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 Are You Afraid ?

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MessageSujet: Are You Afraid ?   Sam 28 Mai - 18:31



Gabriel & Angel

Are You Afraid ?



Angel avait passé un moment agréable en compagnie de Gabriel et savoir qu’ils avaient été interrompus par un Vampire un peu trop curieux ne lui plaisait absolument pas. Elle devait s’assurer qu’il n’avait rien entendu et c’est pour cette raison qu’elle attendait sagement devant le restaurant, cachée dans la pénombre d’une ruelle. Gabriel ne tarda pas à sortir pour ensuite monter dans le premier taxi disponible. Angel regarda le véhicule s’éloigner du restaurant pour finalement disparaître dans une intersection. Vu la tournure qu’avaient pris les évènements, elle n’avait pas d’autre choix que de veiller à ce que ce Vampire n’ébruite pas la moindre information, et ce dans le seul but de protéger Gabriel. Depuis qu’il lui avait parlé de cette prophétie, les choses avaient changées, et à présent Angel devait redoubler de prudence pour ne pas faire courir le moindre risque au jeune homme. Cette prophétie devait rester secrète, ou du moins personne ne devait apprendre que Gabriel pouvait être directement impliqué. Angel refusait de prendre le moindre risque même si cela signifiait prendre des mesures radicales… A cet instant, elle ne put s’empêcher de penser aux dernières paroles du jeune homme lui disant qu’il l’aiderait à retrouver son âme et un frisson s’empara d’elle. Gabriel était un homme hors du commun, il était tout simplement unique et plus le temps passait, plus elle appréciait passer du temps avec lui. Sans qu’elle ne comprenne pourquoi, ou ne puisse réellement se l’avouer, Angel ne supportait pas l’idée qu’on puisse vouloir s’en prendre à lui. Etait-ce que de l’intérêt ? Ressentait-elle ceci parce qu’à ses côtés elle pouvait se sentir à nouveau Humaine ? Angel l’ignorait mais une petite voix dans sa tête lui disait qu’il s’agissait d’autre chose, une chose qu’elle refusait d’avouer car pour elle c’était tout simplement impossible. Pour l’heure elle était certaine d’une chose, ce Vampire ne s’en prendrait pas à lui.

Angel s’arrêta dans sa réflexion, décidant que pour le moment elle devait uniquement se concentrer sur le Vampire à l’oreille un peu trop indiscrète. Il représentait une menace indirecte qu’il sache quoi que ce soit ou non. Fermant les yeux, elle se concentra uniquement sur celui qui était devenu sa cible. Il n’était pas loin d’elle, et elle décida de se laisser guider par son instinct. En toute discrétion, Angel commença à se déplacer rapidement dans la pénombre des ruelles, suivant de loin le Vampire. Ce dernier n’avait pas l’air de se rendre compte qu’il était suivi et se concentrait sur le véhicule qu’avait pris Gabriel. Lorsqu’il s’arrêta au détour d’une rue, Angel vit là l’occasion idéale de mettre un point d’honneur à stopper tout ceci. L’endroit était désert, aucune voiture, aucun piéton ni âme qui vive. Sans plus attendre, elle se faufila jusqu’au Vampire avant de l’attraper par le cou pour ensuite le plaquer contre le mur. Angel fut surprise de voir qu’il n’était pas celui qu’elle aurait pensé, mais cela n’avait plus d’importance. Un sentiment de colère s’empara d’elle, et sans réellement s’en rendre compte, elle souleva le Vampire qui à présent se retrouvait coincé contre le mur.

- Tu as entendu quoi ?

Angel put deviner qu’il s’agissait là d’un jeune Vampire qui malheureusement ne gagnerait jamais en expérience. Quelqu’un l’avait envoyé ici et venait de faire une très grosse erreur. Voyant qu’il ne répondrait pas, Angel noya son regard dans le sien avant de réitérer sa question en resserrant son emprise sur son cou.

- Tu as entendu quoi ?
- Rien. Répondit le Vampire d’une voix neutre.

Sous hypnose, il n’avait pu dire que la vérité, mais pour Angel les choses n’étaient pas aussi simple. A présent qu’elle était loin de Gabriel, tout scrupule l’avait quitté. Elle aurait pu faire disparaître les derniers souvenirs de ce Vampire pour ensuite le laisser repartir, mais au lieu de ça, elle enfonça sa main libre dans la poitrine du Vampire avant d’en arracher son cœur. Le regard empli de colère, elle regarda le Vampire mourir peu à peu, son visage crispé par l’intense douleur qu’il devait ressentir. Son cœur dans la main, Angel sentait le sang couler le long de son bras, une sensation qu’elle connaissait que trop bien. Une fois le Vampire mort, elle le lâcha sans le moindre état d’âme et le laissa tomber à terre. A présent il ne représentait plus le moindre danger. Satisfaite de la savoir mort, Angel lâcha le cœur du Vampire et tourna le dos à ce macabre spectacle. Une fois qu’elle eut parcouru quelque mètres, le corps gisant par terre prit feu, et sans un regard en arrière, elle continua sa route pour rejoindre Gabriel chez elle.

Le trajet ne lui pris que quelques minutes, et lorsqu’elle commença à voir la silhouette de Gabriel se dessiner au loin, Angel réalisa dans quel état elle se trouvait. Lui qui lui avait dit ne pas avoir peur d’elle, allait la voir dans un bien triste état reflétant qui elle était et ce dont elle était capable. La regarderait-il toujours de la même façon après ça ? Avec ou sans âme elle était et resterait avant tout une prédatrice avide de sang, une réalité irréversible que rien ne pourrait changer.
Adoptant un rythme normal, Angel arriva à la hauteur de Gabriel qui se tenait debout devant sa maison. Elle redoutait quelque peu sa réaction, mais au fond elle restait soulagée de savoir que rien de leur soirée ne s’ébruiterait. Une fois face au jeune homme, elle s’arrêta et se noya dans son regard.

- Tu penses toujours qu’il n’y a pas de quoi avoir peur de moi ?
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Dim 29 Mai - 11:08

Une rue, puis l'autre. Peut-être étaient-ils passés par un boulevard, peut-être même que le chauffeur avait fait un détour afin que le compteur tourne plus longtemps. Gabriel ne saurait dire. A ses yeux, le temps passait à une incroyable lenteur, mais étrangement le paysage défilait aussi vite que d'habitude. Il gardait son menton encré dans sa main, l'air las, l'air ailleurs. Il était sûrement parti bien loin de ce taxi miteux. Sa mémoire faisait marche arrière. Il pensait à cette soirée avec Angel, puis aux autres jours où ils s'étaient vus, à la première fois où ils s'étaient adressé la parole, et à la fois où il était venu sans oser, puis il remonta aussi loin que cette histoire de Vampires avait débuté ; à son voyage en Europe de l'Est où sa lecture de Dracula avait titillée sa curiosité, et où sa curiosité avait tourné à l'obsession. Alors le trottoir se transforma en chemin de terre au milieu de la forêt qu'il se souvenait avoir traversé en compagnie de gens du voyage afin d'arriver au pied de la haute colline où trônait un château en ruines. Il en avait visité la chapelle, sombre, humide, froide, pillée et dévastée par les siècles. De ce lieu était né l’exhalation, la folie. Le jeune homme sentit le même pincement au cœur que celui qu'il avait eu ce jour. Et tout disparut lorsque la voiture s'arrêta devant la maison qui était vraisemblablement celle à qui appartenait l'adresse sur le papier.

Gabriel était quelque peu sonné, comme tiré de son sommeil. Le chauffeur articula le montant de la course, mais le jeune homme ne comprit que du yaourt. Il sortit machinalement son porte-feuille d'il ne savait quelle poche et tendit le premier billet qui lui tomba sous la main, qu'importe le montant, et sans demander son reste il sortit de la voiture. Il ne saura jamais qu'il avait donné bien plus que le nécessaire, et que ce soir il fit le bonheur d'un chauffeur. Le taxi s'éloigna tendis que Gabriel s'approchait de la porte d'entrée. Il passa devant la boite aux lettres sur laquelle était écrit le nom d'Angel. Ainsi, elle l'avait fait venir chez elle. Peut-être désirait-elle lui parler d'une chose qu'il était impossible de dire au restaurant. Son départ avait été si soudain qu'au final il n'en savait rien. Il n'en restait que l'empreinte de ses lèvres sur sa joue. Au sens figuré du terme, bien sûr.

La porte de la maison était fermée. Faute de clé, Gabriel n'avait plus qu'à attendre l'arrivée d'Angel. Il se demandait où elle était passée. Étant partie avant lui, elle devrait déjà être là. A moins qu'elle n'ai décidé de faire le trajet à pied. Il était tard, cela n'aurait pas été prudent. En se replongeant dans ses pensées, le jeune homme faisait les cent pas, longeant l'allée, allant du portique à la porte d'entrée. Il avait bien plus l'impression de errer que d'attendre. Un moment, il s'assit devant la porte. Un autre, devant la maison, sur le bord du trottoir. Au bout d'un bon quart d'heure, il commença à s'inquiéter. Une silhouette venait de se dessiner au bout de la rue et l'avait fait bondir sur ses jambes. Elle s'approcha, et passa sur le trottoir face à lui, sous ses yeux incrédules. Ce n'était pas Angel. Il suivit l'inconnue du regard, se demandant d'autant plus où pouvait se trouver la jeune femme.

En tournant la tête pour ne pas perdre la passante, Gabriel se trouva face à Angel. Cela le fit sursauter, mais moins que lorsque qu'il vit dans quel état elle était. L'une de ses mains était couverte de sang. Le liquide coulait le long de son bras jusqu'au bout de ses phalanges. Des gouttes s'écrasaient sur le sol ; quelques unes tâchaient le bas de sa robe. Du reste, elle était impeccable. Etrangement calme, toujours coiffée, toujours maquillée, toujours si belle, mais si calme... Le regard de Gabriel fixait la main ensanglantée d'Angel. Il tentait de deviner ce qui s'était passé, et pourtant il n'avait aucune envie de le savoir. Afin de garder son calme, il respira un grand coup. Il ne répondit pas à la question de la jeune femme. Il l'avait pourtant bien entendue. Il ne voulait simplement pas ni lui mentir, ni la blesser. Car dire qu'il n'était pas effrayé ne serait pas la vérité. Autant de sang le ferait trembler s'il ne tentait pas de garder son sang froid, et tous les scénarios qu'il se faisait étaient terrifiants. Mais il n'allait pas non plus avouer cette peur, alors que plus tôt il affirmait qu'il n'était pas effrayé par elle. Peut-être comprendrait-elle, néanmoins il était certain que cela pourrait la blesser. Il savait qu'elle ne voudrait pas être considérée comme un monstre. Personne ne le voudrait d'ailleurs.

Gabriel se pinça les lèvres. Il ne s'était pas imaginé avoir affaire à cette situation ce soir. Puis, son regard croisa celui d'Angel. Elle semblait avoir pleinement conscience de son état, de ne pas en être choquée le moins du monde. Le jeune homme resta silencieux un moment. Finalement, il lui prit la main et l'emmena jusqu'à la porte. Là, toujours sans un mot, il lui prit son sac à main et trouva ses clés. Il ouvrit la porte et la fit entrer. La main qu'il avait sur la poignée était légèrement tremblante ; il le dissimula au mieux. Du regard, il trouva la cuisine, et toujours en guidant Angel il l'y mena, la mit face au lavabo s'y trouvant et ouvrit l'eau. Délicatement, il lui prit l'autre main, pleine de sang. Très vite ses propres doigts se retrouvèrent tâchés de rouge brillant, qui finalement disparut sous l'eau. Avec autant de douceur qu'il en possédait, il rinça tout le sang de leurs mains. Finalement, il laissa Angel là, fit quelques pas pour attraper un torchon et se sécher les mains. Il les frotta énergiquement, nerveusement, comme s'il pouvait rester des traces de sang. Il ne devait pas en rester la moindre trace. Puis il quitta la pièce en appuyant sur l'interrupteur, plongeant celle-ci dans la lumière.

Quelques pas plus loin, il laissa son regard glisser sur les différents objets qu'il voyait. Une maison normale, rien d'extraordinaire. Rien qui ne pourrait laisser penser qu'il s'agirait de la demeure d'un Vampire. Une nouvelle fois, Gabriel inspecta ses mains. Plus rien. Et pourtant, c'était comme s'il n'osait rien faire avec. Comme un test, il ôta sa veste. Ses gestes étaient hésitants, comme s'il manipulait quelque chose de terriblement sale. D'une certaine manière, c'était vrai. Néanmoins, il parvint à poser la veste sur une chaise. Lorsqu'il se retourna, Angel était là, tout près.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
demanda-t-il d'abord, en gardant ses distances. « Ou non, laisse tomber. J'ai pas vraiment envie de savoir. Dis moi plutôt pourquoi il a fallu partir si vite. »

D'accord, il n'était pas aussi tendre que d'habitude, mais il n'était pas habitué au sang et donc plutôt choqué par ce qu'il avait vu. Mais se connaissant, dans un court instant il irait beaucoup mieux.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Dim 29 Mai - 19:19

En avouant la vérité à Gabriel, Angel avait redouté que ce dernier n’ait peur d’elle. Lorsqu’il lui avait répondu ne pas avoir de raison d’avoir peur, elle s’était sentie comme soulagée et rassurée. Elle savait parfaitement que sa vraie nature hantait les cauchemars de beaucoup de gens, alors savoir que Gabriel n’avait pas peur d’elle et ne la voyait comme un monstre lui avait réellement fait plaisir. Il avait accepté sa différence sans la moindre difficulté, seulement il n’avait pas conscience de la réalité des choses. Angel était une prédatrice n’éprouvant pas le moindre scrupule à tuer et c’était une réalité qu’elle ne pouvait pas nier, ni elle ni même Gabriel. Ce dernier ne connaissait qu’une facette de la personnalité d’Angel, celle toujours souriante, patiente et gentille, seulement il n’avait pas conscience de la cruauté dont elle était capable. Une cruauté qui venait de couter la vie au Vampire à qui il venait d’arracher le cœur. Pour preuve, le sang de ce dernier continuait de couler le long de son bras, un spectacle qu’elle aurait préféré épargné à Gabriel, mais de cette façon il allait se rendre compte qu’Angel n’était pas quelqu’un de bien.

Debout devant Gabriel, elle guettait la moindre de ses réaction d’un œil impassible. Le regard du jeune homme se posa sur son bras pour ne plus le quitter. Bien qu’il ignorait ce qui avait bien pu se passer, il avait conscience que ce n’était pas une bonne chose. Immobile et sans dire le moindre mot, Angel continua de l’observer, attendant quelle serait la réponse à sa question. La première fois il avait affirmé ne pas avoir de raison d’avoir peur d’elle, à présent elle doutait que sa réponse puisse être la même. Il avait peur et elle le savait. Répondre à sa question était parfaitement inutile car elle ressentait cette peur jusqu’au plus profond de son être. Angel était une prédatrice et la peur que ressentait une proie était une chose envoutante, excitante et qui ne faisait qu’accroitre ce désir de tuer rien que pour le plaisir. Les Vampires se nourrissaient de la peur de leurs cibles pour attiser leur envie, c’était un fait et c’est pour cette raison qu’Angel avait conscience de la peur que ressentait Gabriel en cet instant.

