait, il n'y pouvait rien, sa présence le rendait toujours heureux. C'était un petit bonheur encore nouveau pour lui, qu'il ne savait pas bien gérer. L'amour et lui, ça faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas croisés. Il refaisait connaissance avec ce sentiment, il en réapprenait les habitudes... avec délice ! Qu'aurait-il pu continuer plus longtemps de vivre sans sentir son cœur battre si vite dans sa poitrine grâce à la seule présence de cet être, qu'il n'aurait rien su de cette allégresse qui envahissait chaque parcelle de son corps et de son esprit ! Qu'elle vie d'ermite à laquelle il s'était destiné, naïf qu'il était, et de croire qu'une personne comme lui, qui avait tant à donner de lui-même, pourrait demeurer aussi solitaire ? Il avait réalisé que les paroles d'Angel ce fameux soir n'étaient que trop vraies ; qu'il avait eu peur durant des années de se confronter la vie telle qu'elle est, et qu'alors il passait complètement à côté de son existence par simple souci de modestie. Désormais, il se demandait comment est-ce qu'il pourrait un jour renoncer à ce bonheur. Petit, jeune et tout nouvel amoureux qu'il était, naïf comme un adolescent qui se trouve chaque jour un nouvel amour de sa vie. Bien qu'il savait que dans leur monde, celui auquel ils appartenaient -bien plus elle que lui-, rien n'était simple. Ils ne pouvaient pas compter sur le hasard, trop tenter la chance ; le jeune homme savait que sur ce chemin il fallait être armé. Mais il venait tout juste de découvrir ce cadeau, il ne voulait pas penser à toutes ces crises possibles par lesquelles ils pourraient passer. L'avenir restait à écrire. Il voulait en être certain.

Angel arriva face à lui. Ils échangèrent un baiser, et c'est alors que Gabriel réalisa tout le temps qu'il avait passé sans la voir. Pas tant que ça, en effet, mais trop longtemps pour une relation toute neuve. Mais le pire était surtout qu'il n'avait pas daigné donner de nouvelles. La culpabilité l'envahit immédiatement. Il était aussi surpris de ne pas s'être rendu compte du temps qui était passé, ni de ne pas avoir pensé à envoyer le moindre texto à la jeune femme. Il se souvenait d'avoir vu June, d'être rentré chez lui, de s'être endormi sur le sofa... Et alors qu'il ne pensait avoir oublié de venir à la librairie qu'une seule journée, il comprit que les quelques heures de sommeil qu'il avait pensé avoir passé étaient en fait toute une journée. La morsure l'avait tellement affaibli après une longue nuit blanche que son corps avait eu besoin d'une journée entière de sommeil pour s'en remettre. Sa main se posa par automatisme sur son cou, contre les plaies, tendis qu'Angel lui faisait part de son inquiétude.

« Je sais, je suis vraiment désolé, je... »


Il ne termina pas sa phrase. La jeune femme le coupa ; elle le dévisageait. Gabriel n'avait pas conscience de sa pâleur. Il mettait ça sur le compte de son manque de sorties à l'extérieur de son appartement, et donc du manque de soleil. Quoi que, maintenant qu'il avait réalisé à quel point il avait été affaibli, il se doutait que la morsure y était pour quelque chose.
Alors, à nouveau, il se répéta qu'il allait arrêter d'offrir son sang, que June allait devoir se trouver quelqu'un d'autre, ou bien un autre tuyau pour éviter de boire le sang humain, mais que lui ne pouvait plus. Que c'était la dernière fois... A nouveau, cette pensée fut balayée de son esprit par le petit démon posé sur son épaule gauche qui susurrait à son oreille qu'il ne fallait pas rêver non plus, qu'il aimait bien trop servir de déjeuner pour arrêter. Avec dégoût, il se voyait comme une sorte de masochiste drogué ; sentir les crocs percer sa peau était une douleur exquise, et le sang lui échapper était une sensation envoûtante. Se savoir en danger, entre la vie et la mort, sa vie entre les mains d'un Vampire qui pourrait décider, s'il lui plaisait, qu'il ne lui servait plus à rien... C'était malsain, c'était risqué, c'était complètement con. Mais pourrait-il s'en passer désormais ?...

« Je vais bien, ne te fais pas de souci, Angie. Je dois manquer de somm... »


Encore une fois, Gabriel ne termina pas sa phrase. Angel, la mise décomposée, le coupa à nouveau. Elle balbutiait quelques questions en le regardant fixement. Elle s'était éloignée de lui, ce qu'il détestait. Mais au moins, il savait que lorsqu'elle agissait ainsi, quelque chose n'allait vraiment pas. Pourtant, Gabriel demeurait dans l'incompréhension. Il ne savait pas de quoi elle parlait, qu'est-ce qui la mettait dans cet état. Inquiet, il fit un pas vers elle. Il tenta de lui prendre la main, mais elle lui échappa.

« Qu'est-ce qu'il y a ? De quoi tu parles ? Angie ? »

Finalement, il vit que le regard d'Angel fixait son cou. Son cou troué, blessé, que ce nigaud n'avait même pas pensé cacher ou camoufler. Sa main se posa à nouveau dessus. Ce n'était clairement pas à un Vampire qu'il allait pouvoir faire avaler un bobard tordu pour expliquer la présence de ces marques sur sa peau.
L'air toujours aussi calme, il esquissa un sourire rassurant. Mais au fond, il se savait en mauvaise posture. Il cherchait quoi dire, mais rien ne lui venait. Il n'avait qu'à avouer la vérité, mais il redoutait tant sa réaction...

« C'est rien, je t'assure, je... »

Il soupira. Il n'avait pas le choix.

« Je connais un Vampire qui m'a dit qu'elle refusait de boire du sang humain. Que pour elle, c'était impensable. Mais qu'elle en avait quand même besoin pour survivre... Alors je... Je l'aide, juste... C'est une fille bien, je fais ça seulement pour l'aider, de temps en temps. »

Cette fois, il parvint à prendre la main d'Angel.
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MessageSujet: Re: What's this? • Angel & Gaby   Mar 7 Juin - 18:50

    Angel avait du mal à réaliser ce qu’elle venait de découvrir. Ces traces de morsures dans le cou de Gabriel ne présageaient rien de bon. Repensant au mot de Quinn, elle avait trouvait ça absurde de croire que le jeune homme pouvait faire parti de ses Humains offrant leur sang à des Vampires et ce par pur plaisir. Angel avait elle-même côtoyé ce genre d’individus par le passé, et aux yeux de ceux de son espèce, ils n’avaient d’autre valeur que celle attribuée à de la chair fraîche à porté de main. La jeune femme avait vu un nombre incroyable de personnes devenir accro à cette étrange sensation que procurait la morsure d’un Vampire. Une douleur agréable, le summum du paradoxe. Pourtant ils étaient nombreux à se porter volontaire, espérant ressentir à nouveau un plaisir malsain qui les rendait toujours plus accro. Les Addicts étaient ni plus ni moins que des drogués. Ils ne consommaient aucune drogue, mais ils étaient en demande constante de cette sensation que prodiguait chaque morsure de Vampires. Ce n’était ni plus ni moins qu’un système fonctionnant sur l’échange. Les Humains offraient leur sang, les Vampires leur offraient des sensations fortes et intenses. Angel savait également que bon nombre de fois ce système d’échange avait mal terminé. Combien d’Humain étaient mort en voulant seulement s’amuser un peu… Parfois de façon accidentelle, lorsqu’un Vampire perdait le contrôle, parfois de façon volontaire, lorsque le Vampire prenait plaisir à voir la vie quitter celui qui penser ressortir vivant et heureux.