N’osant pas briser le calme régnant, Angel garda le silence, plongeant néanmoins son regard dans celui de Gabriel. Ce dernier semblait n’oser rien dire, et elle respecta cela, se demandant néanmoins ou allait conduire cette soirée. Il avait devant elle une partie du monstre qu’elle était, alors il pouvait très bien prendre le premier taxi qui viendrait pour rentrer chez lui, elle ne le retiendrait pas et respecterait son choix. Alors qu’Angel tentait de se faire à l’idée de voir partir Gabriel, cette dernière fut en quelque sorte prise au dépourvue, lorsque le jeune homme lui attrapa la main pour la conduire en direction de sa porte d’entrée. Une fois de plus il ne cessa de la surprendre lorsque dans un geste déterminé, il prit son sac à main pour en sortir les clés de la maison. Sans un mot, Angel le laissa faire. Il avait son entière confiance et elle se laissa guider par le jeune homme. Néanmoins, elle remarqua la main tremblante de Gabriel lorsqu’il ouvrit la porte d’entrée. Ce tremblement trahissait cette crainte qu’il ressentait à son égard, une crainte qui la blessa profondément. Ce qu’elle avait tant redouté était en train de se dérouler, et Gabriel commençait à la voir telle qu’elle était réellement. A cet instant, elle regretta de pouvoir à nouveau éprouver des émotions…C’était tellement douloureux… Pour ne pas trahir se qu’elle ressentait, Angel se concentra pour garder un visage impassible, même si au plus profond d’elle-même la douleur ne cessait d’accroitre. En réalité ne plus rien éprouver avait ses avantages…

Une fois à l’intérieur, Angel se laissa une fois de plus guider à travers sa propre maison et Gabriel l’emmena face à l’évier de la cuisine. Délicatement et après avoir commencé à faire couler l’eau, il prit sa main qu’il passa sous l’eau pour retirer toute trace de ce qu’il venait de se passer. Angel regarda le sang se mêler à l’eau pour disparaître dans la bouche d’évacuation. Pourquoi Gabriel faisait-il cela ? Il était évident que le simple contact avec tout ce sang le dégouttait, et pourtant il était là, à ses côtés, en train de prendre soin d’elle. Une fois leurs mains nettoyées de la moindre goutte de sang, Gabriel coupa l’eau avant de s’éloigner d’Angel pour aller s’essuyer les mains. Sans dire un mot, Angel en fit tout autant, et après un court instant, la lumière inonda la pièce.

Tournant le dos à Gabriel, Angel hésitait à lui faire face de peur de voir du dégout dans son regard, ce qui aurait été pire que tout. Elle sentait un profond malaise en elle et ne savait pas quoi faire pour briser ce silence qui devenait de plus en plus oppressent. Elle avait 644 ans, et malgré sa grande expérience, elle se sentait démunie et complètement perdue face à une telle situation qu’elle n’avait pas vécue depuis qu’elle n’avait plus d’âme. Depuis qu’elle était un Vampire, elle ne se posait plus autant de question, se contentant de foncer et de suivre son instinct. Jamais ses sentiments n’étaient réellement entrés en jeu, vu qu’il n’en était plus question, mais à présent c’était différent.
Après un moment long moment de silence, Angel tourna finalement le dos pour regarder Gabriel. Ce dernier venait d’ôter sa veste et la posa sur une chaise. La jeune femme se décida enfin à rompre le silence, ou tout de moins à le rejoindre, et ce fut lui qui entama la conversation. Le ton de Gabriel était plus dur et il gardait une certaine distance. Angel décida donc de s’éloigner de lui pour aller de l’autre côté de la cuisine.

- Un Vampire, il nous surveillait, c’est pour ça qu’on a dû partir aussi brusquement.

Angel ressentit alors le soudain besoin de s’occuper l’esprit pour tenter de se détendre. Elle qui possédait un self contrôle hors du commun, se retrouvait à devoir lutter contre une foule de sentiments tous plus désagréables les uns que les autres et ne semblant pas vouloir la quitter. Sans rien ajouter de plus, selon la demande de Gabriel, elle attrapa finalement une bouteille de vin dans un placard, avant de le poser sur l’ilot central de la cuisine. Le vin était la seule chose que contenaient ses placards. Il n’y avait rien d’autre, pas de nourriture mise à part du sang.

- Tu veux boire un verre ? C’est la seule chose que j’ai à te proposer.

Complètement perdue dans le fil de ses pensées, et tentant surtout de se contenir pour ne pas laisser ses émotions prendre le dessus, Angel ne prit même pas la peine d’écouter la réponse du jeune homme et attrapa deux verres. Malheureusement, ne pouvant totalement contrôler ses émotions, l’un des verres se brisa dans sa main.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 18:21

Malgré sa veste posée sur la chaise, Gabriel mourrait de chaud. C'était sûrement le choc, le caractère incroyable de la situation. Il était bouleversé, tourmenté par une multitude d'émotions. Entre peur, surprise et désarroi. A cet instant, il ne faisait que fonctionner à l'instinct; son esprit était trop chamboulé pour pouvoir penser correctement. C'était comme un pilote automatique, légèrement détraqué. Et qui avait chaud. Alors, pendant qu’Angel répondait à sa question, il déboutonna ses manches et le haut de sa chemise. Cela n’y changea rien. Il se résigna. D’une oreille, il entendit que la jeune femme lui expliquait qu’ils avaient dû quitter le restaurant à cause d’un Vampire qui les espionnait. Gabriel ne parut même pas surpris. Depuis des semaines, il se sentait suivi. Où qu’il aille, il se savait observé. D’un côté, il était même plutôt content de savoir qu’il n’était pas complètement paranoïaque, et qu’il était bel et bien suivi. De l’autre, il avait tout autant raison de se sentir en danger. Ces présences qu’il sentait autour de lui ne le rassuraient pas, bien au contraire. C’était dérangeant, quelque peu inquiétant.

Gabriel fut heureux de constater que la réponse d’Angel l’avait aidé à se remettre les idées en place. Peu à peu, il retrouvait ses esprits. Il remarqua que la jeune femme s’était éloignée de lui. En quelques pas, elle avait rejoint l’autre côté de la cuisine. Gabriel se sentit coupable, avec raison, de la gêne qu’il sentait entre eux. Quoi qu’au fond, il ne pouvait rien contre ses sentiments ; la peur était une chose naturelle pour un Humain. Pour n’importe qui ayant une âme. Ou n’en ayant pas. Mais il voyait que malgré ses efforts pour cacher la frayeur qu’il avait eu, Angel était quand même blessée par cela. Il soupira. Finalement, il fit quelques pas vers elle ; il ne voulait pas qu’un fossé se creuse soudainement entre eux. Elle devait comprendre qu’une telle vision ferait peur à n’importe quelle personne non-habituée. Et lui, que la nature Vampire de la jeune femme impliquait un fond de cruauté et l’omniprésence du sang… Ce n’était pas facile à accepter, mais il le devait. Il le pouvait, parce qu’Angel n’était pas n’importe qui à ses yeux. Elle était son amie, et avant tout d’un immense soutient pour lui. Et puis, il avait promis de la soutenir tout autant.

Une fois plus près d’elle, la jeune femme lui proposa un verre de vin. Les deux verres étaient déjà sortis avant que Gabriel n’ouvre la bouche. Et l’un d’entre eux se brisa dans la main d’Angel. Immédiatement, il vint auprès d’elle et lui prit la main pleine de morceaux de verre. Il se mit à les lui ôter, et se coupa le doigt. Une goutte de sang perlait sur la petite plaie. Gabriel fronça les sourcils en observant cela.

« Typiquement moi. » murmura-t-il.

Son regard se posa sur la main d'Angel ; elle n'avait déjà plus la moindre égratignure. Il observa plusieurs fois sa main, puis celle de la jeune femme, et à nouveau sa propre paume. C'est ainsi qu'une véritable illumination eut lieu dans sa tête. Le monde lui sembla soudain très clair. Il savait désormais comment échapper au destin : devenir un Vampire. C'était fou, complètement fou. Une idée qui n'aurait jamais dû lui traverser l'esprit. Le jeune homme porta son doigt à sa bouche afin d'en sucer la goutte de sang, et déjà il s'imaginait cette sensation, sucer le sang d'un autre, il en eut un frisson. C'était complètement dingue, comment pouvait-il ne serais-ce que penser à cela ? Serait-il capable de supporter de se retrouver dans l'état dans lequel il avait vu Angel ce soir ? Il y pensait, il voulait se dire que oui, s'il le fallait, et pourtant au fond il savait que cela n'était pas dans sa nature. Pourtant, il s'aventura à demander à Angel ;

« Dis moi, si jamais j'avais raison, si jamais c'était écrit que je devrais mourir... Tu serais capable de me transformer en Vampire ? »

Il disait cela avec un sérieux troublant, même pour lui. En même temps, il sortit un autre verre du placard dans lequel il avait vu Angel sortir le précédent. Il le posa sur la table puis leur servit le vin, pensant que les gens étaient capable de n'importe quoi pour ne pas mourir, lui-même compris.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 18:28

Perdre en quelque sorte le contrôle de la situation, était quelque chose de rare chez Angel. La jeune femme savait garder un self contrôle à toute épreuve, mais une fois de plus, avec Gabriel les choses étaient différentes. Il parvenait à la déstabiliser dans des situations toutes simples et sans rien faire. En réalité, ce qui la déstabilisait le plus, était toutes ses émotions qui la submergeaient lorsqu’elle était avec lui. En plus de 600 ans d’existence, elle avait perdu l’habitude de ressentir tant de choses, et en sa compagnie, elle redécouvrait des choses qu’autrefois elle considérait comme acquises. De ce fait, son calme légendaire se trouvait mis à rude épreuve, et cela termina par un verre cassé dont les morceaux gisaient à présenta dans sa main.

Angel regarda sa main, étonnée de ce qu’il venait de se produire. Cet accident venait de trahir l’état dans lequel elle se trouvait, comme si d’un seul coup elle se retrouvait à nue devant Gabriel qui avait l’habitude de la voir calme et sereine. Un bruit de pas sortit alors Angel de sa torpeur, et cette dernière arrêta de fixer sa main pour reporter son attention sur son invité. Lui qui, un instant plus tôt, était à l’autre bout de la cuisine, était à présent juste à côté d’elle. Pour la seconde fois de la soirée, il prit sa main pour retirer les morceaux de verre. Le regard d’Angel se posa sur le visage du jeune homme et en oublia tout le reste. Elle avait du mal à réaliser qu’une fois de plus il était en train de prendre soin d’elle alors qu’il avait, à présent, conscience du danger qu’elle représentait. Cette délicate attention eut pour effet de l’apaiser et un sourire timide se dessina sur son visage. Gabriel était vraiment une personne peu commune et extrêmement surprenante. Angel était persuadée que même au fil du temps, il ne manquerait jamais de continuer à l’étonner.

Alors qu’Angel regardait le jeune homme pendant que ce dernier retirer les morceaux de verre de sa main, une odeur de sang attira son attention sur ce que faisait Gabriel. Il venait de se couper et une goutte de sang venait perler sur la petite entaille faite par un débris de verre. Angel aimait bien ce côté maladroit que possédait le jeune homme et qui avait le don de la faire sourire.

- Ce soir on est deux maladroits. Répondit Angel en souriant et en faisant référence à sa propre maladresse avec le verre qui à présent était en morceaux.

La main d’Angel avait déjà cicatrisé, chose qui n’échappa guère à l’attention de Gabriel. Il est vrai que cette capacité à se régénérer était quelque peu pratique mais elle n’évitait pas la douleur. Qu’importe le type de blessure qu’on pouvait affliger à la jeune femme, même si quelques minutes suffisaient à ce qu’elle cicatrise, la douleur restait la même que pour un Humain quelconque. Être un Vampire la rendait certes immortelle, mais cela ne la préservait en aucun cas de la souffrance.
A présent plus sereine, Angel décida de retenter de les servir, mais la question que posa Gabriel l’arrêta net dans ses intentions. Jamais elle n’aurait pensé qu’il évoquerait la possibilité de devenir un Vampire, et encore moins qu’il lui demanderait si elle serait capable de le transformer.

- Tu es sérieux ? Ne put s’empêcher de demander Angel.

Elle était surprise par la demande de Gabriel, mais dire qu’elle n’avait jamais pensé à cette possibilité aurait été mentir. Bien entendu qu’elle y avait songé, mais ce n’était resté qu’une idée parmi tant d’autres et la mettre en application était une autre histoire.

- Tu te sentirais capable de renoncer à ton humanité et à tous ce qui va avec ? Je parle de ta possibilité de te marier, de vieillir à côté de celle que tu aimes et d’avoir des enfants. Tout n’est pas perdu contrairement à ce que dit cette prophétie, et tu as encore le temps de vivre tellement de choses. Des choses que tu manquerais en devenant un Vampire.

Angel voulait que Gabriel soit parfaitement conscient des choses qu’il sacrifierait en devenant un Vampire, prophétie ou pas. Elle n’avait pas eu la chance de choisir, cette vie là c’était en quelque sorte imposée à elle et en aucun cas elle ne voulait que Gabriel puisse un jour regretter un tel choix dans la mesure où il viendrait à devenir un Vampire. La seule certitude qu’avait Angel, était qu’elle ne le laisserait pas mourir.

En silence, Angel le regarda attraper un autre verre avant de les remplir de vin. Choisir d’être un Vampire n’était pas une chose anodine, de même que le fait de transformer un Humain en Vampire. Angel ne l’avait fait qu’à deux reprises en faisant de Quinn et Andy des Vampires.

- Avant d’envisager cette option, je pense qu’il faut qu’on se penche sur cette prophétie.


Angel attrapa l’un des deux verres avant d’en boire une gorgée. Jamais elle ne ferait de Gabriel un Vampire si ce n’était pas sa volonté et qu’il le désirait vraiment.

- Dans tous les cas, je ne te laisserais pas mourir... Ajouta Angel pour que Gabriel sache que si jamais il le fallait et qu’il le désirait, alors elle ferait ce qu’il lui demandait.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 18:53

Gabriel s'efforçait de se répéter une seule et même chose : Angel restait Angel. Elle était telle quel depuis toujours, depuis qu'il la connaissait, des semaines, peut-être même des mois. Une annonce, qui plus est la vérité, dire qu'elle était une Vampire ne pouvait pas la changer. Il savait qu'à la base, ce n'étaient pas les autres qui changeaient après un acte ou une révélation, mais le regard que l'on porte sur eux. Bien sûr, c'est l'autre qu'on accuse ; il ne faudrait pas s'avouer intolérant. Il ne faudrait pas avouer que nous sommes en plein jugement sur l'autre en ne nous basant que sur des principes crées pour étriquer l'esprit. Alors le jeune homme voulait garder le même regard qu'il avait depuis toujours vis à vis d'Angel. Parce qu'Angel était toujours Angel, bien avant qu'elle n'avoue être un Vampire. D'ailleurs, Gabriel se demandait comment elle vivait cette nature, comment elle arrivait à rester en harmonie avec cette créature de la nuit. Car en y réfléchissant, elle n'avait pas décidé d'être ainsi. Le jeune homme avait une hypothèse à ce sujet ; ayant vendu son âme, Angel n'avait plus rien à rendre à Dieu -ou à la Terre- à sa mort, alors elle ne pouvait pas quitter ce monde. La nature trouva le moyen le plus logique de la garder sur terre, dans un état entre la vie et la mort, soit la transformer en Vampire. Faute d'en savoir plus sur ce qui s'était passé, il trouvait cette hypothèse plutôt bien fondée et plausible. Mais peut-être qu'elle était alors à jamais liée à son mari. Sur cette pensée, Gabriel but la dernière gorgée de son verre.

Il se mit à faire des pas dans la cuisine, à tourner en rond en réfléchissant à ce que lui disait Angel. Oui, il était terriblement sérieux quand il posait cette question. Malheureusement, il l'était. Mais il pensait quand même à tout ce que cela impliquerait, retournant les arguments de la jeune femme selon son point de vue. Parce qu'il ne pensait pas qu'un Vampire renonçait à son humanité. Qui a forme humaine cherche à s'identifier à ceux de son espèce, et même s'il s'en éloigne sur certains points, il tentera de les aimer quand même. Frankenstein était la parfaite illustration de cette pensée, puisque le premier réflexe de la créature, dotée de sentiments et d'un avis propre, fût d'essayer de se trouver une famille, a être accepté par les Hommes, à leur ressembler. En quoi les Vampires seraient différents ? Alors pourquoi devraient-ils renoncer au mariage, à l'amour, à la vie ? Sur des siècles d'existence, ils ne pourraient s'en passer. Et avec tout ce temps, il y avait tellement d'autres choses à vivre qu'il ne serait pas possible d'envisager avec une seule vie ! L'unique désavantage semblait d'être forcé à boire la vie d'un autre afin de continuer la sienne. Peut-être étais-ce ce qui demandait le plus d'indifférence.