    Angel pouvait affirmer ne connaitre que trop bien cet étrange système. Elle savait à quel point une telle pratique était à la fois dangereuse et malsaine. A présent, savoir que Gabriel s’y adonnait était pire que tout. Là il ne s’agissait pas d’un vulgaire Humain, il s’agissait tout simplement de l’homme qu’elle aime. L’imaginer en train de donner du sang à un Vampire lui était tout simplement insupportable. Angel était inquiète, mais également en colère par ce que cela impliquait. Donner son sang à un Vampire n’était pas un acte anodin, cela créé un lien particulier entre l’Humain et le Vampire. A cette pensée, un sentiment de jalousie s’empara de la jeune femme, pas qu’elle était envieuse de la personne ayant bu le sang de Gabriel, seulement du fait qu’il se soit lié d’une telle façon à un Vampire qui désirait juste se nourrir et peut être s’amuser un peu.

    - Tu crois vraiment que c’est rien du tout ? Demanda Angel en tentant de garder son calme. Au moins je sais pourquoi tu n’as pas donné signe de vie ces derniers jours… Je suppose que tu devais être trop occupé à te faire vider de ton sang…

    Non seulement Gabriel avait offert son sang au premier Vampire venu, mais en plus il l’avait mise à l’écart. Pendant tous ce temps elle l’avait attendu alors qu’en réalité il était juste trop occupé à se livrer en pâture à un prédateur. Le summum fut lorsqu’il lui expliqua ce qu’il s’était passé, lui racontant qu’il avait fait ça pour aider une amie Vampire refusant de boire du sang Humain et que ça n’arrivait que de temps en temps. Dans un premier temps, Angel ne dit rien et laissa le jeune homme lui prendre la main. Elle avait de plus en plus de mal à réaliser et à s’imaginer Gabriel en train de s’offrir en pâture à une autre femme. Cette image était révoltante et termina de mettre Angel en colère. Cette dernière récupéra sa main quelle passa sur son visage pour tenter de garder contenance. Ce n’était absolument pas le lieu idéal pour se mettre en colère, sachant que n’importe qui pouvait les entendre si le ton montait.

    - C’est pas rien du tout ce que tu fais pour cette femme. Tu crois que je connais pas les effets que ressent un Humain lorsqu’il se fait mordre ?! T’imagines même pas le nombre de personne à finir complètement accro de cette sensation qu’offre une morsure de Vampire. A force de trop vouloir jouer ils finissent comme la plupart des camés.

    Gabriel jouait avec le feu. Sa réponse laissait présager que ce n’était pas la première fois qu’il donnait son sang, signe qu’il appréciait probablement déjà de faire ça. Angel était furieuse de le voir prendre de tels risques. Elle était là mais au lieu de lui en parler, il avait foncé tête baissé. La jeune femme avait en horreur celle qui s’était amusée de lui en prétextant ne pas vouloir boire de sang Humain.

    - Ton amie t’a menti. Pour commencer, si elle refusait tant que ça de boire du sang Humain elle n’aurait même pas accepté de boire le tien. Même dans le cas ou la tentation deviendrait trop forte pour elle, mais que par acquis de conscience elle refuse de faire du mal à quelqu’un, il lui resterait toujours les banques de sang.

    Se procurer du sang humain sans tuer était chose facile. Angel se procurait le sang qu’elle buvait au sein de banque, une façon particulière de continuer à s’alimenter sans avoir besoin de tuer qui que ce soit. Angel tentait d’apaiser sa colère, chose qui ne s’avérait pas évidente. Elle était inquiète, jalouse, blessée et déçue. L’image de Gabriel en train de donner son sang à une femme ne cessait de la hanter. Le jeune homme était tellement pâle… Il avait l’air malade à en crever, ce qui n’amoindrissait pas l’angoisse d’Angel. Tout était de sa faute…. C’est elle qui lui avait ouvert les portes de ce monde, à présent il s’y brûlait les aîles…

    - Réponds moi honnêtement… commença Angel… Tu envisages d’y retourner, de la revoir et de lui offrir encore une fois ton sang ?

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MessageSujet: Re: What's this? • Angel & Gaby   Mer 8 Juin - 18:29

En réalité, Gabriel avait toujours voué une confiance parfaitement aveugle à June. Il l'avait cru sur parole lorsqu'elle lui avait raconté son histoire, sans chercher à savoir si c'était vrai ou non. Gabriel avait toujours voulu croire en la bonne foi des Hommes, et désormais même en celle des Vampires. Pourquoi ne pourraient-ils pas être honnêtes eux-aussi ? N'avaient-ils pas été humains avant de devenir des créatures de la nuit ? Pour cela, le jeune homme avait écouté June. Il pouvait comprendre qu'une personne s'était faite transformé en Vampire puisse regretter son acte, et se rendre compte que se nourrir de sang humain, faire des victimes humaines, était synonyme d'une perte d'une grande partie de son humanité. Pour Gabriel aussi, cela serait impensable. Néanmoins, il envisageait aussi le fait que le sang humain était vital pour les Vampires ; c'était ainsi qu'ils vivaient. Paradoxalement, il pensait aux personnes végétariennes : malgré toutes les convictions du monde, un être humain ne peut pas se passer d'un minimum de viande, que ce soit du poisson ou des œufs. Quiconque y renonce totalement s'affaiblit de jour en jour à cause des carences que le manque provoque dans le corps. Les Hommes se nourrissent d'êtres vivants eux aussi, et cela est indispensable à leur bonne santé. Cela les rapprochaient bien plus qu'ils ne le pensaient des Vampires. Et c'était sur cette pensée que Gabriel avait finalement accepté de se faire mordre la première fois. Ce n'était nullement par fanatisme vis à vis des créatures de la nuit ; après tout, c'était un Vampire qui menaçait sa vie dans la prophétie. Il n'y aurait rien eu de plus stupide que de se jeter dans la gueule du loup, tout consentant à se faire tuer. Non, Gabriel appréciait beaucoup June. Il n'osait pas dire d'elle qu'elle était son amie, mais ils étaient proches. Encore plus proches maintenant qu'ils échangeaient crocs contre sang. Sa seule démarche était de l'aider. Il était ainsi, avenant, idéaliste, naïf...