Lorsque Gabriel remit les pieds sur terre, il se retrouva face à son verre. Un verre plein, il ne savait pas comment. Etait-ce lui qui s'était servi sans même s'en rendre compte ? Ou bien était-ce elle qui l'avait fait lorsqu'il était retourné ou plongé dans sa réflexion ? Qu'importe, finit-il par se dire. Un verre plein est un verre qui doit être bu. Et alors il prit une gorgée. Il songeait encore à une chose, et l'air dépité il répondit à Angel :

« Je suis peut-être pessimiste mais, Angel, tu me connais. J'ai une réputation de... de fou -voilà, il l'avait dit-, je passe mon temps à faire des recherches sur les Vampires, je ne suis pas sûr moi-même d'être seulement humain, je baigne dans la Magie, je passe des jours à écrire, et à ne faire qu'écrire sans même prendre le temps de manger, et j'en passe. Je ne vois personne, pas de femme, qui accepterai la personne que je suis actuellement. »

Sur ce, il termina son verre d'une traite. Et alors qu'il avait déballé des mots venant du cœur, reflets d'une profonde solitude sur de longues années, de tristesse et même de détresse, Gabriel se sentait mieux. Pas même sa sœur ne savait ce qu'il avait sur le cœur, bien qu'elle devait deviner que leur enfance avait laissé de grandes cicatrices chez son émotif de frère. Il pensait à elle justement, sûrement la seule qui l'acceptait comme il était à cause de ce passé commun. Il pensait aussi à Anna, à toutes les autres qui étaient passées dans son cœur, parfois furtivement, et qui s'en étaient finalement délogées. Oui, au fond, il se sentait bien seul. Il avait face à lui la personne qui le comprenait le mieux.

Il posa son regard sur son verre qui était à nouveau plein. Il était parfaitement conscient que le vin n'était que l'allégorie de ses émotions qu'il buvait afin de les oublier durant un court instant. Son verre à la main, Gabriel trouva le sofa et s'y assied. Il ne prit qu'une gorgée avant de poser ses émotions sur la table basse devant lui tendis qu'il entendait la dernière phrase que prononça Angel. Il fut touché, et se tourna vers elle, espérant sincèrement qu'elle pensait ce qu'elle disait. Avec un sourire, il lui adressa un « merci » silencieux. Finalement, il répondit en hochant les épaules :

« Je compte pas me laisser mourir non plus. »

Cette phrase lui rappela le fameux récit de la création du premier Vampire. Là aussi, la jeune femme avait refusé de laisser mourir quelqu'un, soit son mari. Il était aujourd'hui un Vampire. Il refaisait sa vie en oubliant celle qui avait vendu son âme pour lui. Une question lui traversa l'esprit.

« Angel, est-ce que tu aimes encore ton mari ? »
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 18:56

Angel avait du mal à réaliser ce que Gabriel était en train d’envisager pour son avenir. Devenir un Vampire impliquait certains sacrifices et l’immortalité s’avérait parfois être un fardeau, bien plus qu’une chance. Nombreux étaient les Vampires qui avaient finis par se donner la mort, lasses de l’existence qu’ils menaient. Angel connaissait parfaitement ce que devenir un Vampire impliquait, mais contrairement à Gabriel elle n’avait pas eu le choix. Sa transformation s’était, en quelque sorte, imposée à elle, comme une punition pour ce qu’elle avait osé faire en vendant son âme pour sauver son mari de la mort. Angel s’était brulée les ailes à vouloir défier les lois de la nature, et à présent elle était un être hybride, dépourvu d’âme. C’était son châtiment, sa punition. Ni morte, ni vivante, elle errait à travers un monde empli de haine et de cruauté. Chaque jour était pour elle un nouveau combat. Sans âme, plus aucune barrière n’existait, et la Magie noire se cessait de vouloir s’emparer du peu d’humanité qu’il subsistait encore en elle. Sans Quinn et Andy, Angel aurait sombré et elle le savait parfaitement…

Angel et Gabriel se ressemblaient beaucoup plus qu’il ne pouvait y paraître. Tous les deux avaient toujours vécu avec ce sentiment d’être différents, ce qui était une réalité. Depuis sa plus tendre enfance, Angel s’était avérée être déjà une personne à part. Appartenant à une famille de Sorciers, elle était capable de maîtriser une chose que la plupart des personnes normales étaient incapables de voir. Cette particularité, bien que considérée normale dans le monde des Sorciers, fit d’elle une personne n’entrant pas dans la catégorie des gens normaux.
Au fil des années, les choses n’allèrent pas en s’arrangeant, puisqu’elle fit le choix de vendre son âme pour pouvoir sauver Devon. Ce choix changea sa destinée à tout jamais. Elle aurait dû mourir, mais le destin sembla avoir d’autres projets pour d’elle. Elle se retrouva maudite à tout jamais, condamnée à vivre éternellement Avec Angel, le premier Hybride vit le jour. Un mélange improbable entre une Sorcière et un Vampire. Une chose qui n’aurait jamais du se produire, mais qui pourtant arriva.

Angel était donc la mieux placée pour comprendre ce qu’était ce sentiment de ne pas être comme tous le monde. Elle l’avait toujours connu, tout comme Gabriel qui s’était senti perdu dans un monde auquel il ne semblait pas appartenir. Elle le comprenait et savait à quel point cela pouvait être difficile de ne pas être comme tout le monde, tout simplement. Les gens différents étaient rarement compris, et comme l’expliqua Gabriel, ils étaient souvent pris pour de simples fous à l’imagination trop débordante. Seulement, dans le cas du jeune homme, les choses étaient différentes, il était loin d’être fou, et contrairement à beaucoup de monde, il possédait une ouverture d’esprit que la plupart n’auraient jamais. Angel commençait à réaliser à quel point la vie n’était pas tendre avec Gabriel. Depuis toujours, il courrait après la vérité, passant pour un fou et s’isolant de tout, même de la vie elle-même Sa quête de réponse avait fini par prendre le dessus sur tout, au point qu’il avait mis sa propre vie entre parenthèses. En revanche, rien n’était jamais trop tard et il lui était toujours possible de rattraper le temps perdu.

Angel but une autre gorgée de son verre de vin, avant de remarquer que celui de Gabriel était vide, en silence, elle s’approcha de lui pour le servir et ne le coupa pas dans son élan. Il avait besoin de parler, de dire ce qu’il avait sur le cœur, ce qui occupait son esprit, et elle le laissa faire, se contentant de l’écouter en silence. Angel suivit du regard le jeune homme, lorsque ce dernier alla s’installer sur le sofa.

- Jusqu’à présent, tu as consacré tout ton temps à tes recherches dans le but de démontrer aux autres que tu n’es pas fou. Seulement tu en as oublié de prendre le temps de vivre juste pour toi et pas pour les autres. Pourquoi vouloir démontrer aux yeux de tous une vérité qu’ils ne comprendront jamais ? Tu n’es pas fou et tu le sais tout comme moi je le sais, alors ne perds plus de temps et profites en ! Arrêtes de vouloir prouver ce que tu vaux et vis ce que tu désires vivre !

La question que finit par posa Gabriel, étonna Angel et la plongea dans un moment de réflexion. Aimait-elle encore son mari ? A vrai dire elle était liée à lui et le serait probablement éternellement. Devon était et resterait une part d’elle-même, mais à présent ils ne pouvaient plus être ensembles. La mort les avait séparés une première fois, et bien qu’Angel ait sacrifié son âme pour lui, la vie continuait de les séparer. Au fil des siècles, Angel avait appris à se faire une raison. Ses souvenirs heureux avec Devon continuaient à la hanter, lui rappelant à quel point elle l’avait aimé, mais leur mariage appartenait au passé. Sortant de ses pensées, Angel but une gorgée de son verre avant d’aller s’assoir à son tour à côté de Gabriel.

- D’une manière ou d’une autre, avec Devon on est liés… Mais notre histoire appartient au passé… Qu’on le veuille ou non, plus jamais on ne sera ensembles… Ca fait plus de 600 ans qu’on n’est plus ensembles et je pense qu’on est plus ou moins devenus des inconnus l’un pour l’autres. Donc même si je tiens toujours à lui, je ne suis pas sûre qu’on puisse parler d’amour, pas après tous ce temps et tous ce qu’il s’est passé. J’ai beau gardé un œil sur lui depuis qu’il est devenu un Vampire, lui et moi c’est définitivement terminé. Jamais on ne pourra remonter en arrière ou rattraper le temps perdu.

Depuis qu’Angel avait évoqué l’existence de Devon à Gabriel, plus tôt dans la soirée, lors de leur dîner, le jeune homme semblait se poser de nombreuses questions à son sujet.

- Pourquoi toutes ces questions sur Devon ?
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 18:59

Quand il était petit, Gabriel pensait vraiment qu'il était fou. Tout du moins, comme le disaient les adultes, qu'il était entraîné dans le délire de sa sœur parce qu'ils étaient trop proches. Mais pour qu'on en vienne à l'interner, c'était qu'il devait réellement avoir un grain, se disait-il. Voir des personnes voler à cheval sur des balais, ou parfois traverser des murs ? Il fallait être fêlé. On se croirait dans Harry Potter. A sa sortie, Gabriel ne voyait plus ladite magie. Peut-être que le traitement avait fait effet, ou peut-être était-ce sa seule force d'esprit, l'instinct de survie, qui lui disait que s'il voulait avancer il devait oublier tout cela. Il avait vu ce biopic racontant la vie d'un brillant physicien schizophrène qui avait vécu toute sa vie avec sa maladie, en se méfiant de chaque nouvelle tête qu'il rencontrait et qui pourrait être une invention de sa part, comme l'était son meilleur ami durant ses années de fac. Mais il vivait bien quand même, il y arrivait, il était devenu prix Nobel. Alors pourquoi, se demandait Gabriel à cette époque, pourquoi est-ce qu'il n'y arriverai pas ? Au fil des années, il avait recommencé à voir. Où qu'il allait, un événement magique se produisait que seul lui percevait. En devenant adulte, il se rendit compte que tout était réel. Son esprit s'était ouvert, et désormais, il le sentait. A chaque fois qu'il était proche de quelque chose n'appartenant pas au monde « normal », il le savait. Aujourd'hui, il désirait le démontrer. Il était prit pour fou. Mais était-ce réellement aux autres que Gabriel voulait démontrer que ce qu'il disait était vrai ? N'était-il pas romancier, créateur de rêves dans l'esprit des autres ? Il savait que les autres ne comprendront peut-être jamais cette vérité qu'il faisait passer pour de la fiction. Pourquoi s'entêter ?

« Le complexe du poète. »
répondit-il.

Mais à première vue, Angel ne comprenait pas vraiment ce qu'il voulait dire par là. Avec un léger sourire, Gabriel s'expliqua :

« Tu ne t'es jamais demandée pourquoi les poètes s'entêtaient à être poètes s'ils étaient aussi malheureux que le disait leurs œuvres ? Parce que c'est en eux ; ce n'est pas la peine de vouloir faire autre chose, ils ne voulaient rien faire d'autre et ne savaient rien faire d'autre. Quitte à être malheureux, autant l'être en faisant ce qu'ils aimaient plus que tout. Le complexe du poète ! »


Il s'identifiait à cette définition qu'il donnait, cela était évident. Poète, romancier, c'était du pareil au même. Souvent incompris. Mais il n'oubliait pas comment terminaient tous ces poètes maudits ; dépressifs, seuls, suicidés ou gravement malades. Il ne comptait pas finir comme eux.

« J'ai la vie que je dois avoir, la seule que je veux avoir. Je fais ce que j'ai toujours voulu faire, je vis de ce qui me passionne. Moi, je me fiche d'être pris pour un fou. Enfin, parfois, ça m'amuse. Et parfois c'est blessant. Mais je suis ainsi ! Je baigne dans la magie, alors est-ce que je dois le renier pour être mieux vu et être « plus heureux » ? Non, je vis comme il me plaît, ne crois pas le contraire. C'est être accepté tel quel qui est plus compliqué. »
fit-il pour finir. Peut-être ne pouvait-elle pas comprendre cela.

Angel finit par expliquer à Gabriel qu'elle n'était plus réellement amoureuse de son mari, Devon. Il se doutait que malgré tout, elle tenait à lui. Elle lui avait donné son âme, ce n'était pas rien. Quoi qu'ils fassent, en ayant fait ceci, elle les avait liés pour toujours, pour des siècles et des siècles. Romantique ? Oui, ça l'était un peu. Mais pour Gabriel, c'était autre chose. Fascinant d'un côté, de l'autre... Il était déçu, oui. Il tenait beaucoup à Angel, et pour cela ses sentiments étaient partagés. Déçu pour elle, que son époux l'ai oublié ainsi, qu'elle ai donné son âme pour rien en quelque sorte, si ce n'est que pour devenir un Vampire et le suivre, le voir refaire sa vie avec une autre. Déçu pour lui-même ?...

« Ca m'intrigue. » lui répondit-il finalement. « Et puis, j'ai face à moi une source pratiquement inépuisable de renseignements sur ce que je ne trouverais jamais dans les livres. »

Avec un clin d'oeil, il termina son... quatrième verre de vin. Ce n'est qu'alors il remarqua qu'Angel était assise à côté de lui. Vraiment à côté. Il eut un rire nerveux.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 19:06

Le complexe du poète, voilà un concept qui pour Angel ne signifiait rien. A ses yeux, c’était une façon de se cacher derrière des mots, de ne pas vivre par peur de prendre le moindre risque. Quitte à être malheureux, autant l’être en faisant ce que l’on aime ? Non, ce n’était définitivement pas de l’avis d’Angel. Le but premier de l’être Humain n’avait pas changé depuis sa création. Chaque personne aspirait à une seule chose, le bonheur. Il semblait donc illogique d’y renoncer pour se contenter de vivre de sa passion. Une passion n’avait rien d’un objectif en soit, ça restait une chose que l’on aime par-dessus tout, mais qui ne fait pas le bonheur d’une personne même si elle y contribuait. Angel voyait dans le complexe du poète, une façon de fuir la réalité bien trop décevante ou trop effrayante, mais pas une philosophie de vie. De plus, Angel n’avait jamais cru en la fatalité ni même au destin. Pour elle, chaque personne était maître de sa vie, et tout découlait d’une accumulation de choix. L’Homme faisait de ses erreurs un monstre qu’il nommait Destin, mais une fois de plus, c’était là une façon de souligner la fatalité causée par de mauvais choix.

- Je ne vois pas vraiment les choses de la même façon. Répondit Angel en souriant. A vrai dire, j’associe plus le complexe du poète à la peur de vivre, de prendre des risques et de s’aventurer sur un terrain que l’on ne maîtrise pas. Quitte à être malheureux, autant l’être en faisant ce que l’on aime ? Pourquoi se résigner à vivre malheureux ?

Angel ne parvenait vraiment pas à comprendre cette philosophie. La chose la plus effrayante au monde était de vivre, il n’y avait pas défi plus difficile à relever et elle le savait pour avoir vécu et voyagé à travers le monde durant plus de 600 ans. Quelques soit les peuples, les ethnies, les époques ou les mentalités, tous avaient pour but de vivre heureux et quelque soient les malheurs qui les frappés, ils se relevaient et continuaient de se battre pour parvenir à cet ultime objectif, le bonheur.

- Ce que j’essaye de te dire Gabriel, c’est que tu ne devrais pas te préoccuper du regard qu’on les gens sur toi. Fais ce que tu aimes pour toi, pas pour prouver aux autres que tu n’es pas fou. Tu n’as rien à prouver à personne, si ce n’est peut être à toi-même.