Gabriel avait conscience que désormais, tout avait changé. Il serait hypocrite de sa part de dire qu'il continuait de se faire mordre uniquement parce qu'il voulait aider la jeune femme. Car la plupart du temps maintenant, c'était lui seul qui demandait si elle avait besoin de son sang. La demande en cachant une autre, un véritable « mords-moi ! ». Mais il ne savait pas comment il en était arrivé là. Il ne se souvenait pas du jour où le mal était devenu agréable, ce jour où une partie de sa raison s'était échappée de son corps avec son sang, à partir de quel moment la peur de se trouver entre la vie et la mort était devenu une euphorie. Quand avait-il perdu la notion de « plaisir malsain » ? De « danger » ? … N'empêche qu'il les avait perdus, et qu'il les laissait filer. Il était camé, le mot était juste. Sans s'en rendre compte, il s'était laissé glisser dans le monde des Vampires pour en devenir une victime parfaitement consentante. Il était drogué à coups de morsures et d'agonies.
Le regard du jeune homme parut choqué. Il l'était autant par les propos d'Angel que par lui-même. Il n'avait pas vu sa propre descente aux enfers. Maintenant qu'il se trouvait là... Il ne savait même pas quoi penser, quoi ressentir. Oui, il était là. Il aimait se faire mordre, offrir son sang à un Vampire. Et puis ? Renoncer ? Il le faudrait, c'est vrai. En était-il capable ? Rien n'était moins sûr.

Gabriel parut encore plus choqué lorsque Angel dévoila le mensonge avec lequel June l'avait bercé. Elle mentionna des « banques », et son cœur ne fit qu'un bond.

« Que... Des Banques ?... »

Bien sûr, des banques ! Des hôpitaux ! Un tas d'autres endroits foisonnaient de sang humain en « ouverture facile », sans besoin de tuer. Mais le jeune homme n'y avait pas pensé. Pour une fois, il avait renoncé à se méfier, à penser à tout avant d'agir, il avait fait totalement confiance. Et il s'était fait avoir. Il ne voulait pas assumer sa crédulité ; il était impossible que June lui ai menti pour se servir de lui comme casse-dalle. Impossible qu'il était été quiche à ce point là. Lui qui se méfiait tant de tout, et surtout des Vampires qui étaient la plus grande menace pesant au dessus de sa tête, cette Dague de Damoclès. Il avait baissé sa garde une unique fois. Cela lui était fatal.
Mais ce qui lui faisait peur à cet instant, c'était le regard d'Angel. Il devait la décevoir énormément... Elle devait être tellement en colère contre lui... Tout à coup ses craintes refirent surface ; il avait raison, il n'était pas fait pour elle, non seulement pas assez bien, mais pas assez fort. Il n'avait pas les épaules pour son monde et encore moins pour être confronté à toutes les difficultés qu'il représentait. Sa lèvre inférieure était blessée par ses propres dents. Plus il pensait, plus il mordait. Lorsqu'il sentit que sa canine entamait sa chair, il s'arrêta. Angel venait de lui demander s'il comptait y retourner, jouer les donneurs à nouveau.

« Non, je ne pense pas... Ca me laisse dans un sale état, et... enfin... »

Il essayait de s'en persuader, mais à quoi bon ? Il savait que s'il le pouvait, il recommencerai. L'autre soir, il en avait rêvé ; il avait rêvé qu'Angel le mordait.
A nouveau il voulut se ronger la lèvre, mais il sentit la minuscule perle de sang dans sa bouche, ce qui l'en dissuada. Il se tourna vers le rayon de livres et en prit un en soupirant. De l'autre main, il emmenait Angel vers la table où il était installé, afin de s'éloigner un peu plus du reste des clients.

« Angie, je ne pense pas que tu sais ce que c'est. C'est incroyable, fantastique. C'est effrayant, et pourtant, après, on se sent... pratiquement invincible. Cette sensation de se trouver sur une code raide est... magique ! Angel, je t'assure, c'est si intense ! »

Il s'emportait, comme il le faisait toujours lorsqu'il parlait avec passion et conviction d'un sujet. Et il se surprit lui même à se retrouver dans la situation du camé qui quémande sa dose, ce qui le stoppa net. Sa main prit sa figure tendis qu'il prenait appui sur la table, comme pour s'éviter de perdre connaissance.

« Quand c'est terminé, je me sens vivant, Angel. Des années que je n'avait rien vécu de tel. Je ne sais pas si je saurai m'en passer. »


Mon dieu, il devait tellement la blesser avec ces paroles, et cela lui brisait le cœur. Mais il était torturé de l'intérieur ; cette envie était devenu un véritable appel venant du fond de son être. Néanmoins il ne voulait pas qu'Angel se sente délaissé, moins importante pour autant. Elle faisait aussi partie de ces éléments nouveau dont il ne saurai se passer.
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MessageSujet: Re: What's this? • Angel & Gaby   Dim 12 Juin - 10:00

    La normalité et la simplicité étaient deux choses qui n’avaient jamais fait parties de la vie d’Angel. A la longue ça devenait parfois épuisant, mais elle avait appris à vivre avec. C’était ainsi et ça ne changerait pas, autant s’y faire. La jeune femme s’était donc faite une raison, acceptant que sa vie ne serait jamais normal ni même simple. De temps en temps elle se permettait un court instant de rêve, s’imaginant une vie normal ou ne serait-ce qu’une simple journée pleine de simplicité et de normalité, mais rapidement elle revenait à la réalité. La soirée qu’elle avait passée en compagnie de Gabriel lui avait permis de toucher du bout des doigts un instant à la fois simple et normal. Dans les bras du jeune homme, elle avait oublié tout le reste pour uniquement profiter de l’instant présent. Elle avait mis de côté les Vampires, les Sorciers, cette guerre et autres évènements en rapport avec ça. Elle s’était en quelque sorte libérée de ce monde dans lequel elle était prise au piège depuis plus de six siècles, un monde auquel elle appartenait non pas par choix, mais par punition pour avoir voulu défier les lois. Gabriel avait beau ne pas être quelqu’un de commun, à ses côtés elle oubliait tout et ce malgré la prophétie l’impliquant dans cette guerre. Il était en quelque sorte son bol d’oxygène à elle, celui qui lui permettait de sortir un peu de son univers et de l’éloigner de ceux de son espèce, les Vampires. Angel voulait le préserver de cet univers même si d’une certaine façon elle lui avait permis d’en entrevoir son contenu. Qu’il connaisse la vérité était une chose, mais qu’il subisse cette vérité en était une autre. La jeune femme avait déjà du mal à accepter le fait que cette prophétie concerne bel et bien le jeune homme, mais le pire fut de voir des marques de morsures dans le cou du jeune homme. Elle avait échoué. Angel avait voulu le protéger, mais au final il s’était jeté dans la gueule du loup en offrant son sang à un Vampire. Peut être aurait-elle dû refuser de l’aider dès la première fois qu’il s’était adressé à elle… Des tas de questions et de doutes avaient envahi l’esprit de la jeune femme dès qu’elle avait vu ces traces de morsures. Gabriel était une personne bien trop gentille, trop sincère et trop innocente pour côtoyer le monde auquel appartenait Angel.