Angel s’arrêta un instant et pensa à son propre cas. Si elle avait du se préoccuper de la vision que les gens avaient d’elle, alors elle aurait mis fin à ses jours il y a de ça très longtemps. Elle était un monstre, une erreur de la nature et c’était de sa faute si les Vampires existaient, de la même façon que sans elle il n’y aurait jamais eu de guerre avec les Sorciers et Gabriel ne s’y trouverait pas mêlé à cause d’une prophétie…

- Les gens te croient fou parce que contrairement à eux, tu sais une chose qu’ils ignorent … Tu sais ce qu’ils penseraient de moi s’ils apprenaient mon existence ? Ils diraient que je suis un monstre, une erreur de la nature et que tout est de ma faute, que je suis responsable de cette guerre entre les Vampires et les Sorciers et que sans moi rien de tout ceci ne serait arrivé puisque j’ai créé le premier Vampire.

Et ils n’auraient pas tord de penser ça vu que ce n’était que la vérité, mais ça, Angel ne le précisa pas. La jeune femme termina son verre de vin avant de le déposer sur la table basse. En réalité, il était plus difficile de s’accepter soi même que de se faire accepter des autres et ça elle en avait parfaitement conscience. Seulement Gabriel était quelqu’un de bien, et à ses yeux il n’avait rien à prouver. Il n’avait commis aucune erreur, il était honnête, patient, gentil, une personne en qui on pouvait avoir toute confiance.

- Que ferais tu si demain tu te réveillé en étant immortel ? Demanda Angel intriguée.

L’immortalité faisait partie des grands rêves de l’Homme, mais une fois qu’on la possédait, le rêve pouvait facilement devenir cauchemar. Qui n’avait pas imaginait avoir un jour l’éternité devant soi ? Si Angel s’était posée la question alors qu’elle était humaine, elle se serait imaginée passer son éternité aux côtés de Devon. 600 ans s’étaient écoulés, et les choses ne s’étaient pas passées ainsi.

- Inépuisable ? Répéta Angel en rigolant. Je t’accorde qu’en plus de 600 ans j’ai appris pas mal de chose mais j’ai rien d’une encyclopédie, y’a plein de choses que j’ignore, même si en matière de Vampire je m’y connais pas mal pour les avoir créés.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 19:08

Le complexe du poète, terme de l'invention de Gabriel, qu'on pourrait rebaptiser « complexe de l'artiste » de manière plus générale. Un artiste a une nature qui diffère de celle des autres, ils ont le besoin vital de créer. Vital. Gabriel ne pouvait pas demander à Angel de comprendre ce sentiment. C'était une chose qui était soit vécue, soit perçue comme stupide. La plupart des gens le trouvent stupide. Pourtant, aujourd'hui, on reconnaît Baudelaire, Victor Hugo, Verlaine : ces Hommes qui avaient ce complexe et pourtant, avaient fait de grandes choses. Ils étaient malheureux, malades, blessés par la vie dont ils s'étaient défaits. Pourquoi s'étaient-ils résignés à être malheureux ?

« Parce que vivre sans faire ce qu'on aime, ce n'est pas mieux que mourir. Tu devrais le savoir, pourtant, non ? »

En effet, Angel elle-même avait vécu ceci : elle avait préféré vendre son âme, et donc se condamner à vivre dans le malheur de la perte de ses émotions, plutôt que de vivre sans l'être qu'elle aimait, parce que sans lui son cœur se mourrait. Elle aussi, elle avait eu le complexe du poète. Mais elle ne le voyait pas. La jeune femme faisait part de son point de vue à Gabriel qui se retint de se braquer et tout mal prendre, tout comprendre au pied de la lettre, mais pour cela il devait se faire violence. Tant pis, il restera zen, même si sa lèvre inférieure devait ruisseler de sang tant il la mordait pour ne rien dire. Quand elle eut terminé, il affichait un léger sourire. Au final, elle ne cherchait qu'à lui montrer une voie qu'elle pensait meilleure pour lui, à l'aider -et il se bornait à cette idée afin de ne pas penser à toutes ces autres choses qui pourraient le blesser. Il se contenta de conclure avec de simples mots :

« C'est un concept. J'y réfléchirais. »

Ou pas, évidemment. Mais ça, elle n'avait pas besoin de le savoir.

Gabriel sentait qu'au fond, Angel s'en voulait d'avoir fait renaître Devon, créant ainsi le premier Vampire. Elle se croyait la cause de la guerre entre Vampires et Sorciers, et tout ce qui venait à l'esprit du jeune homme était une question d'une certaine prétention : où était passée sa culture du bonheur ? Si elle avait ressuscité Devon, c'était parce qu'elle était à la recherche de son bonheur, non ? Parce qu'elle voulait être heureuse avec son époux près d'elle. Conclusion ? La recherche du bonheur par tous les moyens est un idéal égoïste, selon Gabriel. Il nota cette réflexion dans un coin de sa tête, avec une certaine satisfaction concernant la tournure de sa phrase.

« Il y aura toujours quelques fêlés dans mon genre pour te trouver géniale, et des encore plus fêlés qui te remercieront pour l'héritage que tu leur a laissé. Merci d'avoir inspiré Dracula, Entretien avec un vampire, Twilight et Vampire Diaries ! » fit-il en riant.

Autant être positif : sans Angel, la culture Gothique manquerait de matière, non ?

La jeune femme posa une question qui laissa Gabriel perplexe. Son sourire s'effaça soudainement, malgré lui. Parce que la seule réponse qui lui venait était qu'il utiliserait ces années pour trouver le moyen de rendre son âme à Angel, et qu'ainsi ils essayeraient de mettre fin à la guerre. Il était autant troublé par la première que la seconde partie du plan. S'impliquer dans la guerre ne rimait qu'à une chose dont il ne voulait pas penser. Bien sûr, une fois immortel, il n'aurait plus à en avoir peur. Mais il pensait à Alyce. Elle aussi devait mourir. Et puis, il y avait cette pensée spontanée : il voulait avant tout aider Angel.

« Je... J'en sais rien. » fit-il finalement.

Il n'avait pas tellement envie de révéler les pensées qui le gênaient lui-même.

« C'est long 600 ans, non ? T'as dû en faire des choses. Ca doit être... incroyable. »

Gabriel se leva dans le but de retourner dans la cuisine chercher la bouteille qui trônait sur la table centrale. Mais son regard se posa sur sa veste. Dedans se trouvait son portable : il le prit et appuya sur n'importe quelle touche qui alluma l'écran. Il regarda l'heure.

« Il est tard. Je devrais y aller, Angel. »
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 19:11

Avec le recul, Angel se rendait compte du voyage qu’elle avait accomplie jusqu’à aujourd’hui. Près de 619 années après être devenue un Vampire, elle pouvait affirmer avoir beaucoup vécu et dû faire de nombreux choix. Bien entendu, tous ses choix ne s’étaient pas avérés être les meilleurs, elle avait commis des erreurs, mais ces erreurs faisaient partie de son parcourt. Les choix qu’elle avait pu faire déterminaient l’existence qu’elle avait à l’heure actuelle et son expérience avait façonné sa personnalité. 644 ans c’était incroyablement long, bien plus que l’on pouvait ce l’imaginait et si Angel avait du s’appuyer sur un quelconque complexe ou une théorie définissant ce qu’avait été son existence jusqu’à aujourd’hui, elle aurait évoqué la théorie du Chaos sans la moindre hésitation. A ses yeux, chaque choix que nous étions amenés à faire avait une conséquence à long terme, qu’il soit bon ou mauvais. Pour elle, il n’y avait pas de place pour la fatalité, seulement pour un système déterministe reposant sur le principe de la causalité.

Quoi qu’il en soit, Angel ignorait si elle aurait fait les même choix si jamais elle avait pu remonter le temps. En aucun cas elle ne regrettait son choix concernant Devon, mais peut être aurait-elle pu trouver un moyen pour éviter les conséquences, qui à présent, en découlaient. Angel avait fait un choix, celui de vendre son âme pour sauver Devon, et finalement elle se retrouver immortel et prisonnière entre la vie et la mort, entre deux clans et au milieu d’une guerre. Elle payait le prix de ses erreurs, tout comme la culpabilité l’aurait rongé si elle avait eu une âme. En effet, se savoir responsable de la guerre faisant rage aurait été difficilement supportable, même si finalement cette guerre découlait de la bêtise de deux espèces.

- Je ne te parle pas de vivre sans ce qu’on aime, parce que sur ce point je suis d’accord avec toi. Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi se résigner à être malheureux ? Faire ce qu’on aime est une chose, mais renoncer au bonheur sous prétexte qu’on fait ce qu’on aime et que c’est suffisant, voilà ce que je ne comprends pas.

Angel était parvenue à sauver Devon au sacrifice de son âme, à présent elle cherchait un moyen de retrouver ce qu’elle avait perdu. Pourquoi ? Parce que justement, elle refusait l’idée de faire un trait sur son bonheur personnel sous prétexte que son époux était vivant. Retrouver son âme signifiait retrouver une part d’elle-même et ce malgré ce que cela pouvait impliquer à long terme. Elle était contente de savoir son mari en vie, mais elle voulait plus à présent, elle voulait vivre sans avoir l’impression d’errer, elle avait besoin de se sentir vivante ne serait-ce qu’en pouvant à nouveau éprouver ce sentiment de bonheur…

- Si on examine le choix que j’ai fait par le passé, j’ai en effet sacrifié mon âme pour pouvoir retrouver Devon. J’ai préféré prendre le risque de mourir plutôt que d’imaginer un avenir sans lui. Je ne regrette pas ce choix, je suis contente de savoir Devon en vie, seulement je ne me résigne pas à ce qu’est ma vie actuelle sous prétexte que j’ai atteint mon but il y plus de six siècles. Le bonheur se provoque, il faut savoir saisir sa chance. A trop attendre, tu passes à côté de beaucoup de choses et au final tu passes ton existence à vivre en comptant sur ce que tu aimes faire, mais la vie ne se cantonne pas à ça….

Angel voyait que Gabriel ne partageait pas le même point de vu qu’elle, et elle remarqua sa façon de se mordre la lèvre en toute discrétion pour ne pas s’énerver. Elle avait déjà eu l’occasion de remarquer ce petit tic signifiant qu’il n’approuvait pas ce qu’on lui disait mais qu’il se contenait pour ne pas paraître impolie. Le voir reproduire ce tic, fit sourire Angel. Comme à son habitude, elle était d’un calme olympien, et qu’ils ne soient pas tous les deux du même avis lui importait peu. A vrai dire elle appréciait pouvoir partager différents points de vu avec lui car l’un comme l’autre en apprenait un peu plus sur qui ils étaient. Gabriel avait tout de l’homme passionné vivant pour faire ce qu’il aimait, seulement ce qu’il refusait de voir, c’était tout simplement que ce qu’il aimait ne devait pas s’arrêter à l’écriture.

- Je te propose qu’on reparle de tous ça si un jour je retrouve mon âme. Répondit Angel en souriant et en laissant entendre qu’à ce moment là elle serait peut être plus à même de parler sans cet objectivité qui la représentait si bien.

Il ne manquait plus que les statistiques, et Angel passerait pour un parfait automate, parlant avec une profonde objectivité mais ne s’impliquant jamais sentimentalement. Seulement les émotions différenciaient les hommes des robots ou bien même des personnes dénuées de conscience et prenant plaisir à faire du mal aux autres. Angel n’était peut être pas un robot, mais elle restait capable des pires choses sans en éprouver la moindre once de culpabilité ou de scrupule. Le remord elle ne le connaissait pas vraiment, elle éprouvait des regrets mais cela s’arrêtait là.

- L’Homme a l’esprit tellement tordu qu’il serait parvenu à inventer ces histoires sans mon intervention ! Répondit Angel en rigolant.

A la question que posa Angel, Gabriel ne sut pas quoi répondre, ce qui n’étonna pas vraiment la jeune femme. L’immortalité était pour la plupart un rêve qui ne se réaliserait jamais. Rêver était une chose facile, on se permettait tous, les choses les plus folles comme les plus insensées. Seulement, dans le cas de Gabriel, le rêve pouvait devenir réalité et la les choses prenaient une autre tournure. On ne parlait plus de se rêver un avenir mais de réellement l’envisager.

- C’est vrai que 600 ans c’est long… L’immortalité offre tellement de possibilité… Tu peux réaliser tous tes rêves, vivre les vies dont tu as toujours eu envie ou bien voyager à travers le monde… La vie éternelle c’est une porte sur l’infinité mais elle peut rapidement devenir un cauchemar. Tu sais, beaucoup de vampires se sont donnés la mort à cause de ça….

Angel suivit du regard Gabriel lorsqu’il se leva du sofa. Elle fut en quelque sorte ramenée à la réalité lorsqu’il parla de rentrer chez lui. A vrai dire elle ne voyait pas le temps passer lorsqu’elle était avec lui, d’ailleurs elle aurait pu passer encore des heures avec lui, qu’elle n’aurait pas vu le temps défiler.

- Je n’ai pas vu le temps passer… Répondit Angel.

A vrai dire elle ne voulait pas lui dire de partir, car elle ne le désirait pas, mais en même temps elle ne voulait pas qu’il se sente forcé de rentrer si c’est ce qu’il désirait.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 19:17

Son portable sous ses yeux, Gabriel pensait à l'heure qui s'affichait sur le petit écran. Il n'avait pas un portable dernier cri qui faisait smartphone, mp3, micro-ondes et rappe à fromage. C'était une petite boîte d'au moins cinq ans d'âge qui savait téléphoner, envoyer des messages et montrer l'heure. Il était donc plutôt tard, c'est vrai. Et le jeune homme n'habitait pas la porte à côté. Il lui faudrait attraper un taxi, mais à cette heure là il avait peu de chances d'en avoir un. C'était donc sûrement à pied qu'il allait retourner à son appartement. Sympathique.
Il reposa son portable dans la poche de sa veste puis fit quelques pas. Il passa par la cuisine sans rien dire, il ne fit que prendre la bouteille de vin qui trônait là avant de retourner s’asseoir dans le canapé, à côté d'Angel. Lui non plus n'avait pas vu le temps passer...
Gabriel prit les mains de la jeune femme, son regard plongé dans ses iris bleues. Il affichait un léger sourire tendis qu'il lui expliquait :

« Angel, normalement c'est le moment où tu dis que tu ne veux pas que je parte et où tu me retiens en inventant une excuse bidon. »


Il secouait la tête négativement, comme si elle aurait dû le savoir -en 600 ans, quand même!-, mais toujours avec son sourire taquin. Baissant les yeux, il feignait la plus grande des déceptions.

« Tu vas m'obliger à le faire à ta place... »

Puis il lui adressa un sourire amusé avec un petit clin d'oeil. Il se leva et tourna en rond un court instant, réfléchissant à ce qu'il allait dire. Il ne voulait pas non plus avoir l'air de s'imposer. Mais il pensait qu'après tout Angel était un être de la nuit qui avait une dizaine de fois toute la vie devant elle, c'était pas une soirée avec lui qui allait vraiment la déranger. D'ailleurs, elle n'avait plus d'âme, alors elle ne pouvait pas ressentir l'envie de le mettre à la porte, si ?
Enfin, il revint vers la jeune femme, plutôt théâtralement d'ailleurs.

« Tu vois, je ne peux pas partir, parce que... (Attends que je trouve une bonne excuse) »

Il y avait une multitude d'excuses bidon qu'il pourrait sortir, du style « parce que tes yeux sont trop beaux », « parce que j'adore ton canapé » ou « parce que j'ai peur du noir ». Mais aucune ne lui semblait à la hauteur : il préféra être sincère. En hochant les épaules et en se rasseyant, il déclara :

« Parce que j'en ai aucune envie. »

Voilà, c'était dit. Il désirait rester plus longtemps avec Angel. Il aimait tant sa compagnie. Il espérait seulement qu'il ne s'imposait pas trop. Mais le jeune homme n'avait vraiment aucune envie de retourner à son appartement, seul. Comme tous les soirs, il poserai sa veste sur le sofa, prendrai un verre d'eau, chasserai le chat du voisin de son balcon avant d'aller prendre une douche de minuit et se coucher. Clairement rien de passionnant.

Gabriel prit la bouteille de vin et en versa dans les deux verres. Pas trop quand même, il ne voulait pas passer pour un poivrot. Mais il illustra ses gestes par la parole :

« Tiens, trouves-nous un truc à fêter. Il faut fêter quelque chose, égayer la soirée. »


Il lui tendit son verre et attendit qu'elle trouve, là, de manière spontanément instantanée, quelque chose à célébrer. Parce qu'après toutes ces émotions et ces révélations, il fallait bien se détendre un peu !
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 19:20

Angel ignorait l’heure qu’il pouvait bien être, et à vrai dire elle s’en moquait complètement. La seule chose qu’elle voyait, était le fait que Gabriel risquait de partir alors qu’elle n’en avait aucune envie. Elle aimait être avec lui et aurait pu rester encore des heures entières à parler avec lui, juste pour le plaisir d’être en sa compagnie. La jeune femme savait qu’il lui était pourtant facile de tout simplement proposer à Gabriel de rester encore, de ne pas partir en lui donnant un prétexte complètement futile. Des excuses elle en avait plein la tête, comme « non ne rentres pas, c’est trop dangereux, surtout que des Vampires pourraient te suivre », ou bien « tu n’habites pas la porte à côtés et à cette heure-ci tu ne trouveras aucun taxi ». Angel avait tout un tas d’excuses à donner à Gabriel pour que ce dernier ne parte pas, et malgré ça elle gardait le silence, installée sur le sofa et redoutant le moment où elle devrait lui dire au revoir. A vrai dire, la seule raison pour laquelle elle désirait le voir rester, était la plus simple, elle voulait rester avec lui.

Attendant le moment fatidique ou Gabriel allait lui dire qu’il partait bel et bien, Angel fut surprise d’entendre les bruits de pas du jeune homme le mener à la cuisine. Intriguée, elle tourna la tête dans sa direction et le vit finalement revenir avec la bouteille de vin à la main avant de s’assoir de nouveau à ses côtés. Ne parvenant pas à cacher sa surprise, elle se noya dans les yeux noirs du jeune homme qui lui attrapa les mains. Une fois de plus il continuait de la surprendre, de la déstabiliser, et elle appréciait cela. Néanmoins, elle ne dit rien et regarda le jeune homme afficher un faux air de déception avant de déclarer qu’il allait devoir trouver lui-même une excuse pour ne pas partir. Le sourire aux lèvres, Angel le regarda, intriguée de savoir ce qu’il allait bien pouvoir lui trouver comme prétexte. A vrai dire, elle s’en moquait parce que le plus important était qu’il restait la et ne partait plus. Savoir qu’elle avait encore du temps à passer avec lui, lui faisait sincèrement plaisir.

« Parce que j'en ai aucune envie. »

Angel fut touchée de savoir que Gabriel voulait tout simplement rester avec elle. Malgré ce qu’elle lui avait révélé, il restait à ses côtés comme si elle était une personne ordinaire. Pour la première fois de vie, elle se sentait réellement bien avec une personne. Avec lui elle n’avait pas besoin de faire semblant ou de se faire passer pour quelqu’un d’autre. Il savait qui elle était et ce dont elle était capable, et pourtant il ne la regardait pas comme un monstre, bien au contraire.
Angel prit le verre qu’il lui tendit, ravie de pouvoir continuer la soirée, ou tout du moins la nuit, en compagnie de Gabriel. Un sourire aux lèvres, elle plongea à nouveau son regard dans les yeux noir du jeune homme.

- Ça tombe très bien parce que je n’ai pas du tout envie que tu partes et grâce à toi je n’ai pas eu à inventer une excuse bidon pour te faire rester.

A présent rester à trouver quoi fêter. Angel fit mine de réfléchir sérieusement à la question, se mordant la lèvre inférieur, signe qu’elle cherchait activement. En réalité, le seul fait que Gabriel soit à ses côtés lui suffisait pour passer un bon moment. Si elle avait du fêter une chose, ça aurait été ces moments passés avec lui. Jamais elle n’avait regretté d’avoir décidé de l’aider dans ses recherches, car même s’il ne s’en rendait pas compte, il lui avait apporté beaucoup. Oui, Angel était sincèrement heureuse de pouvoir profiter de moments en sa compagnie et pour rien au monde elle n’aurait changé cela. A présent, elle pouvait affirmer être heureuse des mauvais choix qu’elle avait fait, car sans eux jamais elle n’aurait fait la connaissance de Gabriel.

- Pourquoi ne pas fêter le jour où on s’est rencontrés ? Proposa Angel en souriant à Gabriel.

Angel leva son verre et trinqua avec Gabriel au nom du jour où il était venu la voir l’esprit empli de questions. La jeune femme se souvenait du jour ou il avait débarqué dans sa vie en lui expliquant qu’il voulait écrire un livre sur les Vampires et que ses recherches l’avaient mené jusqu’à elle. Sur le coup elle s’était demandée pourquoi il semblait tant déterminé dans ses recherches, et c’est finalement ce qui l’avait décidé à l’aider. Elle avait tout de suite vu en lui ce côté passionné et elle avait tout simplement dit oui.

- Je suis pas prête d’oublier ce jour où tu as débarqué pour me demander de l’aide. Ajouta Angel en souriant.

Ce jour remontait seulement à quelques mois, et pourtant, lorsqu’elle était avec Gabriel, elle avait l’étrange impression de toujours l’avoir connu. Une sensation qu’elle avait ressentie dès la première fois et qui ne l’avait plus quittée.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 19:36

Partir ne l'enchantait guère. Gabriel préférait de loin la compagnie d'Angel à la solitude de son appartement. Et puis, il sortait rarement, encore moins avec des amis. Un petit tête à tête avec la jeune femme ne pouvait pas lui faire du mal. Quelques verres de vin, rien qu'entre eux ; discuter sans que cela n'ai aucun rapport avec leurs entretiens précédents, sans trop de Vampires, de Magie, comme le font les gens normaux qui veulent « décrocher du boulot ». Comme de vrais amis. Alors il avait préféré rester, malgré l'heure. Il avait peur de s'imposer, mais la jeune femme lui assura le contraire. Il fut très heureux de savoir qu'elle ne voulait pas non plus qu'il s'en aille. A vrai dire, il rougit légèrement quand elle lui dit qu'elle n'avait pas eu à trouver d'excuse pour le faire rester ; ce qui voulait dire qu'elle tenait à ce qu'il reste. Il était touché, quoi qu'un peu gêné, mais surtout bien content de pouvoir être plus longtemps en la compagnie d'Angel.

La jeune femme chercha quelques instants ce qu'ils pouvaient fêter. Gabriel pensait que la soirée avait été plutôt riche en émotions ; désormais il voulait se vider l'esprit, ne faire que passer un bon moment. Fêter quelque chose était un bon prétexte selon lui : un prétexte qui en était clairement un, et rien d'autre. Finalement, Angel leva son verre à leur rencontre, et les joues de Gabriel rosirent un peu plus. Il leva lui aussi son verre, et un léger tintement retentit au contact de celui de la jeune femme, scellant ce moment. Un moment symbolique pour la tolérance extrême, marquant le début d'une belle relation entre Vampire et Humain.

« Vraiment ? » fit-il timidement quand elle annonça que ce souvenir de leur rencontre restait mémorable.

C'est vrai, ça l'était, pour lui aussi. Mais il avait été tellement maladroit, comme à son habitude, tellement peu sûr de lui, qu'il était tout gêné rien que d'y penser. Lui d'habitude si sociable, il lui avait fallu deux essais avant de réussir à approcher cette jeune femme qu'il trouvait si belle, envoûtante. Il émanait d'elle quelque chose de particulier, de familier, et de charmant. De magique, et qui lui faisait perdre ses moyens. Une première fois, il était venu, l'avait vue, et était reparti sans rien dire, sans rien oser faire. La seconde fois, il réussit à articuler quelque chose. Pas forcément quelque chose de compréhensible, mais Angel sembla comprendre et l'aida. Elle n'avait jamais été réticente à l'idée de l'aider. Toujours gentille, douce, aimable, adorable...

« C'est vrai que je suis heureux de t'avoir rencontré... Ca fait du bien d'avoir quelqu'un qui vous comprend, et sur qui compter. » finit-il par dire avec un sourire, après avoir bu une gorgée de vin.

Oui, elle était terriblement importante pour lui. Il ajouta :

« Au final, qu'est-ce que ça change que tu sois un Vampire ? Je veux dire, pour moi, ça ne change rien. Et je tiendrais ma promesse, tu sais. Je ferais tout mon possible pour t'aider à retrouver ton âme. »

Et il était sincère, comme toujours. Gabriel faisait toujours preuve d'une sincérité sans égale. Surtout avec Angel. Sans admettre pourquoi, il savait qu'elle était le genre de personne pour qui il saurait se sacrifier. Il n'espérait pas d'elle qu'elle fasse de même, il ne le lui demandait pas. Il espérait seulement qu'elle le considérait comme un vrai ami, au moins ça. Il ne savait pas si cela était possible, car elle n'avait plus d'âme après tout... Mais il se souvint de ce qu'elle lui avait dit au restaurant, comme quoi il n'y avait qu'avec lui qu'elle avait l'impression de retrouver des émotions. Cela lui trottait encore dans la tête, il se demandait toujours pourquoi il en était ainsi.

« Tu es vraiment..une amie. »
murmura-t-il, son regard sombre plongé dans celui de la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 19:40

Depuis que Gabriel était entré dans sa vie, Angel avait vu beaucoup de choses changées. Jusqu'à présent, elle n'avait vécu que dans le seul et unique but de protéger et de veiller sur Devon. Elle avait fait en sorte de le protéger de cette guerre qui avait éclatée entre les sorciers et les vampires et ce même s’il en était au centre. Comme elle l'avait dit quelques instants plus tôt, elle ne pouvait plus affirmer aimer Devon car sans son âme, l'amour lui était un sentiment complètement étranger. Seulement, elle restait liée à lui de et le serait toujours et ce malgré le fait qu'ils ne pouvaient plus être ensemble. Devon avait d’ailleurs refait sa vie de son côté en rencontrant June, car même si ce n’était pas une chose officielle, il tenait à elle bien plus qu’il n’acceptait de le montrer. Angel avait été forcée de l’admettre et c’est à partir de ce jour là que sa vie avait commencé à prendre un tournant. Tout d’abord, elle s’était éloignée de Devon car à présent il avait sa vie à lui, puis elle avait mis ses recherches concernant son âme, de côté. Pourquoi ? Parce qu’il était trop tard et que retrouver son âme serait alors bien trop difficile à gérer. Angel avait vécu durant plus de 600 ans sans éprouver le moindre scrupule, en tuant et en faisant souffrir les gens sans le moindre regret. Elle était d’ailleurs la cause de l’existence des Vampires mais elle passait outre seulement parce que le remord n’avait pas eu raison d’elle. Pourquoi ? Seulement parce qu’elle était incapable d’en ressentir. Finalement vivre sans sentiment était une façon de se protéger, une protection qu’elle n’était plus certaine de vouloir perdre pour retrouver cette part d’elle-même. Seulement c’était jusqu’à ce qu’elle rencontre Gabriel….

Depuis qu’elle connaissait Gabriel, Angel avait commencé à éprouver de nouveau des sentiments sans qu’elle ne comprenne comment une telle chose pouvait être possible. Seulement, à ses côtés, elle retrouvait cette part d’elle-même sacrifiée bien des siècles auparavant et contrairement à ce qu’elle avait craint, c’était bien moins difficile. Certes elle ressentait à nouveau la culpabilité, elle se sentait capable d’éprouver du remord, mais la joie qu’elle ressentait en présence de Gabriel était tellement intense et agréable qu’elle parvenait à en oublier le reste. Donc s’il y avait bien un jour qu’elle désirait fêter, c’était celui où elle avait rencontré Gabriel. Il lui avait permis de retrouver une part d’humanité, et à ses côtés elle se sentait juste très bien. Gabriel était quelqu’un d’extraordinaire et il était la personne la plus sensée qu’elle connaissait, contrairement à ce que beaucoup pensaient de lui.

- Oui, vraiment. Répondit Angel en souriant.

La sincérité de Gabriel était l’une des choses qui touchait le plus Angel. Avec lui il n’y avait aucune hypocrisie, pas de mensonge ou de calcul. Elle se sentait en confiance en sa présence car elle savait qu’elle pouvait compter sur lui. D’ailleurs, une fois de plus elle fut touchée par ses paroles lorsqu’il affirma vouloir tenir sa parole en l’aidant à retrouver son âme. Une prophétie menaçait sa vie et pourtant il se préoccupait de l’âme d’Angel.

- Je doute pas une seule seconde de ta parole mais j’ai l’éternité devant moi, et pour le moment ta vie passe avant mon âme qui peut encore attendre.

Bien qu’elle soit touchée par ce que venait de dire Gabriel, la priorité n’était en rien son âme mais la vie du jeune homme. En étant immortelle, elle avait l’éternité devant elle, chose que lui n’avait pas, surtout s’il était bel et bien concerné par la prophétie dont il lui avait parlé.

- Je suis vraiment rassurée de savoir que le fait que je sois un Vampire ne change rien pour toi. Beaucoup ne voient pas les choses de la même façon. Ajouta Angel en souriant.

La plupart des gens auraient vu en Angel un monstre sanguinaire assoiffé de sang, mais Gabriel n’avait rien à voir avec eux. Il était différent et ça elle l’avait compris dès la première où elle l’avait vu. Elle s’était attachée à lui et c’est pour cette raison qu’elle refusait d’accepter l’idée qu’une prophétie puisse la priver de sa présence. Gabriel ne méritait pas un tel destin, il était quelqu’un de bien, une personne dès plus gentilles et se sacrifier pour l’humanité ne devait pas représenter sa fin à lui.
Le regard perdu dans celui de Gabriel, Angel ne cessait de se demander pourquoi elle tenait tant à lui. Pouvait-elle assimiler ça à une simple amitié ? Après plus de 600 ans à ne pouvoir pas pouvoir aimer, Angel se sentait quelque peu perdu dans le fil de ses émotions. Elle les redécouvrait comme une enfant qui découvre petit à petit ce qu’est l’amour ou l’amitié.
Sans un mot, elle posa délicatement sa main sur la joue de Gabriel, se rappelant du moment où il lui avait pris les mains alors qu’ils étaient au restaurant. C’était la première fois qu’il se permettait un contact physique, aussi simple soit-il, et Angel s’était littéralement sentit fondre sous ce doux contact. Elle avait sentit la douce chaleur du jeune homme circuler à travers tous son corps, une sensation qu’elle ressentait à nouveau à cet instant…
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Lun 30 Mai - 19:43

Gabriel avait toujours eu de la chance, dans le fait où la plupart des gens pourraient le prendre pour un naïf sentimental. Il avait toujours été sincère et honnête, très ouvert d'esprit. Pourtant, il n'avait été que rarement abusé. Peut-être que le monde avait pitié de lui, après ce qu'on lui avait déjà fait subir. Asile, perte de sa mère, et il en passait... Il pensait que c'était grâce au talent d'écriture que la vie lui avait offert en contrepartie. Les gens aimaient ce qu'il écrivait. Ou alors, peut-être avaient-ils peur de ce dingue, là. Vraiment peu de gens avaient profité de son altruisme, et cela ne l'avait jamais marqué, et donc ça n'avait jamais entaché son humanisme. Angel faisait partie de ceux qui ne l'avaient jamais jugé. Elle n'avait pas peur de lui, elle ne le rejetait pas, elle s'était faite sa propre opinion de lui avec le temps, et aujourd'hui elle l'acceptait comme il était. Gabriel lui en était reconnaissant, et c'était en grande partie ce qui faisait son attachement et son respect pour elle. Elle était une vraie amie, oui...