    Aux côtés de Gabriel, Angel s’était permise de rêver à nouveau, mais à présent le retour à la réalité était brutal. Le jeune homme était en train de jouer avec le feu, et à continuer ainsi il finirait par se bruler les ailes. La pâleur du jeune homme avait frappé Angel en pleine face. Il était épuisé et sa santé en avait pris un coup. Elle se sentait à la fois terrorisée et désarmée face à cette situation qu’elle n’avait pas prévu et garda le silence lorsque le jeune homme lui prit la main pour l’emmener avec lui jusqu’à la table où il s’était installé pour continuer leurs recherches. Des tas de questions venaient empoisonner son esprit. Jusqu’ou tout ceci risquait d’aller ? Devait-elle vraiment s’inquiéter ? Est-ce que Gabriel allait tout arrêter ? Etait-il accro à cette sensation que provoquait le morsure d’un Vampire ? Etait-il en train de devenir comme tous ces Humains qui étaient tombés dans le piège bien avant lui ? Avait-il la force nécessaire pour dire stop et tout arrêter ? Toutes ces questions ne quittaient pas l’esprit d’Angel qui en plus d’être en colère, était de plus en plus inquiète et effrayée. En 600 ans d’existence, elle n’avait jamais ressenti une telle peur depuis qu’elle était devenue un Vampire dépourvu d’âme. Une prophétie menaçait la vie de celui qu’elle aimait, et à présent un autre danger se peaufinait à l’horizon, un danger devant lequel elle se sentait complètement impuissante. Seule la volonté de Gabriel pouvait mettre un terme à tout ceci… Et Angel continuait à faire face aux questions envahissant son esprit…

    La vérité ne tarda pas à arriver et la façon dont Gabriel parla des effets que provoquaient les morsures, Angel compris l’ampleur de la situation. Le jeune homme parlait comme un camé, il était déjà accro… Cette réalité bien trop brutale laissa la jeune femme sans voix. Entendre Gabriel parlait de cette façon lui était tout à fait insupportable. Cette image, de lui s’offrant en pâture à une femme qui avait abusé de sa gentillesse, la mettait en colère mais l’attristait également. Angel aurait menti en avouant qu’il n’y avait pas la dessous une part de jalousie, mais son inquiétude primait sur ce sentiment. Bien entendu qu’elle était jalouse de savoir l’homme qu’elle aimait suffisamment proche d’une autre femme pour se lier à elle en lui offrant son sang. Cette idée la blessait au plus haut point et elle avait cet étrange sentiment de ne pas lui être suffisante. Il avait besoin d’une autre femme pour se sentir vivant, pour se sentir exister, et ses derniers mots ne firent que confirmer ce sentiment que ressentait Angel. En lui révélant ses sentiments elle s’était en quelque sorte offerte à lui, mais à priori cela ne lui suffisait pas… Au moins les choses étaient claires, et Gabriel avait la franchise de lui dire la vérité. Il ignorait si à présent il serait capable de se passer de cette nouvelle expérience qu’il avait découverte auprès d’une autre.

    Angel se sentait perdue et une boule au ventre fit son apparition. Elle était blessée, en colère, inquiète et effrayée. Tous ces sentiments qui du jour au lendemain l’envahissaient, ça en était trop pour elle. 600 ans à ne plus rien ressentir et voilà qu’à présent elle n’arrivait plus à gérer toutes ces émotions. La bulle dans laquelle elle avait vécu durant tout ce temps venait d’éclater et à présent elle était forcée d’affronter la réalité. Angel sentit son regard se voiler et fit son possible pour garder contenance en voilant son chagrin sous un voile de colère. Pour cela elle repensa à cette femme qui s’abreuvait du sang de Gabriel et ce fut suffisant pour faire disparaitre son chagrin qui laissa place à la colère.

    - Tu te sens vivant ? Demanda Angel en brisant ainsi son mutisme. Tu crois que c’est ça être vivant ? Se faire vider de son sang au point de ne plus avoir la force de tenir debout ?! Tu crois vraiment que pour vivre tu dois te sentir mourir ?!

    Angel abaissa l’écran de l’ordinateur de Gabriel, signe qu’il était inutile de continuer leurs recherches pour aujourd’hui. Sans plus attendre, elle prit la main du jeune homme et l’emmena avec lui vers l’entrée de la librairie. Dehors la pluie n’avait pas cessait de tomber, mais elle n’y prêta aucune attention et ouvrit la porte avant de sortir, toujours accompagnée du jeune homme. Une fois dans les rues du centre ville, Angel prit une direction bien précise et commença à s’enfoncer dans d’étroites ruelles, sans lâcher la main de Gabriel. Le temps semblait empirer au fil des minutes et la pluie redoubla d’intensité pendant que des éclairs venaient illuminer le ciel sombre. Trempée, Angel continua néanmoins d’avancer jusqu’à s’arrêter dans une ruelle sombre et assez étrange. Un homme se tenait devant une porte immense, semblant laisser entrer que certaine personne. Devant lui, se dresser un file de quelques personnes tous plus pâles les unes que les autres et suppliant l’homme devant la porte de les laisser entrer. Angel lâcha la main de Gabriel et se tourna alors vers lui, tout aussi trempé, et lui fit signe en direction de la file de personnes.

    - Tu crois qu’ils se sentent vivant eux ?! Demanda Angel en haussant le ton et en les montrant du doigt. Tu crois qu’ils sont heureux ?! Se sont des déchets et même les Vampires ne veulent plus d’eux ! Ils passent leurs journées et leurs nuits à attendre en espérant passer cette porte pour à nouveau se faire mordre ! C’est ça que tu veux ?!

    Gabriel aimait ce faire mordre, touts comme eux, seulement ils n’amusaient plus suffisamment les Vampires pour éveiller un quelconque intérêt à leurs yeux. A présent ils s’affairaient tel des camé en manque de leur dose, et tous ça dans le but de se faire mordre encore une fois. Ils étaient fichus, condamné à mourir avec leur horrible état de manque qui les faisait souffrir au plus haut point.

    - Jamais plus ils passeront cette porte et ils vont mourir ici, à attendre que quelqu’un ait suffisamment pitié pour leur accorder une dernière morsure. Voilà comment termine ceux qui jouent à ce jeu dangereux et me dit pas que c’est ce que tu veux toi…

    Angel s’arrêta, fixant Gabriel.