Un instant, Angel avait réussi à lui faire oublier cette prophétie qui menaçait sa vie. Jusqu'au moment où elle en parla elle même. Elle disait que la vie du jeune homme passait avant la quête de son âme, et il en fût touché, mais cet ordre ne lui convenait pas. En y pensant, Gabriel remarquait qu'en présence d'Angel, il oubliait cette légende qui l'obsédait tant, il en oubliait que s'il avait raison sa vie était menacée. Son esprit se tournait vers tout autre chose, et se laissait submerger par elle : cette jeune femme assise juste à côté de lui, la magie dans sa présence et son regard qui le font se sentir enfin à sa place. Oui, il pensait avant tout à elle, à cette promesse qu'il lui avait faite de l'aider à retrouver son âme. Lui qui avait cette crainte de la magie, et, au fond, du monde en guerre auquel il appartenait, il se savait prêt à se donner corps et âme dans ces pratiques afin d'en user s'il le fallait. Rien que pour elle. Et quelque part, il se mit à comprendre pourquoi Angel avait renoncé à son âme en s'adonnant à la magie noire pour retrouver Devon. Mais elle l'avait fait pour son mari, qu'elle considérait alors comme l'amour de sa vie, sans qui elle-même ne se sentait plus vivre. Elle, elle n'était qu'une amie, pensait-il. Etait-il insensé de savoir qu'il pourrait aller aussi loin pour une amie, aussi précieuse soit-elle ?

« T'as déjà 600 ans sans âme derrière toi. Je pense que ta dette est payée, que tu n'as pas à vivre plus longtemps ainsi. Les sentiments, les émotions, ça ne te manque pas ? Te sentir capable de compassion, d'atteindre le bonheur, de vivre ta vie à fond au lieu d'en être le spectateur ? »


Gabriel se demandait vraiment comment il était possible de vivre, réellement, sans âme, sans émotions, ni sentiments. L'existence ne devient qu'actes, un enchaînement d'actes, sans réel but après tout. Quoi qu'on fasse, on ne tire ni satisfaction, ni joie, ni peine. Le Bien et le Mal ne se dissocient plus l'un de l'autre : le monde devient une masse informe, molle, comme une pâte qui attend d'être cuite, qui ne le sera jamais. On demeure dans l'attente d'un ressenti après un fait, et rien ne se passe, l'humeur, le monde, la vie, restent gris. C'est comme assister à une pièce de théâtre où l'acteur principal n'a pas de rôle, un opéra qui laisse sans frisson. C'est être le spectateur de sa propre vie se déroulant sur une scène vide. Ce n'est plus vivre, c'est errer. Et pour Gabriel, il était impensable qu'Angel continue ainsi plus longtemps. Elle portait assez de fardeaux, comme celui d'être devenue un Vampire malgré elle.

« Pour moi, Vampire ou non, ça ne change rien. Je t'assure qu'à mes yeux, tu reste Angel. »
lui répondit-il.

Angel reste Angel, ainsi se présentait le dogme. Le plus important n'avait pas changé : dans le fond, il aimait toujours autant sa présence, se nourrir de son regard. Elle ne s'était pas mise à le juger et le condamner pour autant, pourquoi le ferait-il ? Il était si bien avec elle ! Même à cet instant, où elle avait posé sa main sur sa joue. Sans réelle raison, mais, bon Dieu, il s'en fichait. Il avait à nouveau ce frisson électrique, les joues qui rosissaient, et rosissaient. Il ne savait pas vraiment quoi faire, comment réagir, mais il était incapable de lâcher son regard. Son cœur battait à 100 à l'heure, jusqu'à ses tempes, jusqu'à briser chacune de ses côtes. Cette sensation, il la connaissait.
Il était amoureux.

Il était amoureux d'une Sorcière, d'une Vampire, sans âme... Sans âme. Donc sans sentiments, ni émotion. Donc sans capacité à aimer. Et là, le retour sur terre fût amer. Car même si elle avait dit qu'avec lui elle retrouvait des émotions, l'amour était une chose peut-être trop grande pour qu'il le lui inspire. Dans sa déception, il détourna le regard et ôta délicatement la main de la jeune femme de sa joue, la tenant quand même entre ses doigts.

« Si tu n'aimes plus ton mari, c'est surtout parce que, sans âme, tu ne peux plus aimer, non ? »

Discrètement, il se mordit la lèvre. Il regardait ses chaussures, piteux.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Mar 31 Mai - 19:31

C’est vrai que plus de 600 ans à vivre sans âme c’était long. Angel était incapable de dire si oui ou non elle avait payé sa dette, mais pour elle son âme pouvait encore attendre. Sa vie n’était pas en jeux, même si elle souhaitait retrouver cette part d’elle-même lui manquant depuis déjà bien trop longtemps. Celle de Gabriel était bel et bien en jeux si, comme il le pressentait, il était réellement visé par cette prophétie. La vie du jeune homme où l’âme de Gabriel ? Il n’y avait pas de question à se poser, c’était la vie de Gabriel en priorité. Angel avait patienté durant plus de 6 siècles, attendre encore un peu ne lui semblait absolument pas impossible alors que laisser la situation de Gabriel empirer était tout bonnement impensable. La jeune femme était néanmoins très touchée de voir à quel point Gabriel tenait à ce qu’elle retrouve son âme. Il était le seul, mise à part Andy et Quinn, à sincèrement se soucier d’elle, et c’était une chose qu’Angel découvrait petit à petit. Aux fils des siècles, elle ne s’était pas vraiment liée à d’autres personnes, Andy et Quinn étant les deux seules personnes à tout savoir d’elle. A présent Gabriel était là, il était entré dans sa vie sans prévenir et elle ne voulait pas l’en voir partir. Elle s’était habituée à le savoir là, tout près d’elle, jamais loin et elle ne voulait plus que ça cesse. Avec le temps elle réalisait qu’il lui devenait indispensable de savoir Gabriel là. Un simple Humain, tellement surprenant et possédant une sincérité à la fois touchante et innocente. Angel voulait le préserver de cette guerre… Elle ne voulait pas qu’il ait à se sacrifier pour la bonne cause, aussi noble soit-elle. Non, elle refusait cette idée qu’elle trouvait à la fois injuste et totalement illogique. Pourquoi aurait-il dû se sacrifier ? Il avait le droit de vivre, d’être tout simplement heureux sans voir son bonheur entaché dans une guerre qui ne prendrait probablement jamais fin.

- C’est vrai que ça me manque… Le plus difficile n’est pas le fait de ne plus rien ressentir, mais de vivre avec le souvenir de ce que j’ai perdu. Répondit Angel avec la plus grande sincérité. Seulement je peux encore attendre un petit peu, j’ai attendu plus de 600 ans alors je peux bien patienter encore. Ajouta la jeune femme en souriant.

Et puis si retrouver son âme signifiait perdre Gabriel, alors elle préférait tout simplement y renoncer. Après tout c’était également en partie grâce à lui qu’elle avait retrouvé la volonté de retrouver cette part d’elle-même. S’il n’était pas là pour partager ce moment et ceux qui suivraient, alors a quoi bon ? Angel préférait savoir Gabriel vivant, en sécurité et ne pas récupérer son âme, plutôt que de le perdre et de vivre éternellement avec cette terrible absence. Par le passé elle avait perdu Devon et à présent elle refusait de pouvoir perdre également Gabriel.

- Si tu veux, dès demain on s’attaque à nos recherches concernant cette prophétie, et seulement après avoir résolu le problème, on se chargera de trouver un moyen pour que je récupère mon âme. Mais chaque chose en son temps et priorité au plus urgent. Ajouta Angel en souriant.

La main délicatement posée sur la joue de Gabriel, Angel savourait la chaleur de cet instant. Elle pouvait entendre le cœur du jeune homme battre à tout rompre, elle pouvait le sentir… Un frisson se fit sentir le long de sa colonne vertébrale, une sensation tellement agréable… Malheureusement, ce moment fut coupé par Gabriel qui ôta tout doucement la main d’Angel de sa joue, la gardant au creux de sa propre main. La jeune femme chercha une réponse dans le regard du jeune homme. Elle avait pu sentir son cœur s’accélérer et elle était certaine que ce contact ne l’avait pas laissé indifférent lui aussi, alors pourquoi le rompre… Gabriel rompit le contact et Angel eut l’impression d’y lire de la tristesse. La question qu’il finit par lui poser en cacher une tout autre. Craignait-il qu’une fois son âme récupérée, Angel retourne auprès de Devon ? A vrai dire, il y a 500 ans de ça, la réponse aurait probablement était oui, mais à présent les choses avaient changées. Tout d’abord, Angel ne pouvait plus être avec son mari car c’était bien trop risqué. Ensuite, elle avec le temps, elle s’était résignée à renoncer à ce qu’avait été leur vie commune et il avait fait la connaissance de June. Pour terminer, il y avait Gabriel à présent, et ça changé la donne. Elle avait beau savoir que Devon serait toujours lié à elle, elle savait également qu’eux deux c’était du passé et qu’aucun retour en arrière n’était possible. Avec son âme elle retrouverait l’amour qu’elle avait ressenti pour Devon mais rien ne serait plus comme avant, plus jamais.

- Oui et non. Répondit Angel.

Elle voulait être honnête avec le jeune homme, mais lui expliquer une chose qu’elle avait elle-même du mal à comprendre n’était pas simple.

- Avec Devon on sera toujours plus ou moins liés mais dans tous les cas rien ne sera plus jamais comme avant. Je suis séparée de lui depuis plus de 600 ans, alors même en retrouvant mon âme, ça ne changera rien à la situation actuelle. Je resterais attachée à lui, mais il fera sa vie de son côté et moi la mienne de mon côté.

Avant de rencontrer Gabriel, Angel était incapable de savoir ce qu’il se passerait, mais à présent elle était certaine que son histoire avec Devon appartenait au passé. Une fois son âme récupérée, une page se tournerait et ce serait une nouvelle histoire qui débuterait, celle d’Angel, et non pas celle d’Angel et Devon. La jeune femme se surprit à souhaiter que Gabriel ferait parti de cette nouvelle histoire.
Tout doucement, Angel pressa la main de Gabriel dans la sienne avant de poser sa tête contre son épaule. L’espace d’un instant, elle ferma les yeux, profitant du confort qu’offrait la chaleur de Gabriel.

- Ne penses plus à Devon… C’est pas avec lui que je suis mais avec toi…

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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Mer 1 Juin - 19:58

Gabriel réfléchissait aux différents moyens de retrouver l’âme d’Angel. Il avait déjà écarté d’idée de la poudre de fée, du fil et de l’aiguille pour la recoudre à son pied. Il passait par les clichés, du genre où il faudrait qu’elle fasse une bonne action, ou peut-être même qu’elle abatte Devon. Mais il doutait que cela marche : plus ça allait, plus il se disait qu’il n’y avait assurément que la Magie pour rendre ce que la Magie avait ôté. S’il devait en arriver là, Gabriel savait déjà comment procéder. Il irait voir le Maire, Cameron, un Sorcier, plutôt puissant à ce qu’il sentait, et lui demanderait une faveur : débrider ses pouvoirs. Il savait que cela aurait un prix, Cameron était du genre à faire chanter ou a garder toutes les cartes en main afin de sortir son jeu au bon moment. C’était sûrement se rendre à la merci de cet homme sans scrupules, mais le jeune homme était persuadé qu’il trouvera un moyen de gérer la situation. Il n’en avait pas peur. Même si Angel voulait avant tout s’occuper du cas de Gabriel, celui-ci comptait faire ses recherches de son côté. Il s’était trouvé une nouvelle motivation qui l’y poussait.
Néanmoins, Gabriel n’était pas contre éclaircir cette prophétie. Rien qu’avoir la certitude qu’il en faisait partie ou non serait relativement rassurant. Il saurait enfin quoi faire, peut-être aurait-il moins peur aussi. Alors il hocha la tête quand la jeune femme proposa de débuter les recherches dès demain. Il était sûr qu’elle sera d’une aide précieuse, comme elle l’était depuis le début. Lui aussi voulait absolument l’aider, il avait fait une promesse, il la tiendra coûte que coûte. Maintenant, il savait pourquoi.

Le jeune homme était une personne sincère, parfaitement conscient de ses sentiments. Il avait déjà été amoureux, plusieurs fois. Il s’attachait rapidement aux gens, autant que les gens avaient tendance à s’attacher rapidement à lui. Alors il savait que cet état, cette montée de chaleur, ses joues rougissantes, ce frisson qui le parcourait, son cœur qui battait si vite, ça ne trompait pas. Ce contact le rendait toute chose ; en même temps, c’était étrange. C’était la première fois qu’il était si sensible à un simple contact ; il se sentait traversé par cette chaleur étrangère et si agréable, ce courant électrique provenant de la jeune femme et caressant son cœur, scruté par son regard bleu, envoûtant et doux à la fois. C’était comme si, grâce à cette main sur sa joue, c’était tout l’être d’Angel qu’il pouvait sentir l’habiter. Et cette sensation l’avait enivré, lui avait fait réaliser.
Mais à cet instant, ce sentiment, lui faisait tellement mal… Il savait parfaitement qu’il était impossible qu’il soit partagé : ce n’était pas comme ceux qui doutent d’eux même alors qu’ils ont toutes leurs chances, lui il avait affaire à une femme qui n’avait plus d’âme, donc plus de capacité à aimer…

Gabriel se doutait qu’Angel avait deviné ; quelque part, cela ôtait tout son charme à la situation. Parce que les Vampires ont une ouïe surdéveloppée, elle avait sûrement dû entendre le cœur du jeune homme tambouriner jusqu’à ses oreilles comme des tam-tams Africains. Cela le gênait de savoir que ses sentiments n’étaient certainement pas secrets, mais il se disait que si elle venait à faire une remarque, il ne dirait rien. Il nierait, quitte à avoir l’air ridicule. Enfin, c’était ce qu’il pensait, jusqu’à ce qu’elle pose sa tête sur son épaule.
Voilà que cette sensation revenait, qu’il y avait à nouveau cette chaleur, et son cœur s’emballait à nouveau. Il avait l’odeur de ses cheveux et de sa nuque à portée d’odorat, le son de sa voix plus proche que jamais et faisant vibrer ses tympans comme un diapason, le poids de sa tête imposant sa présence autant contre lui que dans son esprit torturé entre la simple envie de caresser son visage, déposer un baiser sur n’importe quelle parcelle de sa peau, et celle de rester de marbre, de ne pas se trahir. Mais voilà, Gabriel était d’une sincérité implacable, d’une franchise sans faille. Il ne savait pas cacher ses émotions, ou la vérité. Mentir, se cacher, c’était comme lui demander de tracter d’un camion : il en était incapable. Alors il posa timidement sa main sur l’épaule d’Angel, et la remonta doucement jusqu’à sa chevelure qu’il caressa tendrement.

« Merci… » dit-il presque dans un murmure. « Mais, je peux te demander… pourquoi tu tiens autant à ma vie, au point de la faire passer avant ton âme ? »

Du bout des doigts, il caressait sa joue. Il lui semblait que la satisfaction apportée par ce contact réussissait à calmer quelque peu les battements effrénés de son cœur.

« Il te suffirait de lever le visage.. » ajoutait-il en lui relevant la tête. « Pour ne faire de moi qu’une victime de plus. Et pourtant, tu veux me sauver. Pourquoi ? »

Voilà qu’il se surprenait à se noyer entièrement dans le regard d’Angel, et son cœur lui échappait à nouveau.
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Jeu 2 Juin - 15:56

La tête posée contre l’épaule de Gabriel, Angel se sentait tout simplement bien. Elle ne se posait plus de question et profitait juste de cet instant. Elle n’avait plus envie de penser à cette prophétie qui menaçait de couter la vie au jeune homme car l’idée même de le perdre lui devenait de plus en plus insupportable. Elle était un Vampire, lui un Humain, penser à l’avenir était une chose compliquée et c’est pour cette raison qu’elle pensait juste à l’instant présent, à ce moment qu’elle était en train de vivre aux côtés de Gabriel. Elle se sentait si bien qu’elle ne voulait pas y mettre un terme, de même qu’elle aurait aimé qu’il ne se pose pas autant de questions au sujet de Devon. Oui il était son mari, oui elle était attachée à lui, oui elle continuerait de l’aimer une fois son âme récupérée, mais elle avait tiré un trait sur son histoire avec lui. A présent son cœur semblait vouloir battre pour quelqu’un d’autre, une personne qui lui avait fait réaliser qu’il était grand temps pour elle de passer réellement à autre chose. Gabriel était peut être sa chance à elle de trouver le vrai bonheur, d’oublier le passé pour se consacrer à l’avenir, aussi compliqué qu’il puisse être. Aux côtés du jeune homme, Angel ne ressentait plus le besoin de retrouver son passé, elle désirait juste vivre pour elle et peut être pour lui aussi.