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MessageSujet: Re: What's this? • Angel & Gaby   Dim 12 Juin - 12:39

A vrai dire, Gabriel se faisait peur, se terrifiait. Il se voyait vanter les bienfaits des morsures de Vampires à Angel, il se sentait s'emporter comme il s'emportait toujours lorsqu'il commençait à parler de sujets qui le passionnaient, avec autant de conviction ; son cœur battait plus vite, il avait une bouffée de chaleur qui rougissait ses joues pâle, il faisait de grands gestes lorsqu'il disait que cette sensation était « magique », de grands gestes effrénés, son sourire s'élargissait toujours plus, le débit de mots augmentait jusqu'à ce que les phrases ne soient plus que de longs mots rattachés les uns aux autres, c'était à peine s'il prenait le temps de respirer pour continuer. Et il s'était arrêté net. Un courant glacial le traversa lorsqu'il repensa à ce qu'il venait de dire, l'écho de ses propres mots retentissant dans son crâne comme un hurlement de désespoir, comme des ongles sur un tableau noir, comme les supplications d'un petit animal piégé dans un sac entre les flammes. Il lui semblait sentir son propre-sang se figer dans ses veines et paralyser ses membres. La tête lui tournait, ses oreilles bourdonnaient, la cassette de la vie marchait au ralenti tendis que son cœur lui semblait battre toujours plus vite, trop vite. Il paraissait trop faible même pour ne faire que l'effort de parler, un effort épuisant. Il aurait voulu s’asseoir ou même tomber inconscient par terre si ses jambes ne restaient pas raides comme des poteaux. Raides et tremblantes. Ses mains étaient retombées le long de son corps et lui pesaient, elles étaient telles des rochers au bout d'une ficelle. La totalité de sa colonne vertébrale, fébrile et tendue, lui faisait souffrir le martyr de la base du crâne jusqu'aux reins. Il était comme coincé dans un étau que l'on resserre jusqu'à lui briser les os. Lorsque sa tension chuta tout à coup, il lui sembla devenir bien plus pâle qu'à son arrivée, incapable de bouger la moindre phalange. Il était tel une victime à l'agonie qui ne savait plus que tenir debout, et alors seulement son état lui sauta aux yeux. Sa bêtise le prit par le cou et fit un nœud de ses cordes vocales, l'empêchant même de respirer. Lui-même n'aurait pas supporté de se voir dans cet état. Il agissait comme un drogué, ce n'était qu'à cet instant qu'il en prenait conscience. Une prise de conscience brutale qui lui donnait presque envie de vomir. C'était à peine s'il entendait Angel lui faire la leçon. Il était incapable de dissocier les mots les uns des autres ; pour lui ses paroles n'étaient qu'une infâme mixture aux sonorités nauséabondes. Il n'y a que quand elle referma violemment l'ordinateur portable du jeune homme qu'il sursauta et reprit pied dans la réalité. Et c'est sans avoir la moindre la moindre idée de ce qui lui arrivait que Gabriel fut forcé de suivre Angel entre les ruelles, sous une pluie torrentielle.

Des rues en diagonale, des avenues interminables, des murs de béton et de pierres molles, le tout rayé par une pluie verticale, les gouttes tombant comme des graviers sur le bitume sablonneux, glissant telles des cours d'eau le long des chaussées, s'engouffrant avec colère dans les bouches d'égouts en point de déborder ramenant à leur nez les odeurs de charognes de rats à demi-dévorées par les insectes. Un paysage en tons de gris, opaque et brillant à la fois, des rais de lumière traversant les nuages de plomb qui menaçaient l'horizon et qui disparaissaient en quelques secondes. Une pluie torrentielle, un véritable déluge où l'orage grondait et fendait le ciel, brillants dans les iris noirs de Gabriel. A vrai dire, c'était la seule chose qu'il discernait réellement. Le reste le dépassait ; il lui semblait marcher dans les rues d'un autre monde. Son seul point de repère était Angel, au bout de son bras, qui le tirait férocement et avec détermination. Lui n'avait pas son mot à dire. Il laissait faire sans avoir le choix, s'efforçant seulement d'arriver à continuer de mettre un pied devant l'autre sans se marcher dessus et trébucher.

Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent face à une file d'attente. Les personnes la composant étaient tous plus cadavériques les uns que les autres. On se serait cru dans un mauvais film de série Z. Gabriel comprit bien vite qu'ils étaient tous là pour se faire mordre, qu'ils étaient tous comme lui. Ou plutôt, qu'il commençait à être comme eux. Le regard fixe, il observait chaque membre de la file. Le groupe près du gorille qui suppliaient bruyamment, certains se battant pour quelque raison futile ayant excité leur colère, les plus timides au bord de la crise de nerfs, ceux qui essayaient de se frayer un chemin discrètement, et les autres, recroquevillés sur eux même, pleurant, marmonnant, les bras autours de leurs genoux repliés, la tête cachée, se balançant comme des malades mentaux, aussi désespérés que des junkies en manque. Tous voulaient entrer, et pas un n'y parvenait.
D'une oreille, Gabriel entendit ce que lui disait Angel à travers les murmures grandissant de la pluie. Alors que, d'habitude, accablé par la honte, il aurait baissé tête et yeux en espérant se faire happer par le sol pour disparaître, là il ne parvenait pas à quitter cette scène du regard. La bouche entrouverte, il ne semblait plus respirer. Immobile, battu par la pluie, il était trempé jusqu'aux os, cheveux et vêtements collés à sa peau blanche, des gouttes, des pleurs salés, coulant sur tout son corps. Le vent était fort, le vent était froid, il le traversait comme s'il n'existait pas. Il tanguait quelque peu, n'avait plus tellement d'équilibre que ça, mais tenait encore sur ses jambes.

« Non... » murmura-t-il au bout de quelques minutes de silence.

Puis il se détourna d'Angel, sans lui accorder un regard. Il fit quelques pas, jusqu'à quitter la ruelle. Arrivé à l'entrée de celle-ci, il s'arrêta. Son bras s'appuya sur le mur, l'empêchant de tomber. Sa tête, chancelante, s'écroula sur son épaule. Caché par la pierre, il vomissait sa honte, sa peur, son choc et sa corruption. De longues minutes, son corps rejeta ses péchés jusqu'à l'en laver. La pluie effaça bien vite toute trace de son passage sur le trottoir. Gabriel se redressa enfin, le dos contre le mur. La main posée contre son cou, il aurait aimé en arracher la peau pour ne plus voir ces marques. Son corps tremblait ; il ressentait enfin le froid.

Son regard vitreux se posa sur Angel. Il attendit qu'elle s'approche pour la prendre dans ses bras -qu'elle le veuille ou non-.

« Je suis désolé... » fit-il au creux de son oreille.
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MessageSujet: Re: What's this? • Angel & Gaby   Lun 13 Juin - 12:43

    Angel avait parfaitement conscience de la brutalité avec laquelle elle avait décidé de montrer à Gabriel à quoi ressemblait l’existence des personnes qui étaient tombées entre les griffes des Vampires bien avant lui. Lui montrer le triste spectacle qu’offrait la vue de cette file d’attente était une façon radicale de lui donner un aperçu de ce que serait son avenir si jamais il n’arrêtait pas à temps. C’était violent, mais à présent le jeune homme serait à quoi s’attendre, il connaissait tous les côtés de cette nouvelle expérience qu’il venait de découvrir et qui le fascinait. Toutes les personnes présentes ici même et suppliant d’entrer avaient été un jour comme lui. Ils étaient plein d’avenir et à présent leur destin se réduisait à mourir dans la souffrance, la misère et seul. Aucun d’eux ne s’en sortirait, ils étaient condamnés car aucun centre de désintox ne pourrait un jour les soigner de ce mal les rongeant de l’intérieur. Leur avenir était d’ores et déjà tracé, la mort les attendait au tournant et à ce stade, mieux valait qu’elle les emporte le plus vite possible…

    Le monde auquel appartenait Angel, était un monde à la fois fascinant, enivrant et effrayant. Pour de nombreuses personne, il ne restait qu’un univers fantastique issu de l’imagination débordante d’écrivains et de cinéastes, mais les Vampires et créatures en tout genre faisaient bel et bien parti de ce monde connu de tous. Ils ne venaient pas tout droit de l’imaginaire mais de la réalité, chose que très peu de personnes avaient conscience. Gabriel faisait parti de ces rares personnes à croire en une vérité semblant complètement folle pour les autres. Longtemps il avait cherché une preuve prouvant ce qu’il avançait depuis si longtemps, une preuve qu’Angel lui avait apportée en l’aidant dans ses recherches. En faisant cela, elle l’avait fait entrer dans ce monde dans lequel elle était prise au piège et à présent elle se demandait si elle n’avait pas fait une énorme erreur. Cette dure vérité l’avait frappé de plein fouet lorsqu’elle avait vu la pâleur fantomatique du jeune homme qui tenait à peine debout. Les marques de morsures n’avaient fait que confirmer les craintes d’Angel. Indirectement elle était fautive de ce qui arrivait à Gabriel, chose dont elle avait parfaitement conscience.

    Face à Gabriel, Angel comprit que ce dernier avait l’air de réaliser le danger que représentait le plaisir de ce faire mordre. Il semblait ne plus pouvoir lâcher des yeux cette file d’attente composée d’Humain en détresse, tous plus cadavériques les uns que les autres. Ils faisaient froid dans le dos, ressemblant à des Zombies en quêtes de chair fraîche. Ils étaient prêts à tout pour rentrer, plus rien ne comptait et leur seule volonté se trouvait dans ce besoin incontrôlable de se faire mordre.
    La voix de Gabriel brisa le silence et Angel se douta qu’il avait compris pourquoi elle l’avait emmené ici, dans ce lieu étrange et surtout pourquoi. Lorsqu’il tourna le dos pour s’éloigner de cette scène, elle le laissa faire sans rien dire et jeta un dernier coup d’œil en direction de l’immense porte. L’homme devant se fichait royalement des Humains le suppliant de rentrer, et son regard croisa un court instant celui d’Angel. Elle connaissait que trop bien ce genre d’endroit pour les avoir eu fréquenté à une époque. Elle savait dans le moindre détail ce qu’il se passait à l’intérieur… Son attention fut alors détournée lorsqu’une femme de la file d’attente s’approcha d’elle d’un pas chancelant. Angel la fixa du regard sans dire un mot car elle se doutait parfaitement de ce qu’elle voulait venir voir. L’inconnue avait compris qui était Angel et venait probablement lui demander de la mordre, elle allait surement lui proposer son sang, espérant qu’elle accepterait. Une fois que la femme fut à quelques mètres d’Angel, cette dernière remarqua des traces de morsures, assez anciennes, sur la majorité des parcelles de son corps visibles. Elle en avait plusieurs dans le cou, et un nombre incroyable sur les poignets et avants bras. Angel détourna le regard et s’en alla rapidement, avant même que l’inconnue ait le temps de lui parler.

    Sans plus attendre, elle alla rejoindre Gabriel qui se trouvait dans un bien triste état. Choqué par ce qu’il venait de voir, il avait fini par rejeter l’intégralité de se que contenait son estomac. Angel lui laissa un instant, le temps qu’il reprenne contenance et qu’il se remette plus ou moins de l’étrange spectacle auquel elle venait de le faire assister. Elle se doutait et comprenait la violence que ça avait dû être pour lui de réaliser que cette chose qu’il trouvait tellement agréable pouvait détruire des gens en les transformant en déchet humain… Lorsque Gabriel se redressa enfin avant de se poser contre un mur, Angel se décida à s’approcher de lui et fut surprise quand elle sentit la main du jeune homme l’attirer jusqu’à elle pour la prendre dans ses bras. Sans rien dire, elle se laissa faire et ferma les yeux un instant. Les trois mots que Gabriel lui murmura à l’oreille apaisèrent sa colère jusqu’à la faire totalement disparaître. Angel glissa l’une de ses mains jusqu’au visage du jeune homme et la posa sur sa joue dans un geste tendre.

    - C’est moi qui suis désolée, tout ça c’est ma faute…

    Angel se noya dans le regard sombre de Gabriel, s’imaginant jusqu’ou tout ça aurait pu aller, même si au fond rien ne garantissait que tout ceci soit fini. Cette maudite prophétie menaçait déjà la vie du jeune homme, et à présent un mal différent le mettait lui aussi en danger. Tellement d’obstacles semblaient se mettre sur leur chemin qu’Angel commença à se demander si un jour elle pourrait prétendre à une vie simple aux côtés de celui qu’elle aimait. Cette idée n’était finalement qu’une vague utopie qui ne se réaliserait probablement jamais, et à cette pensée Angel sentit une boule se former au creux de son ventre. Ce n’est qu’à ce moment là qu’elle réalisa l’état dans lequel ils se trouvaient. Tous deux étaient trempés jusqu’aux os et la pluie refusait de s’arrêter. Les éclairs avaient laissé place à de violents coups de tonnerre et le temps de rentrer se mettre à l’abri parut alors comme primordial.

    - On devrait rentrer se mettre à l’abri. Ajouta Angel en adressant un sourire rassurant à l’adresse de Gabriel.

    Doucement, elle s’éloigna des bras du jeune homme avant de lui prendre la main et de l’emmener à nouveau avec elle. Cette fois-ci, le rythme fut beaucoup moins intense et sans se précipiter, elle regagna une des rues principales du centre ville ou elle demande à un taxi de s’arrêter. Une fois à l’intérieur du véhicule et à l’abri de la pluie, elle donna son adresse au chauffeur qui se mit en route. Gabriel était glacé et sans attendre elle se rapprocha de lui avant de le prendre dans ses bras avec tendresse.