Un nouveau frisson s’empara d’elle lorsqu’elle sentit la main de Gabriel se poser sur son épaule avant de remonter jusqu’à ses cheveux. Les yeux fermés, un sourire se dessina sur son visage. Elle se sentait si bien qu’à présent elle se fichait de tout le reste. Plus rien n’importait à cet instant, elle se moquait de savoir de quoi serait fait le lendemain tant que Gabriel resterait à ses côtés. Après 600 ans elle gouttait enfin à ce bonheur tant recherché par la plupart des gens. Un bonheur qu’elle avait connu par le passé et que le destin lui avait arraché. Gabriel était sa seconde chance à elle, il lui offrait ce que personne n’était parvenu à lui offrir jusqu’à aujourd’hui. Il lui redonnait le sourire, la faisait frissonner, lui donnait envie de se battre, de s’amuser, de rigoler, mais surtout d’aimer. Oui, bien qu’elle ait du mal à l’admettre, elle était en train de redécouvrir ce sentiment si puissant qu’ai l’amour. Un sentiment tellement précieux aux yeux des Humains voir vital, mais également un sentiment qu’elle n’avait plus éprouvé depuis très longtemps.

La question que posa Gabriel plongea la jeune femme dans un profond songe. Pourquoi avait-elle l’air de tenir plus à sa vie à lui plutôt qu’à sa propre âme ? Parce que sa vie était précieuse, qu’il n’en possédait qu’une et la perdre signifierait le perdre lui. La réponse était aussi simple que ça, et pourtant Angel ignorait quoi lui répondre exactement.
Un nouveau frisson traversa son corps lorsque la main de Gabriel s’avança jusqu’à sa joue pour finalement lui relever délicatement le visage. Angel rencontra alors à nouveau le regard du jeune homme pour ne plus s’en détacher. Jamais encore ils n’avaient partagé une telle proximité, c’était quelque chose de totalement nouveau et même si la possibilité de mordre Gabriel s’offrait à elle, jamais il ne lui serait venu l’idée de faire une telle chose. Les premières années où elle avait été un Vampire, Angel s’était laissée aller à assouvir sa soif de sang, peu importe ce que cela impliquait car elle n’avait plus d’âme, plus de scrupule et plus de limites. Avec le temps, elle avait appris à ne plus céder à la prédatrice sommeillant en elle et à présent elle avait le parfait contrôle de cette part d’elle-même. Être auprès d’un Humain ne représentait plus le moindre risque, surtout lorsqu’il s’agissait de Gabriel. Sa vie avait trop d’importance à ses yeux pour ne faire de lui qu’une victime de plus. Pour elle il était bien plus qu’un simple corps transportant un sang chaud et délicieux à souhait. Il était l’homme qu’elle aimait.

- Parce que je ne vois pas l’intérêt de retrouver mon âme si en contre partie je dois te perdre… Murmura Angel sans quitter Gabriel du regard.

Gabriel lui avait redonné cette volonté de retrouver son âme. Sans lui elle ne voyait plus aucun intérêt à continuer ses recherches. Il était la personne avec qui elle désirait partager le jour où elle retrouverait cette part d’elle-même et si cela signifiait le perdre par la suite, alors il en était hors de question. Perdre Devon lui avait été insupportable dans le passé, perdre Gabriel le serait également. Certes elle aurait de nouveau son âme, mais qu’en resterait-il si Gabriel perdait la vie dans cette guerre ? Angel se surprenait même à penser que dans ce cas là, elle préférait ne jamais retrouver son âme si elle devait supporter et vivre éternellement avec le chagrin provoqué par la mort du jeune homme.

Sans dire un mot, Angel approcha doucement son visage de celui du jeune homme, réduisant ainsi à néant l’espace séparant ses lèvres des siennes…


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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Jeu 2 Juin - 18:00

Il était une question qui demeurait dans l’esprit de Gabriel depuis qu’Angel lui avait avoué être un Vampire. Il se demandait pourquoi elle ne l’avait pas mordu dès le départ. Elle aurait pu le tuer. Elle avait préféré l’aider, le guider dans ses recherches. Elle aurait pu se nourrir de son sang, l’en vider. Après tout, il n’était qu’un humain venu l’importuner, venu trouver des preuves qui mettront sa race sous le feu des projecteurs. Il était une menace plus qu’autre chose. Elle ne tirait aucun bénéfice à le fréquence. Et non, elle n’avait rien fait de tout cela. Ils étaient devenus amis, proches. Et plus encore aux yeux de Gabriel. Malgré les révélations de ce soir, savoir désormais qu’elle était un Vampire, une Sorcière, et tant d’autres choses, il s’était tout bonnement senti tomber amoureux. Néanmoins, ce soir, il voulait savoir pourquoi il était encore épargné.

« Parce que je ne vois pas l’intérêt de retrouver mon âme si en contrepartie je dois te perdre… » C’était ce qu’Angel lui répondit. Ces paroles qui flottaient da ns l’air, lentement, glissants au rythme de leur propre mélodie, jusqu’à venir se loger au creux de l’oreille de Gabriel. Les mots résonnaient plusieurs fois, comme des murmures répétés en écho, lâchés comme des oiseaux en cage du bout des lèvres de la jeune femme. Le regard de Gabriel s’illumina, c’était une vive lumière provenant du fond du puits sombre de ses iris. Une foule d’émotions différentes s’y lisaient, et pourtant les dissocier les unes des autres était impossible et leur ôtait leur authenticité. C’était un tout. Un sourire, timide et léger, à peine perceptible en réalité, s’esquissa au coin de ses lèvres. Là, juste à cet instant, elle venait de dire qu’elle tenait à lui. Au point qu’elle ne voulait pas qu’il meure. Ou non, elle ne voulait pas « le perdre ». Elle ne voulait pas le perdre… Elle… Elle venait de l’embrasser. Tout du moins, elle avait approché son visage, sans un son. Et Gabriel avait senti ses lèvres si près qu’il n’avait pas résisté. Lui aussi s’était légèrement approché. Juste de quoi sceller ce baiser, donner son accord, donner son cœur. Sa main était encore sur sa joue. Il la frôlait du bout du pouce. Ses yeux s’étaient fermés, d’instinct, pour savourer le moment. Il sentait la caresse de ses lèvres sur les siennes, sa peau sous ses doigts, cette chaleur qui le traversait, ce frisson qui le parcourait… Le silence régnait, donnant l’impression qu’ils se trouvaient dans une bulle, dans leur bulle. Dans ce monde à part que connaissent bien les amoureux. Le moment était simplement parfait. Gabriel aurait tout donné pour que ce court instant dure des heures. Mais un baiser trouvait sa beauté dans sa facette éphémère…

Non, non, non, il ne s’y résignait pas. A peine leurs lèvres s’éloignèrent, qu’il pouvait sentir une légère brise entre leurs deux visages, que le jeune homme s’approcha à nouveau. Cette fois, ce baiser était le reflet de ses sentiments. Il était mort de peur à l’idée de les dévoiler ainsi, mais il se laissait emporter par l’instant. Le baiser précédent devait dire quelque chose, alors il avait voulu avouer de la même façon. Dans un baiser qui disait « je t’aime ».

Il prit fin à son tour. Et ce n’est qu’alors que Gabriel réalisa. Le fantôme de ces étreintes hantait ses lèvres. Il avait encore les joues légèrement rosies par la timidité, et peut-être un peu de honte. Mais il ne la quittait pas du regard ; elle, qui vivait logée dans son cœur. Il se sentait vulnérable, comme un enfant. Cela faisait des années que ce contact était devenu un mythe pour lui.
Sa main, logée sur la joue d’Angel, n’osait pas s’en défaire. Pourtant, soudainement, elle en glissa, tandis que Gabriel reprenait enfin son souffle. Tout ce temps, il ne savait même pas s’il respirait. Ce n’était que maintenant qu’il sentait à nouveau l’air dans ses poumons. Enfin, il retrouvait la terre ferme. Les coudes sur ses genoux, sa tête trouva place entre ses mains, ses doigts passèrent dans ses cheveux comme pour le réveiller. Il expirait un grand coup sans plus oser regarder Angel.

« Angel, tu… Enfin… C’est imp… »

« C’est impossible ! » voulait-il dire, mais il n’osait pas, il ne voulait pas la froisser. Il ne voulait pas tout gâcher en lui rappelant qu’elle n’avait pas d’âme, qu’aimer était normalement impossible pour elle. Il ne comprenait pas bien, et il savait néanmoins qu’on ne pouvait pas faire plus clair. Il se mordait les lèvres qu’elle avait tatouées de son baiser.
C’est impossible, non seulement parce qu’elle n’avait plus d’âme, mais aussi parce qu’elle était un Vampire. Un Vampire aimant un humain ? Ça ne se voyait que dans les fictions des livres et des films. Il y croyait à peine. Il ne savait plus quoi penser.

« Est-ce que ça veut dire quelque chose ? » dit-il finalement. « Est-ce que c’est seulement possible ?... »
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Sam 4 Juin - 15:29

Les yeux fermés, Angel se laissait envahir par le flot d’émotion qui s’était mis à la traverser au moment ou ses lèvres étaient entrées en contact avec celle de Gabriel. Pour elle, ce baiser était une façon de mettre un nom sur les sentiments qu’elle ressentait lorsqu’elle était en présence du jeune homme. Amour ? Amitié ? Après tant d’années passées à ne plus rien ressentir, Angel avait du mal à faire la distinction dans ce qu’elle pouvait bien ressentir. Considérait-elle Gabriel comme un ami ou bien plus que cela ? Son instinct lui dictait qu’il y avait bien là, autre chose qu’une simple amitié, mais elle avait besoin d’en être certaine. Ce baiser vint confirmer ce qu’elle savait déjà. Leur relation venait de dépasser le simple stade de l’amitié pour se transformer en quelque chose de beaucoup plus fort. Angel aimait Gabriel, c’était un fait, une réalité qu’elle devait admettre car ce baiser prouvait beaucoup de choses aux yeux de la jeune femme. Elle se sentait littéralement submergée par un flot d’émotion qui n’aurait pu voir le jour si elle n’avait pas aimait Gabriel.

Après un court instant, Angel éloigna doucement son visage, mettant ainsi un terme au baiser qu’elle venait d’échanger avec le jeune homme. Elle commença alors à ressentir un état de manque, désirant encore recommencer cette agréable expérience. A son plus grand plaisir, elle ne fut pas séparée longtemps de la douceur des lèvres de Gabriel, car ce dernier s’approcha à son tour, réduisant à néant cet espace qui s’était installé entre eux. Ce deuxième baiser fit littéralement frissonner Angel qui se sentit fondre sous la tendresse de Gabriel. Comment avait-elle pu passer à côté de pareilles émotions durant ces 600 dernières années… D’un simple baiser, Gabriel parvenait à éveiller Angel de se long sommeil dans lequel le destin l’avait plongé en la privant de son âme. Il lui redonnait un second souffle, lui montrant qu’une vie sans âme n’avait rien d’une vie. La jeune femme réalisait petit à petit que jusqu’à présent elle n’avait pas vécu, non, elle avait survécu avec ce qu’il restait de celle qu’elle avait été il y a longtemps de ça. A présent, l’envie de réellement vivre et d’être heureuse, s’emparait peu à peu d’elle. Gabriel lui faisait gouté à ce qui pour elle était un paradis et elle voulait y rester. Il était son bout de paradis à elle, et elle ne tenait pas à perdre ça.

Une fois de plus, leur baiser prit fin mais Angel garda un instant les yeux fermés, savourant la chaleur de la main de Gabriel posée sur sa joue. Elle se sentait incroyablement bien, seulement le retour à la réalité fut brutal. Lorsqu’elle croisa le regard de Gabriel, elle comprit tout de suite que quelque chose n’allait pas et sa première réflexion fut de se demander ce qu’il était en train de se passer. La main du jeune homme glissa sur la joue d’Angel, et finalement il détourna le regard. Gabriel avait toujours eu ce don particulier de la déstabiliser, mais là elle se sentait totalement perdue, comme si d’un seul coup tout s’effondrait sous ses pieds alors que quelques minutes avant elle était sur un petit nuage.

« Angel, tu… Enfin… C’est imp… »

Impossible ? Gabriel ne termina peut être pas sa phrase mais le message fut suffisamment clair pour Angel qui comprit tout de suite de quoi il s’agissait. Oui elle n’avait plus d’âme, oui il lui était impossible d’aimer et pourtant elle était amoureuse d’un Humain. Elle-même ne comprenait pas comment une telle chose était possible, mais elle était tout simplement forcée d’admettre ce qui était en train d’arriver.
Quoi qu’il en soit, les questions que posa Gabriel la blessèrent et sans plus attendre elle se leva du sofa avant de commencer à faire les cent pas dans le salon. Il s’imaginait quoi ? Qu’elle invitait tous les quatre matins le premier Humain passant devant sa porte pour s’amuser à l’embrasser sur son sofa ? Il ne voulait peut être pas dire ça, mais en lui demandant si ça signifiait quelque chose, Gabriel avait blessé Angel. Pour elle ça signifiait énormément de choses, peut être même trop de choses et remettre ça en question était blessant.

- Si ça veut dire quelque chose ? Demande Angel en s’arrêtant un instant de marcher. Bien sûr que non, j’ai pour habitude d’aider toutes les personnes qui viennent me voir pour finalement les inviter chez moi pour un petit moment de tendresse sur mon sofa. Ajouta la jeune femme avec ironie et en recommençant a faire les cent pas.

Après quelques secondes, Angel s’arrêta pour ensuite se diriger dans la cuisine ou elle se servit un autre verre de vin. Oui elle n’avait pas d’âme, et à priori c’était la seule et unique chose que Gabriel avait retenu durant leur soirée ensembles.

- Tu as raison, c’est impossible. J’ai pas d’âme, je suis incapable d’aimer. Ajouta Angel d’une voix neutre, dénuée de toute émotion.

Angel but d’une traite son verre de vin avant de tourner le dos au salon. Profondément blessée, elle ne voulait pas que Gabriel voit à quel point elle se sentait vulnérable. Elle désirait reprendre contenance et ne pas laisser voir que même sans son âme elle était triste.


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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Sam 4 Juin - 18:45

Sûrement pas, Gabriel ne voulait pas blesser Angel. Mais il lui semblait que tout lui tombait dessus en un soir, il ne savait pas comment gérer ce qui lui arrivait, comment prendre les nouvelles, comment accepter tout ce qui semblait jusqu’alors impossible. Il ne savait plus. Petit Humain, il apprenait tant de choses d’un seul coup ! Vampires, Sorciers, guerre, prophétie, âme, frère, amitié, amour… Tout se bousculait dans sa tête, il se sentait quelque peu perdu. C’était une sorte de désert dont les dunes grandissaient au fil des heures alors qu’il s’enfonçait dans le sable chaud, sous un soleil de plomb. C’était à peine s’il parvenait à maintenir sa tête hors de la marée dorée. Ce baiser, il fut son salut avant d’être la goutte qui fait déborder le vase, un instant de bonheur avant un violent retour sur terre. Trop, c’était trop en un soir. Alors, non, il ne voulait pas la blesser par ses paroles. Les mots lui échappaient. Dans sa déroute, il perdait le fil de ses pensées. Pourtant, tout était clair, tout était trop brut, éblouissant. C’était la tornade dans laquelle il était pris, qu’importe à quoi il pouvait s’accrocher.
Peut-être ne pouvait-elle pas comprendre la situation de Gabriel. Elle était Sorcière depuis toujours, elle vivait parmi les Vampires depuis plus de six siècles, elle faisait partie intégrante de la guerre malgré elle. Elle était abonnée à ces évènements, elle appartenait à ce monde surprenant. En plus de ne plus avoir la capacité à éprouver les sentiments nécessaires à la compréhension vis-à-vis du jeune homme ; compassion, empathie, et si cela lui était encore et toujours étranger ? Non, Gabriel n’était pas surpris de voir qu’Angel ne comprenait pas son état de déroute. Mais il se sentait si mal de l’avoir blessée par ses paroles… Lui-même se sentit poignardé par les mots si durs et tranchants de la jeune femme, tandis qu’elle s’était éloignée de lui. Il l’entendait faire quelques pas, et ce son en lui-même lui martelait les tympans. Elle s’était levée pour ne plus avoir affaire à lui, et sensible comme il l’était, il le prenait comme une déclaration de guerre, il se sentait comme le monstre qui avait froissé son être aimé, digne d’être pendu, immolé. Ce qu'il ne supportait pas.