    - Tu es glacé…

    Angel passa une main dans les cheveux du jeune homme, contente de s’éloigner du lieu qu’elle venait de quitter. Gabriel avait besoin de calme et surtout de se reposer. Offrir son sang le privait de ses forces et Angel voulait pouvoir veiller sur lui durant les prochains jours qui seraient décisif pour le jeune homme. En effet, même s’il venait de réaliser ce qu’impliquer de se faire mordre, résister à la tentation risquer de s’avérer tout de même difficile…


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MessageSujet: Re: What's this? • Angel & Gaby   Lun 13 Juin - 19:12

La pluie... Gabriel la remarquait tout juste. Il se vit trempé jusqu'à l'os quand il remarqua que l'eau salée nettoyait le pavé de ses réjections. Poétique et à la fois écœurant, mais bien plus écœurant que poétique. La pluie ; elle était fraîche, elle aidait le jeune homme à retrouver contenance, sachant aussi qu'à ce train là il risquait fortement de prendre froid. Mais il s'en fichait. La pluie, il l'acceptait et la voyait comme les fouets battant la peau pâle lui offrant les coups qu'il méritait pour être tombé dans cette drogue malsaine sans même s'en apercevoir. Comment avait-il pu être aussi aveugle ? Quelques fois, il se demandait même si ce n'était pas lui qui l'avait voulu au final, si son état n'était pas que le résultat de sa propre volonté. Peut-être que sa fascination pour l'autre monde l'avait amené à ne plus se poser les questions nécessaires, qu'à vouloir se rapprocher toujours plus des Vampires il avait occulté sa méfiance, que pour s'imprégner de cet univers il avait désiré se faire mordre. Comme un idiot, comme un faible d'esprit, un simplet. Il était le romancier qui se mettait à violer des femmes pour pouvoir retranscrire cette sensation au mieux. Il était l'acteur qui s'essayait à toutes les drogues pour figurer au mieux son personnage sur scène. Démarche naïve. La honte l'emportait sur la colère qu'il avait contre lui même, il ne se supportait plus tant son état le dégoûtait. Il se résignait au fait que le martèlement de la pluie et cet aspect le chien abandonné qu'elle lui conférait n'était qu'une juste punition. Quoi qu'il ne méritait même pas que les quelques larmes qu'il avait laissé s'échapper soient ainsi cachées à la vue de tous, mêlées aux gouttes de pluie qui ruisselaient sur son visage cadavérique. Tout ce qu'il espérait, c'était recevoir le pardon d'Angel. Il lui causait du souci, il l'avait deviné tellement en colère. Mais il était déjà si heureux de la voir encore là ; rien ne la retenait, il n'aurait été qu'une déception de plus dans sa longue vie, un petit humain bien faible qui ne valait pas le coup ; elle aurait pu le laisser seul dès la librairie, planté là, elle n'aurait pas réagi, elle aurait tourné les talons, et aurait eu le mérite de lui briser le cœur avant qu'il ne le fasse. Non, elle était là, elle l'avait mené ici, encore une fois elle l'aidait. Et encore ! A cet instant, sûrement lui sauvait-elle la vie. Alors il l'avait prit dans ses bras, comme de peur qu'elle ne s'évanouisse dans la nature, qu'elle ne file avec le courant d'air, qu'elle s'évapore, sans raison, certes, mais en le laissant seul.

« Ta faute ? » demanda-t-il.

Il ne comprenait pas pourquoi elle disait cela. C'était lui seul qui s'était volontairement jeté dans la gueule du loup, tout consentant, naïf. C'était sa nouvelle dévotion pour les créatures de la nuit qui l'avait conduit dans les bras de June. C'était sa curiosité puérile qui l'avait poussé à offrir son sang.

« Tu n'est fautive en rien, Angel. »

Mais il la savait bornée, têtue. Quoi qu'il dise, tant que la jeune femme avait les raisons de se sentir coupable de son état, elle allait s'y tenir. C'était une chose qu'il connaissait bien chez elle, et qu'il respectait d'ailleurs. Lui n'avait pas cette force d'esprit, il doutait de tout, tout le temps. La moindre question bien posée pouvait lui faire remettre en question tout son univers. Elle, elle était comme un roc, elle était impressionnante pensait-il ; la vie pouvait l’asséner de vagues de malheurs tous plus violents les uns que les autres, elle demeurait sur ses deux jambes. Gabriel s'imaginait qu'un tas de Vampires, las de leur éternité, déçus de leurs choix, désespérés par leur condition, s'étaient donnés la mort. Elle, elle était une Vampire contre son gré, elle avait perdu son mari ainsi que son âme, et elle était encore là. Elle supportait l'inquiétude et l'épreuve que lui faisait subir le jeune homme, en plus de vouloir s'incriminer dans des choix que lui seul avait fait. Il ne pouvait pas la laisser penser cela, mais elle était ainsi, elle n'écouterai pas sur ce point là.

Gabriel suivit Angel qui conseilla de se mettre à l'abri. Il acquiesça. Ils étaient trempés, ils ne ressemblaient plus à rien. La main de la jeune femme réchauffa la sienne lorsqu'elle la lui prit ; une dernière larme glissa sur les joues de Gabriel dans la discrétion la plus totale.
Ils trouvèrent un Taxi et se fourrèrent dedans, enfin au sec. Le jeune homme avait quelque peu honte de mouiller ainsi les pièges de la voiture, mais après tout ces véhicules ne sont pas connus pour leur propreté extrême. Allez savoir quel ivrogne a rendu son déjeuner ou quel fanatique des fast-food a mangé le sien, le menton dégoulinant l'huile. Au final, peut-être que leur passage était la bénédiction qu’attendaient ces sièges, un lavage inespéré. Angel donna son adresse au chauffeur, et Gabriel fut heureux de savoir qu'ils se rendaient dans un lieu qui lui était désormais cher, comme un second chez lui, un lieu où il se sentait en paix et en sécurité, parfait pour se remettre de ses émotions. Et alors qu'Angel passait une main dans ses mèches noires, une question s'infiltra dans son esprit et l'inquiéta quelque peu ; était-il drogué au point où se sevrer allait être aussi douloureux que pour un véritable junkie ? La vision de cette file d'attente laissait présager que oui, et d’ors et déjà il semblait désolé de cette épreuve qu'il allait infliger à Angel. Il était dévoré par la honte. Et elle, elle ne faisait que se préoccuper de sa santé, avec toute la bonté qui la caractérisait si bien.

« J'espère seulement ne pas avoir attrapé froid. » fit-il avec un sourire forcé.

Le Taxi s'éloigna du lieu sordide où ils s'étaient trouvés, pour le plus grand soulagement de Gabriel. Il savait que cette vision allait le hanter des jours durant.

« Est-ce que... je vais être dans le même état qu'eux ? » demanda-t-il timidement, mais surtout le regard empli de craintes, la suppliant presque de mentir si la réponse était oui.

Il se mordait la lèvre, observant Angel qui regardait les rues défiler à travers la vitre. La musique typiquement arabe du chauffeur traversait la vitre qui les en séparait, tandis que le jeune homme n'osa plus rien dire de tout le trajet.
En peu de temps, ils arrivèrent devant la maison d'Angel. Sa façade redonna un instant le sourire à Gabriel. Il descendit de la voiture d'un côté, Angie de l'autre. Arrivés devant la porte, il l'empêcha quelques secondes de prendre ses clés pour ouvrir ; il lui prit le visage et déposa un baiser timide sur ses lèvres.

« Merci d'être là » lui murmura-t-il.
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MessageSujet: Re: What's this? • Angel & Gaby   Mer 15 Juin - 20:18

    « Tu n’es fautive en rien, Angel. »

    Cette phrase raisonna dans l’esprit de la jeune femme. Gabriel avait la gentillesse de vouloir la rassurer alors qu’il n’était pas en état de se préoccuper d’elle, chose qui la toucha mais pour elle cette situation était en partie de sa faute. Certes elle n’avait pas poussé le jeune homme à aller se faire mordre, mais en lui ouvrant les portes de son monde, elle l’avait par la même occasion, exposait à de nombreux dangers.
    Mettant de côté sa culpabilité, Angel préféra penser à l’avenir et surtout aux prochains jours. Gabriel n’avait peu être pas atteint le stade de ceux qu’ils venaient de voir, mais les premiers jours sans se faire mordre risquait tout de même d’être difficile, tout du moins au départ. C’est là que la jeune femme intervenait car elle avait bel et bien l’intention de veiller sur Gabriel le temps qu’il faudrait. Jusqu’à ce qu’il soit totalement sevré, il resterait chez elle et elle resterait à ses côtés. A cette pensée, l’esprit d’Angel se tourna vers une question qu’elle n’avait pas encore abordée mais qui pourtant ne cessait de hanter son esprit. A savoir, qui était cette femme qui avait abusé de la gentillesse de Gabriel pour qu’il lui offre son sang. Bien qu’elle se doute qu’il s’agissait là d’un vulgaire Vampire, elle désirait tout de même connaître l’identité de cette femme. Angel aurait menti en prétendant ne pas vouloir la tuer, mais pour l’heure elle ressentait cet étrange besoin de voir le visage de celle à qui Gabriel avait offert son sang. Etait-ce pour faire disparaitre ce sentiment de jalousie qui ne l’avait pas quitté depuis qu’elle avait vu le jeune homme dans la librairie ? Angel l’ignorait, peut être était-ce par pur colère, par désire de se venger et de faire souffrir cette femme. Oui, Elle avait envie de se venger et s’imaginait déjà en train de la tuer, mais le sourire de Gabriel, sa douceur, sa gentillesse et sa générosité la faisait douter. Elle ne voulait pas le décevoir en tuant sa prétendue amie… Ce n’était pas bien du tout et elle en avait conscience…

    A l’intérieur du Taxi, Angel se senti quelque peu soulager de partir de cette ruelle lugubre pour rejoindre un endroit plus chaleureux et à l’abri de tout. Chez elle ils seraient au calme, loin des problèmes et surtout dans un lieu chaud et à l’abri de la pluie et de l’orage qui ne cessait de tonner toujours plus fort. Angel regarda alors par la fenêtre, se perdant dans la contemplation du paysage défilant sous ses yeux. Elle avait hâte d’arriver chez elle pour retirer ses vêtements complètement trempés. Bien qu’elle ne craigne pas le froid, elle ne se sentait pas du tout à l’aise et rêver de vêtements chauds et pourquoi pas d’un bon bain par la même occasion…
    Quoi qu’il en soit, la question que lui posa Gabriel attira toute son attention, mettant à plus tard ses rêves éphémères. Angel comprit au regard du jeune homme que ce dernier s’inquiétait pour les prochains jours, craignant d’être dans le même état que ceux formant la file d’attente de la ruelle. Se noyant dans son regard, elle garda le silence un instant. Gabriel n’avait rien à voir avec ceux qu’ils venaient de voir, lui n’avait pas atteint un tel niveau d’accoutumance et tout stopper était encore largement possible.

    - Tu n’as rien à voir avec eux. Répondit Angel en souriant. Pour eux aucun retour en arrière n’est possible, toi tu peux encore tout arrêter.

    Pour ce qui est de la difficulté qui allait d’imposer à Gabriel, Angel ne pouvait pas encore se prononcer. Chaque personne appréhendait les choses à sa façon, et tout pouvait très bien se passer comme cela pouvait s’avérer extrêmement difficile.

    - Tout se passera bien. Ajouta Angel avant que le taxi ne s’arrête devant chez elle.

    Bien qu’elle ne puisse prévoir l’avenir, elle était certaine que la situation finirait par s’arranger, sans compter qu’elle était là elle, prête à l’aider et à veiller sur lui.
    Angel régla le chauffeur puis descendit du taxi. Le temps ne s’était pas amélioré mais à présent elle s’en moquait puisqu’un endroit chaud et calme les attendait. Sans attendre, Angel s’avança jusqu’à la porte d’entrée, son sac dans les mains et à la recherche de ses clés. Une main vint la stopper dans ses recherches pour doucement encercler son visage. Gabriel déposa un baiser sur ses lèvres avant de la remercier d’être là. Une petite phrase qui fit sourire Angel qui lui prit la main avant de l’emmener avec elle. Sans perdre une minute, elle ouvrit la porte d’entrée et s’engouffra à l’intérieur, accompagnée du jeune homme. Une fois au sec, elle posa ses affaires dans l’entrée avant de se tourner vers Gabriel en souriant.

    - Ici on sera tranquille et on va pouvoir se sécher. Angel fit une petite grimace en voyant son reflet dans le miroir. Attends-moi, je reviens.

    Angel monta à l’étage pour regagner sa salle de bain en passant par sa chambre. Elle attrapa plusieurs serviettes avant de redescendre auprès du jeune homme. Une fois à ses côtés, elle prit l’une des serviettes et posa l’autre avant de la passer doucement sur le visage de Gabriel pour l’essuyer des gouttes de pluies perlant son visage.

    - Tu as besoin de repos, et pendant les prochains jours le mieux et que tu restes ici, comme ça je serais là et tu ne seras pas tout seul. Lui expliqua Angel d’une voix douce. Si tu veux fais-toi couler un bain chaud histoire de te réchauffer un peu et de te détendre, en attendant je mettrais tes vêtements à sécher et si tu veux on passera chez toi pour que tu prennes des vêtements pour les prochains jours.

    A vrai dire Angel ne lui laissait pas vraiment le choix concernant les jours à venir. Il était tout simplement hors de question qu’il reste tout seul, c’était bien trop risqué. La jeune femme approcha son visage de celui du jeune homme et déposa un baiser sur ses lèvres.


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MessageSujet: Re: What's this? • Angel & Gaby   Lun 20 Juin - 16:46

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