« Angel ! » avait-il débuté avant qu'elle ne le coupe en disant qu'elle n'avait pas d'âme, qu'elle ne pouvait pas aimer.

Pour le jeune homme, s'en fut trop. Il se leva brusquement et marcha en direction d'Angel. Il la prit par les épaules, non seulement furieux mais aussi terriblement triste.

« Tu es injuste, tu ne peux pas dire ça ! C'en est juste trop pour moi ! Tout va si vite, et tout m'échappe... »

Incapable d'éprouver de la colère envers Angel plus longtemps, il retrouva soudainement son calme, ses mains glissant le long des bras de la jeune femme pour finalement rejoindre ses mains. Au restaurant, cette caresse de leurs mains furent leur premier contact physique, et maintenant ils échangeaient des baisers. C'était une soirée durant laquelle ils éprouvaient le besoin d'être totalement franc l'un envers l'autre, mais aussi envers eux-mêmes. Alors Gabriel s'y tenait, quoi qu'il était d'un naturel sincère. Il ne pouvait pas faire comme si tout allait bien ; il se sentait perdu, et la réaction d'Angel ne l'aidait pas.
En la regardant droit dans les yeux, il se sentait vide, animé par le seul contact entre leurs mains. Comme si, du bout des doigts, elle le faisait tenir debout. Mais ce silence intérieur lui pesait, il avait les épaules lourdes et l'estomac en boule, incapable de bouger ou d'articuler un mot de plus. Par peur de la blesser à nouveau. Il aurait voulu lui demander de cesser de le regarder ainsi, pleine de cette fausse indifférence qui l'effaçait de devant elle peu à peu, le rendant invisible. Un regard insupportable, insoutenable, qu'il se forçait pourtant de tenir.

« Angel... »
fit-il en posant sa main sur la joue de la jeune femme.

Il posa son front contre le sien, les yeux à demi-clos, se mordant légèrement la lèvre inférieure. Après le silence, il se décida finalement à formuler sa question autrement, et, la gorge serrée, il ne réussit qu'à articuler un murmure étouffé. C'est à peine s'il parvint à lui demander ;

« Qu'est-ce que ton cœur te dit ?... Est-ce que tu, tu as... Est-ce que tu peux éprouver quelque chose pour moi ? »
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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Sam 4 Juin - 22:08

Debout dans la cuisine, Angel luttait contre ses émotions. 600 ans à ne rien ressentir et voilà qu’en l’espace d’une soirée elle se sentait dépassée par la colère, la tristesse et cet amour qu’elle ressentait pour Gabriel. Elle était tout simplement terrifiée par ce qui était en train de lui arriver et elle se sentait complètement perdue dans le flot de tant d’émotions toutes différentes et plus intenses les unes que les autres. Angel perdait le contrôle, chose qui n’arrivait jamais et qui ne faisait qu’accroitre cette peur grandissante au plus profond d’elle-même. Finalement ne plus rien ressentir était la voie de la facilité, de cette façon là on restait indifférent au reste du monde et rien en pouvait nous atteindre. Voilà ce qu’avait été l’existence d’Angel durant ces 6 derniers siècles. Elle avait en quelque sorte errée dans une sorte de bulle la protégeant de tout mais l’empêchant également de vivre. Cette bulle avait éclaté le jour où elle avait fait la connaissance de Gabriel et à ses côtés elle se sentait incroyablement vulnérable. Jamais encore elle ne s’était sentie autant blessée par les paroles d’une autre personne. Jusqu’à aujourd’hui elle avait baigné dans l’indifférence totale mais ce soir elle ne pouvait plus jouer cette carte. Les paroles de Gabriel l’avaient frappé de plein fouet, comme une triste et brutale réalité qu’on vous envoie en plein visage. Angel était d’autant plus blessée par le fait que ces paroles venaient de la seule personne ayant le pouvoir de lui faire du mal.

La jeune femme avait parfaitement conscience que sa réaction était peut être excessive, mais elle camouflait autre chose. C’était sa façon à elle de cacher cette peur de se mettre à nue devant Gabriel en lui avouant tout simplement qu’elle l’aimait et qu’effectivement tout ça représentait beaucoup pour elle. Elle aurait aimé le lui dire en ajoutant que même si elle ne comprenait pas comment une telle chose était possible, cela l’était tout de même vu qu’elle l’aimait et que ce soit avec ou sans âme. 600 ans dans sa bulle et voilà qu’à présent elle était terrifiée par l’amour. Elle qui avait créé le premier Vampire, survécu à la morsure de son mari, perdu son âme et vécu 6 siècles, elle était terrorisée par les émotions qu’un humain lui faisait éprouver. Elle aurait pu le tuer en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, comme elle l’avait fait tant de fois, mais au lieu de ça elle aurait été capable de donner sa vie pour lui. Comment la situation avait pu lui échapper de cette façon ? Comment Gabriel pouvait avoir ce pouvoir sur elle ? Angel savait trop bien ce qu’était de perdre l’homme qu’on aime et avouer qu’elle aimait Gabriel c’était se mettre en danger elle-même. L’amour était et serait le plus grand des dangers car il amenait à faire d’horribles choses. Une prophétie menaçait la vie de Gabriel et Angel se sentait tout simplement terrifiée à l’idée de perdre encore une fois celui qu’elle aimait. Elle avait plus ou moins survécu à la mort de Devon, mais là elle savait qu’elle n’y arriverait pas si quelque chose arrivait au jeune homme. Avouer ses sentiments, se mettre à nue, avouer sa vulnérabilité lui faisait peur car elle redoutait encore plus de le perdre. Elle avait conscience qu’un danger menaçait son bonheur alors qu’elle venait à peine de le trouver, et avouer ses sentiments lui donnait l’étrange impression qu’après tout serait bien plus difficile. Pourtant ce qui était fait ne pouvait être changé. Qu’elle le dise ou non, elle aimait Gabriel et le perdre était tout simplement impensable…

Angel fut ramenée une seconde fois sur terre lorsqu’elle sentit des mains se poser sur ses épaules et elle réalisa alors que Gabriel était juste devant elle. S’armant d’un air impassible, elle prit davantage sur elle pour ne pas laisser paraître ce qu’il se passait réellement en elle. Angel ne se sentait pas prête à se mettre à nue, elle avait bien trop peur et la colère qu’elle put voir dans le regard de Gabriel n’arrangea rien. Il lui en voulait d’avoir réagi comme ça et lui-même se sentait complètement dépassé par les évènements. Angel se contenta de garder le silence mais sentit tout de même un frisson la parcourir lorsque les mains du jeune homme glissèrent le long de ses bras jusqu’à s’arrêter sur ses mains. Même en colère et terrifiée, elle ressentait cette incommensurable envie de se blottir contre lui, de se laisser enivrer par la douce chaleur que dégageait le jeune homme.
Au contact de la main de Gabriel sur sa joue, Angel ferma les yeux et sentit toute sa colère s’envoler. Elle se sentait totalement vulnérable et bien que ce soit elle la prédatrice, Gabriel avait le pouvoir de la détruire sans user de la moindre force… Une position qui faisait peur à Angel même si elle avait confiance en lui. C’était la première fois qu’elle se retrouvait en position d’infériorité et ce malgré le fait qu’elle ait en face d’elle un humain. Il avait sur elle l’emprise la plus redoutable, l’amour.
Délicatement, Gabriel posa son front contre celui d’Angel qui garda le silence, elle sentait qu’il désirait lui dire quelque chose et elle l’écouta jusqu’au bout. Une fois sa question posée, Angel se trouva à nouveau dans une impasse. Gabriel avait besoin de sa voir mais elle ignorait si elle était capable de répondre à ses attentes. Bien entendu elle connaissait déjà la réponse à sa question, mais la lui avouer était une toute autre histoire… Lui avouer signifiait rendre officiel quelque chose de compliqué et d’incertain, c’était prendre un risque, celui de souffrir et c’était également le risque d’exposer sa vulnérabilité en se mettant à nue.

« Qu'est-ce que ton cœur te dit ?... »

Angel repensa à cette phrase que venait de prononcer le jeune homme. Peut être devait-elle sautait le pas et prendre des risques. Durant 600 ans elle avait cessé de vivre car elle ne ressentait plus rien, Gabriel était sa seconde chance, peut être était-ce à elle de la saisir en se jetant finalement à l’eau…
Après quelques minutes de silences, Angel ouvrit les yeux, et après un court instant d’hésitation, elle prit le visage de Gabriel entre ses mains avec douceur, pour finalement noyer son regard dans le sien.

- Je… Oui…. Je peux et je... Je t’aime Gabriel…. Avoua Angel dans un murmure.

Voilà qui était dit, pour la première fois en 600 ans, Angel venait de prendre le risque de se mettre à nue en affichant clairement sa vulnérabilité. Pour la première fois elle laissait tomber le masque pour afficher avec la plus grande sincérité ce qu’elle pouvait bien ressentir. C’était à la fois effrayant et agréable de pouvoir se libérer d’un sentiment si fort en l’avouant tout simplement à la personne concernée. Perdue dans la contemplation du regard telle doux de Gabriel, Angel réalisa alors qu’elle pleurait lorsqu’elle sentit quelque chose d’humide couler lentement sur ses joues. 600 ans sans pleurer, sans laisser couler la moindre larmes et pourtant elle pouvait sentir l’étrange sensation provoquée par la lente descente de ses larmes…Surprise, Angel passa une main sur l’une de ses joues afin de vérifier que tout ceci n’était pas une illusion, et le regard plein d’incompréhension, elle vit que sa main était belle et bien humide à cause des larmes coulant sur ses joues.


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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Dim 5 Juin - 13:33

Il lui était si difficile d'admettre tout ce qui se déroulait, et pourtant, Gabriel ne faisait qu'avoir ce qu'il désirait. Tout ce qu'il désirait, jusqu'à l'amour d'Angel. Il savait maintenant qui elle était réellement, il avait le cœur net concernant les Sorciers, et il allait donc pouvoir creuser plus profondément du côté de la prophétie, sachant qu'il allait pour cela chercher la possible existence d'un frère normalement décédé et de ses possibles propres pouvoirs. Et alors qu'il s'avouait amoureux de la jeune femme, qui lui était jusqu'alors d'un soutient inébranlable, une amie des plus chères, il recevait un baiser de sa part traduisant la réciprocité de ces sentiments. Tout cela lui était offert en l'espace de quelques heures, alors qu'il avait passé des années à chercher...

En quelques secondes, il aurai pu tout gâcher. A cause de quelques mots dont il n'avait pas eu le contrôle, parce qu'il n'était pas capable d'être heureux après des années de solitude, de déceptions. Il s'était résigné à être l'éternel incompris solitaire, marié à sa passion et vivant dans un petit monde à l'intérieur de la réalité. Ce que ceux qui ont réussi leur vies sans croiser d'embûches appellent des perdants, bien qu'il ai longtemps passé sa vie à se battre. Il comptait se battre encore, il y avait toujours une cause qui en valait la peine. Mais comme il l'avait dit plus tôt, alors qu'il laissait enfin s'exprimer son cœur, il pensait être sur un chemin où il serai à jamais en tête-à-tête avec lui-même. A cet instant, Angel avait remit en cause cette conviction, elle l'avait chamboulé.
Etait-il possible qu'un être sans âme puisse aimer ? Puisse l'aimer Lui ? Parce qu'en réalité, le problème ne venait pas tant d'elle. Au fond, il était heureux que ce sentiment apparaisse chez elle. Il était heureux autant qu'il l'aurait été même si ce sentiment ne lui était pas destiné. Le problème, c'était lui. La vérité était qu'il ne se sentait pas à la hauteur, pas assez bien pour elle. Dans les hautes sphères de la société, on appelle les gens comme lui des « ratés ». Et lui-même n'avait pas beaucoup plus de considération pour son existence. Alors, il se le demandait : était-ce possible qu'une personne comme lui puisse obtenir la femme qu'il désirait ?...

En vérité, s'il était en colère, ce n'était pas plus contre Angel que contre lui-même. Plus tôt, ils parlaient du bonheur, de cette envie de l'atteindre par tous les moyens. Comment pouvait-il se rendre hermétique à ce désir, fermer les portes face à ce qu'il pouvait enfin frôler du bout des doigts ? Elle était là, elle lui offrait un baiser, elle lui offrait sa tendresse. Et lui gardait l'esprit occupé par des interrogations, naturelles certes, mais qui venaient éclipser le réel intérêt de ce qui lui arrivait. Ce n'était pas le moment de se remettre en question ! Il ne tenait qu'à lui d'empoigner ce bout de bonheur qu'on lui tendait. Alors il s'était levé, dans l'espoir de se rattraper, déterminé à reprendre la main. C'était, certes, plus facile à dire qu'à faire. Gabriel ne connaissait pas ces situations compliquées, ni la manière la plus efficace de s'en dépêtrer. Mais la plupart des gens disent que la sincérité dénoue beaucoup de nœuds, alors il jouait sa carte habituelle. Il était pourtant terrifié : il ne pouvait pas dire qu'il n'avait rien à perdre. Il pouvait encore la perdre totalement, elle... Et à cette idée, la gorge du jeune homme s'était serrée, pour lui demander de ne rien dire, tant et si bien que parler lui était douloureux. Néanmoins, la corde à nœuds qu'était devenu son corps ne pouvait avoir raison de lui. Il savait qu'il lui serait bien plus douloureux ne renoncer à Angel plutôt que de ne pas essayer à nouveau. Il ne pouvait pas accepter que sa bêtise lui coûte l'amour qu'il venait tout juste de trouver. Alors, il était parvenu à lui demander, implicitement, de revenir sur ses paroles, et par la même occasion, de pardonner sa maladresse.

A peine eut-elle parlé que Gabriel, nerveux comme tout, se jeta sur ses lèvres et apposa sur ses lèvres le baiser le plus ardent qu'il ai jamais donné. Il n'aurai aucunement voulu que les sentiments qui se traversèrent à cet instant soient retranscrits de quelque manière que ce soit, si cela était possible. Lui-même ne mettait pas de nom dessus, il n'y pensait même pas : il n'y avait qu'Angel en lettres capitales gravées sur les parois de son crâne.

Le jeune homme sentit que la main qu'il gardait posée sur la joue d'Angel fut mouillée par il ne savait quoi. Ce n'est qu'alors que son visage s'éloigna. Son regard se posa sur les yeux rougis d'Angel, l'océan de ses iris bordés de larmes, qui débordaient sur ses joues humides sur lesquelles roulaient quelques unes de ces gouttes jusqu'au bout de sa mâchoire et de son menton, ou jusqu'au coin de ses lèvres encore imprégnées par son baiser. Tendis qu'elle constatait qu'elle pleurait bel et bien, Gabriel essuya à son tour une larme venue se mourir près de la bouche d'Angel. Ils savaient tous deux qu'il s'agissait d'un phénomène inhabituel pour elle, et, au fond, d'un signe montrant qu'il était tout à fait possible pour la jeune femme de retrouver son âme. Un sourire se dessina sur le visage de Gabriel. Tendrement, il prit Angel dans ses bras pour qu'elle s'y console. Il passait une main dans ses cheveux, songeant alors que ce n'était que le début de la bataille pour garder ce bout de paradis près de lui.

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MessageSujet: Re: Are You Afraid ?   Dim 5 Juin - 13:54

Je verrouille ♥♥♥
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